Bonsoir Eric,Que te dire, sinon que je suis très bien placée pour te comprendre...
Comprendre qu'on peut s'arrêter, même très longtemps (cela faisait combien pour toi, six mois ? neuf mois ? plus ?) et replonger,
Comprendre que l'on se sent mal et qu'on n'a qu'une envie, se réarrêter
Comprendre que à ce moment-là on a envie de retrouver les copains avec lesquels on a vécu son sevrage,
Comprendre qu'en même temps, on se sent coupable et pas honnête vis-à-vis d'eux si on ne leur dit pas,
Comprendre qu'on passe plusieurs jours devant son clavier (parfois la clope à la main...) en tournant autour du pot et en se disant, je leur dis, je leur dis pas, comment je leur annonce,
Comprendre à quel point on se sent mieux une fois qu'on a "avoué",
Comprendre que tout en même temps à ce moment-là, on guette et on redoute à la fois les réactions des uns et des autres (et si j'allais me faire jeter, insulter, par ceux-là même dont j'attends un soutien)
Eric, je n'ajouterai qu'une chose et elle n'est sans doute valable que pour moi-même mais je veux quand même essayer de te la faire patager comme une petite lueur d'espoir : depuis le 28 décembre dernier, après plus de deux ans et demi d'errances, de chutes et de rechutes (mes genoux sont sûrement en bien plus piteux état que les tiens Sandrine...), j'ai l'intime conviction que cette fois c'est la bonne, même si je suis bien incapable de t'expliquer pourquoi.
Positive, Eric, pense à tout ce temps gagné sur la clope, pense bien au moment où tu vas te relancer dans la bataille et n'en ai pas trop peur : j'ai constaté lors de mes derniers "plantages" que quand on repars très vite à l'assaut on ne revit pas complètement les affres du début d'un sevrage (ou peut-être s'en souvient-on tellement comme de qqch d'affreux qu'on est agréablement surpris que ce ne soit pas pire...).
Un aspect positif et bien égoïste : cela nous donne le plaisir de te retrouver ici, toi sur le post duquel j'ai commencé mes premiers délires sur blabla 
Noëlle