Chère cahuete,
j'ai été ado il y a pas si longtemps que ca (j'ai 27 ans) et c'est là où j'ai commencé à fumer.
Et peu avant de fumer, j'étais un anti-clope très actif, ma mère s'en souvient, les affiches anti-tabac et les paquets jetés, les cigarettes percées étaient monnaie courante.
Cela ne m'a pas empêché de commencer.Le discours anti-tabac que l'on voit aujourd'hui n'est pas très bien adapté aux jeunes je trouve. Comme dit moults fois, l'argument de la mortalité n'a qu'une faible prise sur les jeunes. Quand on se soule le soir, on considère que celui qui aura mal à la tête le lendemain sera une autre personne, alors pour celui qui paiera les pots cassés dans 20 à 40 ans, on s'en fout.
Donc il vaut mieux je pense évoquer les nombreux désagréments plus quotidiens et terre à terre, et en particulier ceux qui sont génants car importants à l'adolescence.
- l'apparence physique. garcon ou fille (enfin surtout fille mais bon) sont très pointilleux et soigneux sur l'apparence, et le look. Fumer n'est plus classe, c'est plutôt ringard. Fumer donne une mauvaise haleine, une mauvaise odeur sur les mains et les cheveux. Le romantisme en prends toujours un coup quand l'odeur assaille le(la) petit(e) ami(e) non fumeur.
Fumer rend les cheveux cassants.
Fumer donne les dents jaunes, et ca ne pars qu'après très très longtemps, et ca n'est pas les vendeurs de dentifrices blanchissants qui pourront résoudre cela.
- la sexualité. Je ne sais pas pour les filles, mais en tant que garcon, à l'age de l'adolescence, la question de la sexualité était très présente dans les conversations et les esprits.
La clope est un handicap dans ce domaine. Entre les pannes ou les "réussites" mitigées, les "je n'y arrive pas désolé" qui sont une grande honte auprès de la partenaire, rien que pour cela ca vaudrait le coup de bloquer de suite. Quant au joint, c'est encore pire comme effet (au moins après avoir fumé), c'est la panne quasi systématique.
- le sport. Chaque cigarette fait baisser les performances. Même si on ne s'en rend pas vraiment compte au début, le footing devient un calvaire et les sports d'endurance en général. Les sports non basés sur l'endurance mais sur des efforts violents deviennent des scéances d'endurance par contre et les entrainements des calvaires. Etre le rougeaud qui souffle et crache ses poumons avec tout le monde qui se fout de vous, c'est pas terrible.
- l'argent. Ca coute. Ca va couter de plus en plus. Il y a mieux à faire avec cet argent. Il suffit de se rendre compte de toutes les fois où on se retrouve avec pas assez d'argent pour acheter quelque chose que l'on voulait et de se dire que si l'on ne fumait pas, on aurait pu l'avoir. Si le papa est généreux et veut être le bon copain, autant stoquer l'argent qu'il distribue si généreusement et se payer un beau truc avec.
Et enfin, si ce n'est la mort qui peut leur faire peur car elle est lointaine et semble si irréaliste, la dépendance le peut peut-être.
J'ai répété pendant des années je m'arrête quand je veux, jusqu'au constat que c'était des conneries. Au plus tôt ce constat est fait, au mieux c'est. Le petit défi, avec éventuellement récompense à la clé, de suspendre la clope pendant une semaine par exemple, peut montrer que la dépendance est déjà la. Insister sur le fait que ca va empirer. Et franchement, à part en cas d'enfant dépressif, je suggérerais la bonne blessure à l'orgueil, les moqueries comme "et alors, on est même pas capable de se retenir de fumer 2 jours ?", parce que franchement, c'est ce qui marque le plus, même si ca n'est jamais agréable sur le moment.
Voilà, j'espère qu'au moins un de ces arguments pourra t'aider, et éventuellement d'autres parents.