Bonjour à tous,
Je viens au bout d'un peu plus de deux mois et demi, faire le point sur ce sevrage qui me paraît décidément le bon (enfin!!!).28 ans de tabagisme et de multiples tentatives d'arrêt depuis environ trois ans, quatre mois sur ce forum, tel est mon "historique" quand je décide de me relancer dans la bataille fin décembre 2003. Je ne peux pas dire que j'y croyais beaucoup plus qu'avant, j'avais envie de profiter de l'échéance de la nouvelle année (symboliquement, peut-être ma première clope d'adolescente fut allumée lors d'un réveillon de nouvel an...). Je ne pouvais pas recourir aux patchs, trop d'allergies, les chewing-gums et les comprimés ne m'avaient pas convaincues. Je connaissais déjà les bienfaits que m'apportaient les huiles essentielles de menthe et d'eucalyptus, j'y ai adjoint un truc trouvé ici et auquel je ne croyais pas tellement il me paraissait loufoque : sucer des grains de café.
Comme les dernières tentatives étaient assez récentes, je n'ai pas retrouvé les affres des premiers jours au point où on les vit quand c'est la première fois qu'on ressent ce "manque" (ou qu'on a déjà oublié la dernière expérience). J'ai enchaîné les jours les uns après les autres, sans me "mettre la pression" car une des choses qui m'angoissent terriblement, c'est l'idée de "jamais plus". Encore aujourd'hui, je ne me pose pas la question de savoir si je refumerai un jour. Je me contente de constater que ça me simplifie la vie de ne plus fumer, que j'ai un plaisir fou à savourer les goûts et les odeurs et que je fais des tonnes d'économies.
Il y a bien eu un écart pendant les dernières vacances : pas de forum, atmosphère enfumée, paquet de clopes à portée de mains, j'ai eu envie de la fumer celle "pour voir". Fort heureusement, elle n'était pas bonne et j'ai suffisamment replongé comme ça pour ne pas en tenter une deuxième. Pour les prochaines vacances, j'ai prévu l'accès à internet pour ne pas me priver de mon "patch virtuel".
Petit à petit, l'odeur du tabac m'insupporte, ce qui a été un souci avec mon conjoint : il était parti sur l'idée du "pourquoi pas" mais taxait quelques clopes pendant ses journées de travail. Résultat : les week-ends étaient invivables car je pense que c'était très dur pour lui de tenir deux jours sans fumer. D'autant plus que l'odeur du tabac était quand même sur lui le soir
. J'ai fini par tolérer la clope sur le balcon (pardon, sur la terrasse
) et le climat s'est un peu pacifié depuis à la maison.
De récentes contrariétés ont bien failli avoir raison de mon sevrage, j'étais à deux doigts au coeur de l'insomnie, mais j'ai eu de la chance : le paquet de mon homme était vide cette nuit-là. Je me sens plus forte d'avoir dépassé cette crise sans tabac, même si ce fut au détriment de ma récente volonté de m'attaquer aux kilos. Ce matin , je viens, comme une bonne centaine d'autres familles, de faire le pied de grue devant un car scolaire qui emmenait ma fille en séjour de ski et j'avais un regard d'agacement mêlé de pitié devant tous ces parents qui trompaient l'attente en rallumant leur clope avec la précédente. Il y a quelques mois, j'en aurais sûrement fait autant.
En fait, je collectionne ces petites satisfactions du test "avant/après" : cela procure des récompenses assez simples
. Jusqu'à présent, j'ai même échappé aux bouffées d'angoisse souvent liées aux anniversaires
. J'ai simplement le sentiment d'être passée de l'autre côté d'une frontière. J'espère que ces quelques lignes vous aideront à la franchir vous aussi.
Noëlle