Hello à tous !Aujourd'hui je fête mes 3 mois sans tabac : c’est un peu bizarre, d’un coté j’ai l’impression que cela fait une éternité et de l’autre que hier je fumais !!
C'est un cap et je suis vraiment contente. Cela a été dur mais finalement j’ai été plus forte qu’elle. Comme dirait Allen JE SUIS ENFIN LIBRE , enfin presque…
Avec ma liberté physique (sans clope), j’ai aussi découvert ma soif de liberté mentale…
Ce n'est pas évident, l'arrêt m'a précipité dans un genre de dépression, ou plutôt de lucidité exacerbé, un peu comme si tout ce que je niais depuis des années m'avait explosé à la figure ou que les paysagistes de Versailles s’étaient trompés pour l’ouverture des grandes eaux !!!! Dès que je commence à dire ce que je ressens, c’est une crise de larmes. Il faut noter une certaine évolution, début janvier je pleurais, plutôt je sanglotais sans raison aucune à longueur de journée (heureusement au bureau, j’arrivais à me contrômer), maintenant quand je pleurs je sais pourquoi. Je savais que j’étais sensible mais à ce point là c’est un peu déroutant et pas super facile à gérer... Je découvre des blessures super vieilles que je ne soupçonnais pas ou plutôt que j’avais bien rangé très loin, très loin…
Il y a 3 ans j'avais déjà fait une tentative d’arrêt, et les symptômes avaient été un peu les mêmes mais l’analyse différente et je me souviens de l’explication que j’avais trouvé pour justifier ma reprise : "en soirée je craquais, donc j'ai arrêté de sortir donc j'ai déprimé donc j'ai recommencé à fumer et par la même occasion à sortir et bien sur j'ai retrouvé ma pêche". Logique indémontable !!!
Aujourd'hui je crois que j'ai dépassé ce stade, je comprends que je me cachais beaucoup de choses depuis déjà très longtemps et que la clope avait sur moi un rôle de masque ou d'armure. Je me planquais derrière et aujourd'hui, je suis comme une petite fille qui a oublié de grandir et qui le réalise alors qu’elle se croyait déjà très grande.
En gros j'ai trouvé un nouveau combat maintenant que la clope est de l'histoire ancienne : affronter mes démons, ce qui m'empêche d'avancer, faire un grand ménage.
Le positif de cette aventure et qu’une fois que je me serai reconstruite et fait ressortir ce qui me retenait prisonnière ce ne sera que pour du mieux, c’est sans doute un mal pour un bien et que ce genre de crises sont sans doute moins dévastatrices à 26 qu'à 40 ans. En tout cas je l’espère vraiment.
Pour mes amis je suis la fille qui a super confiance en ele, qui sais prendre les bonnes décisions, qui est toujours là pour les autres, etc… J’ai déjà perdu une amie qui n’a pas supporté que je m’effondre, c’est la 1ère à qui j’avais avoué ma baisse de moral et à qui je demandais de l’aide, elle m’a répondu qu’elle avait besoin, pour se protéger, de voir des gens qui allaient bien, et qu’il valait mieux ne plus trop se voir, je ne l’ai pas vu depuis 2 mois et demi...
Je sais qu’il ne faut pas que je généralise et qu’elle n’était sans doute pas en forme elle non plus mais cela m’a fait perdre encore plus confiance et je n’ose pas dire aux autres que je souffre, alors je continue à faire comme si tout allait bien mais ce n’est pas évident. Heureusement pour moi j’ai un frère et une sœur vraiment top qui font tout pour me redonner confiance et qui se sont habitués à me voir pleurer !!!
Merci à ceux qui m’auront lu, j’espère ne pas vous avoir donner le bourdon mais j’ai l’impression que l’écriture de ces quelques lignes m’a fait du bien.
Bon week-end à tous