Modifié le 19-03-12 à 20:49 (GMT)Bonjour,
J'ai arrêté de fumer depuis plus de deux mois avec le sentiment d'avoir enfin réellement consommé mon divorce avec le tabac ; aujourd'hui, je me pose, comme beaucoup d'entre vous, il me semble, la question de nos relations, à nous ex-fumeurs, avec nos conjoints.
J'ai rencontré ici tous les cas de figure, je crois. De Gédéon-Geneviève (où es-tu, on ne te vois plus, même si ton homme t'a fait craquer pour de bon, viens nous faire un petit coucou) que son mari empêche à toutes forces de réussir son sevrage, à notre couple modèle qui livre bataille à deux, au point d'être ici "SebetSandra" en un seul mot.
Pour ma part, j'ai connu aussi plusieurs expériences : mon mari était un peu plus toxico que moi à la base et surtout moins motivé pour arrêter. Il n'empêche, ma première expérience "cold turkey", je l'ai vécue à deux comme quelques autres galères de l'existence que nous avons traversées ensemble de puis 20 ans : il y a 10 ans, 20 000 francs de découvert bancaire avec deux enfants à charge, nous ont amenés à supprimer du jour au lendemain ce qui n'était encore pourtant qu'une dépense inutile et pas devenu un "signe extérieur de richesse". Bien entendu, quand les finances ont été rétablies, nous avons cru naïvement qu'au bout d'un an, nous pouvions nous permettre le luxe de ne garder que les clopes-plaisir. Résultat : 15 jours après, je refumais mes 15, mon mari son paquet.
A l'époque, nous avions refumé sans trop de mauvaise conscience, puisque la seule motivation, l'argument argent, n'existait plus. Ceci dit, chaque augmentation annoncée était l'occasion de la parole défi rituelle entre nous "on arrête de fumer", relayée par nos filles qui, pendant des années, se sont désespérées de voir leurs parents toxico-dépendants.
Sauf que, arrêter à deux pour de "bonnes raisons", c'est-à-dire sans la pression du médecin ou du banquier, on a essayé et ça n'a pas marché. Nous avons tenu presque deux mois et puis, séparés quelques jours, nous avons replongé chacun de notre côté.
J'ai alors décidé de continuer mon chemin toute seule, sans me soucier de ce qu'il faisait. Il m'a fallu plusieurs mois, quelques craquages, une mini-dépression, mais honnêtement, quand je compare à ce que j'ai vécu avant, je crois que j'ai gagné : j'ai banni le tabac de mon univers, même celui de mon mari. Mais comme il ne veut pas en parler (j'ai réussi à l'amener sur blabla mais pas ici, il fait partie de ces gens qui pensent que parler tabac lui donne envie de fumer), je le laisse se débrouiller. Je râle gentiment s'il a fumé avant de m'embrasser mais j'ai cessé de lui demander quand il arrêtait pour de bon. D'ailleurs, depuis deux jours, aucune odeur de tabac sur lui (et je les repère avec une efficacité redoutable) : je n'ose même pas lui demander s'il a arrêté. Je souffre un peu de ce non-dit, de ce sujet quasi-tabou car nous avons l'habitude d'échanger sur presque tout.
Je crois que je vais attendre la fin de la semaine pour lui poser la question, en attendant, aujourd'hui, je vais lui préparer une belle soirée d'anniversaire pour ses 48 ans 