Bonjour Eathanor,Tout ce que tu décris, plus ou moins, je l'ai vécu. La même déception.
En m'arrêtant, je croyais que j'allais m'offrir une vie toute neuve, toute belle, toute brillante...
Et ce n'était pas ça... ET POURTANT SI !
Mais reprenons :
1) Effectivement l'absence de cendrier froid est un élément dont il convient de se rappeler par moment : ça fait du bien, et c'est une preuve concrète.
2) Pour le goût, moi non plus je n'ai pas constaté de changement (j'en suis à 10 semaines), mais je crois que nous ne sommes pas les seuls. Pour les odeurs, au bout de quelques semaines, c'est surtout les mauvaises odeurs que je remarque vraiment (trop). Je pense qu'en fait elles étaient masquées auparavant par l'odeur du tabac.
Donc comme toi, pas d'amélioration de ce coté, mais je n'ai jamais eu l'impression de manquer de goût ou d'odorat, alors on s'en fout non ?
3) L'impression de manque : ben oui.
Je vois que comme moi, tu es suffisamment déterminé pour ne pas reprendre. Je crois que le risque de "rechute" n'est pas le problème principal. La difficulté c'est d'apprendre à vivre autrement, et d'accepter le changement.
Certain parle d'un deuil, je ne le ressens pas comme ça, mais pourquoi pas.
Je dirais plutôt changement. Comme si brusquement, du jour au lendemain tu t'exilais dans un autre pays, un autre métier, une autre culture, un autre régimé alimentaire, bref, sur une autre planète, avec plus rien de ce qui faisait ta vie avant.
Pourquoi ? Moi, je ne faisais RIEN sans cigarette. Ni me brosser les dents, ni manger, ni même dormir : au moindre réveil dans la nuit, j'en allumais une avec un grand plaisir.
Aujourd'hui je fais TOUT sans. Et comme toi, j'ai du mal à faire ce que je faisais avant, du mal à me concentrer.
Petit truc : c'est l'occasion de faire une ou deux activités nouvelles qui t'occupent les mains (comme Mamyzelle j'ai repris le tricot ! J'ai aussi changé mon mode d'entrainement sportif, et puis, il y a le forum...)
Donc, je disais, ET POURTANT SI, ta vie a changé, elle est toute belle, toute neuve, toute brillante !
1) on l'a déjà dit, plus de cendriers qui trainent
2) plus besoin de rechercher la zone fumeur dans les restos et de supporter le cigare du voisin
3) plus besoin de sortir fumer au bureau, sous l'oeil réprobateur des collègues qui sous-entendent que tu tires au flanc, alors que toi, à 19h30 tu bosses encore !
4) plus l'angoisse de passer de longues heures dans le train, l'avion, ou un local non fumeur. Même au ciné, c'est plus facile !
5) plus cette dépense quotidienne qui finissait par faire une somme rondelette (bien plus utile dans de nouvelles fringues !)
etc....
D'accord ce n'est pas très convaincant, mais ça a le mérite d'être concret.
Plus ésotérique, voici pour moi la vraie amélioration :
Depuis que j'ai entamé ce sevrage, avec les mêmes déceptions que toi, et plus encore par la suite, je me suis rendue compte de l'emprise réelle de la clope sur mon corps (je veux dire sur son fonctionnement chimique) et sur mon psychisme.
Le travail que je fais pour m'en libérer, est le même que celui que je ferais pour me libérer d'une mauvaise influence. Et là, je me sens beaucoup plus forte, beaucoup mieux dans ma peau. Je prends possession de ma vie.
Bon courage, tiens bon.
(Tu n'as pas le choix, puisque tu fais ce que tu as décidé de faire)

Petitours.
PS : dernière recommandation : si tu déprimes, ne fais pas comme moi, n'attends pas pour te faire aider par un médecin compétent dans ce domaine.
Tu pourrais par exemple retrouver le post du Docteur Dupagne sur son propre sevrage, qui est vraiment édifiant. Il est remonté il y a quelques jours et s'intitule "smoking out" je crois.