19h 15. Zone non fumeurs.Nous partions de cette cafétéria quand j'aperçus ce quidam, clope au bec, avec son fils en pleine zone non fumeur ( Je ne veux pas jouer les pénibles mais il a la plus grande partie de la salle à sa disposition. C'était déjà le genre de truc qui m'énervait passablement même à l'époque révolue ou je fumais).
J'avise le gugusse et me dirige vers lui.
- Bonsoir, Vous êtes en zone non-fumeur, monsieur.
- Je sais ( Dès la première réponse, Je sens l'abruti de base. C'est dingue comme j'ai le chic pour tomber dessus (à se demander comment j'ai fait pour rester vivant jusqu'à présent). Je suppose d'après cette réponse claire nette et précise qu'on va atteindre des Himalayas dans la beaufferie brutale et la bêtise universelle si chère à la théorie d'Einstein (1).
- Il y a une zone fumeurs là bas.
- Je sais aussi. ( Ce type commence vaguement à me hérisser le poil. Et je me sens des envies de génocider la connerie, moi qui suis (habituellement)
d'une gentillesse à terrifier Gandhi )
- Pourquoi ne pas vous y rendre, céans ? ( Je la joue courtoisie maximum, ton avenant et tout le bordel sans laisser transparaitre mon agacement mais cela ne produit pas son effet sur cet, à peine, hominidé . Ce qui m'amène à penser que les dinosaures ne méritaient pas de disparaitre pour laisser la place à ce digne représentant du protozoaire ).
- Parce que je n'en ai pas envie. (Les abrutis me gonflent, non que je me sente d'une intelligence supérieure, mais là, j'ai péché un médaillé, catégorie foire agricole. Bon, il est inutile d'argumenter plus avant avec ce Môsieur).
- Vous n'êtes qu'un abruti, monsieur ( Le jean foutre eut été un peu trop suranné et d'un raffinement par trop inaccessible à ce simesque représentant des amis des buralistes en colère.)
- Je paye assez cher le droit de fumer où je veux et j'emmerde les non-fumeurs ( Encore un effet pervers de la hausse que je n'avais pas prévu : l'apparition d'une nouvelle race de fumeurs que j'appelle les rebelles, qui fumeront fièrement en affichant ainsi leur différence, leur liberté et leur non-conformisme ) dit-il en jetant son clope au sol.
- La connerie est gratuite. Si elle était payante, vous seriez riche.
( Et nous sommes sortis, drapés de notre dignité )
J'aurais du lui présenter Elodie, huit ans, asthmatique, plusieurs séjours à l'hospital.
Mais les intégristes de la connerie me font perdre mes moyens.
J'ai regretté de ne pas avoir une carafe ou un verre d'eau à la main.
Quoique avec la chance qui me caractérise, je suis sûr que le type
était un psychopate et que j'aurai fait la preuve que le tabac tue.
Stéphane.
1 - Il y a deux choses qui sont infinies : l'univers et la connerie humaine. Pour l'univers, je ne suis pas sûr.