Bonjour.J'arrive un peu après la bataille...mais avec un témoignage qui peut interesser les fumeurs de canabis, ou plutôt deux témoignages :
j'ai 36 ans et je partage ma vie avec le père de mes enfants qui en a 38 (non, pas 38 enfants..).
Issus de la génération rebelle et "rock n'roll", nous fumons du canabis chaque jour depuis une quinzaine d'années. C'est devenu un rituel indispensable, lorsque la journée de boulot est finie et que les enfants sont couchés. C'est l'effet DETENTE, l'instant où la course perpétuelle aux obligations et aux responsabilités s'arrête pour laisser place...au "vidage de tête".
Décembre 2003 : je suis une formation professionnelle assez costaud, avec l'objectif de réussir un examen en février 2004. Gros travail intellectuel, grosse pression en plus du quotidien avec les enfants et tout le reste. Un soir, je fume mon habituel petit petard et pour la première fois, je pars carrément en vrille : étouffement, tachycardie, impression de mourir...bref, panique, Samu et la totale.
Deux jours après je retente une petite bouffée et même topo. Dans les semaines qui suivent les symptomes se manifestent chaque jour, mais cette fois sans prise de canabis, à tout moment et à chaque fois j'ai l'impression d'y laisser ma peau.
Je consulte un généraliste puis un psychiatre. Diagnostic : Etat d'anxiété généralisé avec attaques de paniques.
Raison évidente invoquée : j'ai passé 15 ans à inhiber mes problèmes et mes stress avec mon pétard quotidien. Tout s'est accumulé à l'intérieur, un peu comme un réservoir d'émotions négatives dont j'aurais fermé le couvercle.
Résultat : impossible de retoucher à de l'herbe ou du canabis, un mois de sevrage ignoble avec perte totale de sommeil, dépression, état de fatigue indescriptible.
Depuis : je bois. Non, blague à part depuis, je suis sous traitement avec Effexor qui est génial (un des seuls antidépresseurs ayant l'AMM pour la prévention des attaques de panique en faible posologie - 75 mg en LP), mais les effets secondaires sont parfois pénibles et je suis partie pour plusieurs années de traitement.
Et mon mec alors ? Il continue de fumer du canabis mais il fait un ou deux épisodes dépressifs par an depuis 3 ans et cela n'est certainement pas sans rapport.
Ma conclusion : le canabis c'est bon, c'est convivial, ça fait planner mais quand cela devient une habitude, cela se paye cher un jour ou l'autre. A réserver pour quelques bons délires. Enfin je dis ça, mais je ferai mieux de me taire avec mes 15 ans de conso.
Maintenant si quelqu'un a envie de partager une réaction à cette petite autobiographie d'une fumeuse, j'apprécierais.
A bientôt.