Pourtant je savais que ça ne règlerait rien.Je m'explique. J'ai un fils de 25 ans qui vit en appart depuis 4 ans maintenant. L'édifice à logement où il habite a été vendu il y a quelques mois et le nouveau proprio a envoyé une lettre à chacun, début janvier et leur donnait le choix de signer un bail jusqu'au 28 février 2005 ou bien de résilier le 29 février 2004.
Un ami de mon fils lui a fait sourire une co-habitation possible dans un 4 pièces et demi plutôt que son petit 3 1/2, alors mon fils a signé la résiliation pour le 29 février courant. Par contre, le copain en question a reculé. Il a disparu dans la brume, on n'entend plus parler de lui depuis un bon gros mois.
Donc, Sébastien se voit maintenant dans l'obligation de quitter les lieux pour le 29 février au soir et de remettre les clés de son appart, parce qu'il a été loué pour le 1er mars.
Il a cherché, cherché pour trouver quelque chose, mais en février, c'est pas évident et ce qui reste sur le marché est hors de prix. Prendre une chambre meublée, il ne sait pas quoi faire avec ses meubles, prendre un autre 3 1/2, c'est hors de portée de sa bourse, qui, soit dit en passant, maintenant, est vide, aucun revenu qu'il a le petit.
Donc, qu'est-ce qu'une mère poule fait selon vous ? Elle rapatrie ses petits poussins dans le nid familial. Seulement, il règne une incompatibilité terrible entre mes deux hommes. Ils diamétralement opposés. L'un est terre à terre, les deux pieds collés au sol jusqu'aux genoux, l'autre est rêveur et un peu dans la lune. Imaginez...
Ca fait 3 semaines que j'ai du mal à dormir, que je me réveille la nuit et que je pense à la solution idéale pour que mon fils ne se retrouve pas à la rue et ce soir, j'ai crevé l'abscès. J'ai annoncé à mon mari (qui n'est pas le père de Sébastien)qu'il revenait à la maison pour quelques mois, le temps de se retourner et de se remettre sur la voie. Le Bordel avec un grand B.
Ca a fait une crise épouvantable, j'ai pleuré, il a crié et a traité mon fils de bien des noms que je n'ose pas répéter ici. Je dois admettre qu'il n'a pas tout à fait tort, Sébastien a laissé trainer la situation et il est aujourd'hui malpris un peu par sa faute, de s'être fié à d'autres qu'à lui-même. Mais même si c'était un bandit, il demeure qu'il est toujours mon fils et que je ne peux pas supporter l'idée de le voir à la rue.
Donc, après l'altercation entre mon mari et moi, je suis allée prendre une marche et je suis passée devant un dépanneur (l'équivalent de vos bureaux de tabac) et j'ai acheté un paquet de cigarettes et j'en ai fumé une. J'ai pas su accuser le coup. J'ai pas réussi à gérer cette situation pénible comme je l'aurais dû. Je m'en veux de n'avoir pas été plus forte.
Quand je suis revenue à la maison après ma marche, mon mari avait fait un feu dehors (il aime bien faire des feux dehors l'hiver). J'ai fait ni une ni deux, j'ai jeté au feu toutes les cigarettes une par une et j'ai ensuite brûlé le paquet vide. Je me suis sentie libérée sur le coup, mais qu'arrivera-t-il si pendant le mois où mon fils sera à la maison, des conflits éclatent entre les deux. Comment supporterai-je cette situation sans fumer ? Ca me fait un peu peur, je dois l'avouer.
Voilà, je sentais le besoin de vous raconter... et je repars à neuf.

Mamyzelle qui a repris le goût de tricoter xxxxxxxxxxxxxxx