Bon, le texte complet de l'express: "Des experts de l'Inserm l'affirment: les facteurs de la dépendance au tabac sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense
Plus de 3 000 substances - de la nicotine, bien sûr, mais aussi de l'ammoniaque, du benzène, des édulcorants… Le tabac est un poison mortel, tout le monde en convient; pourtant, les fabricants refusent toujours de donner la composition exacte de leurs produits - secret industriel, disent-ils. Difficile, donc, d'avoir une approche scientifique de cette drogue. Quel rôle joue précisément la nicotine dans la dépendance? L'inhalation de la fumée aggrave-t-elle ce phénomène? Qui sont les accros les plus susceptibles de s'arrêter? Les scientifiques de l'Inserm se sont penchés sur ces questions. Onze spécialistes, parmi les plus pointus, ont procédé à un recensement complet de la littérature mondiale dans ce domaine, et rédigé une expertise collective (Tabac: comprendre la dépendance pour agir) qu'ils rendront publique cette semaine. Leurs conclusions devraient être prudentes, tant on ne sait pas grand-chose, aujourd'hui encore, des processus qui entrent en jeu. La nicotine «accroche», c'est un fait. Mais comment expliquer, par exemple, que, chez les rats, et contrairement à toutes les autres drogues, elle accroche plus par inhalation qu'injectée en intraveineuse? Quels sont les liens entre plaisir et cigarette? Quelle est l'influence du geste, des effets sensoriels (goût, saveur, sensation de chaleur)? Dans tout cela, la nicotine n'est sans doute pas la seule en cause - la preuve: certains fumeurs peuvent se satisfaire, même ponctuellement, d'une clope sans tabac. C'est donc bien que les additifs chimiques, les composants secrets, les exhausteurs de goût ont également un rôle. Le menthol, en particulier, très prisé aux Etats-Unis, semble renforcer la dépendance. Comment la combattre? Certes, l'augmentation du prix des cigarettes a un effet dissuasif. Certes, les substituts (gomme, patchs, Bupropion) montrent une relative efficacité. Encore faudrait-il les faire rembourser par la Sécu, et vite! Mais, aussi importantes que soient les mesures économiques, les pouvoirs publics ne pourront pas s'en contenter. Pour lutter efficacement contre l'ennemi, il faut bien le connaître. Le meilleur moyen d'y parvenir est encore d'aider les chercheurs à poursuivre leurs travaux."
Georges