Modifié le 08-02-04 à 13:32 (GMT)"Vous auriez du feu, s'il vous plait?". Rares ont été les jours sans que quelqu'un ne m'arrête pour me poser cette fausse question.
Fausse car ayant toujours une cigarette à la main, mon alpagueur connaissait forcément la réponse. "Bien sûr. Tenez" répondais-je invariablement en tendant un briquet ou une boîte d'allumettes.
Ce matin, en allant prendre le métro, une dame m'a repéré de loin. Elle s'est dirigée vers moi et est venue à ma rencontre pour me demander:
Vous auriez du feu, s'il vous plait?
C'est la première fois que cela m'arrive depuis mon arrêt il y a trois semaines. Pendant quelques secondes je ne savais pas quoi lui répondre tiraillé que j'étais entre le mécanique "bien sûr, tenez" et la situation nouvelle.
J'ai enfin réussi à lâcher: "désolé, je ne fume pas".
Depuis ce matin, une question me hante: pourquoi cette dame m'a choisi, moi, parmi toute la foule pour me demander si j'avais du feu?
Les fumeurs ont-ils une dégaine particulière? Une physionomie spécifique? Une façon à eux de marcher ou de regarder les autres que seuls les membres de la secte goudronneuse peuvent apercevoir?
(ex) toxix +21