Bonjour à toutes et à tousVoilà, je reviens pour un petit compte rendu !
J’ai changé d’ordinateur, et je n’ai plus de compteur de cigarettes non fumées, de vie gagnée, et d’argent économisé … Je trouve que ce compteur m’a apporté, en début de sevrage, un petit plus très motivant. Pour les nouveaux que ça intéresse ( http://stop.it.site.voila.fr/ ); ce compteur a été crée par un « défumé » nommé Ceed ou Cédric.
Aujourd’hui, au bout de six mois, ce petit programme m’est moins nécessaire,
; il faut que je vous dise que mon vieil ordinateur est tombé en panne, je dirai même plus, mon disque dur a trépassé d’une drôle de maladie, que « Norton » affirmait n’être pas virale… j’ai lu quelque part que les ordinateurs ne font pas très bon ménage avec la fumée de cigarette, ça les encrasse prématurément, triste conséquence matérielle du tabagisme passif… Bref, et quoiqu’il en soit, j’ai pu acheter un ordinateur tout neuf sans avoir à me poser la question du budget ! Alors, mon « compteur » à moi, c’est tout simplement de voir mon nouvel ordinateur!
Je ne poste plus très souvent sur ce forum mais je viens toujours vous lire avec beaucoup de plaisir et d’empathie. Ceux qui m’ont déjà croisé sur le forum savent que je ne suis pas un modèle d’optimisme et de positivisme, certains diraient même que je suis plutôt « un tantinet » pessimiste par nature, et ils n’auraient pas franchement tort ! loll
! Et pourtant, aujourd’hui, je suis là pour fêter mes six mois de sevrage !
Loin de moi l’idée de prétendre qu’il faut voir la vie en « noir » pour réussir à se sortir du piège tabagique, non, mais c’est juste pour témoigner qu’il est tout de même possible de se libérer de la cigarette, même si l’on est pas d’une nature « optimiste » !
Et de s’en libérer sans regret … enfin … jusqu’à présent …! Loll
Je ne vais pas me répéter, aussi, pour les téméraires, vous trouverez un premier témoignage dans le post : http://www.atoute.org/cgi-bin/dcforum/dcboard.cgi?az=show_thread&om=4566&forum=DCForumID12&archive=
Mon témoignage sur mes trois mois se sevrage datait d’une semaine avant Noël ! Question moral, ce n’était pas encore trop çà, mais je me pensais alors sur la pente « remontante » … Cure de vitamines et de magnésium à défaut d’antidépresseurs que je supportais vraiment très mal !
Les vacances de Noël arrivent ! Et là, boum, catastrophe, hors service, la défumée ne répond plus : accumulation de petites et de grandes contrariétés, plus mômes infernaux, plus réminiscence de deuil, … dans les trente-sixièmes dessous ! Même pas envie d’une clop, juste de m’effondrer dans un coin et de n’en plus bouger, plus une once d’humour noir, juste une pensée qui m’accable : Pourquoi est-ce que je me sens incapable de faire face à la vie de tous les jours, pourquoi ai-je la perpétuelle sensation que je ne suis plus à la hauteur, pourquoi est-ce que je ressens une telle fatigue ?! J’ai pourtant réussi à arrêter de fumer, je n’en ressens plus le besoin, je pense encore de temps en temps à la cigarette, mais je n’éprouve plus de réel désir envers elle, j’ai dissocié plaisir et tabac… Alors pourquoi ?...
J’ai beau savoir que je fais une dépression, que ça arrive, et que c’est normal ; c’est tout de même très dur à vivre, et surtout, à ce moment là, je ne vois pas d’issue ! A part attendre que les vitamines fassent de l’effet, puisque les antidépresseurs m’assomment complètement ! Jamais eu de chance avec les médicaments, il n’y a guère que l’advil enfant que je supporte grrrrr !
J’enrage quand j’y pense : Sacré béquille tout de même que cette damnée cigarette ! Un vrai « poison » à tout faire !
Non seulement elle induisait chez moi une notion de récompense, de réconfort et de plaisir, mais en plus, elle me donnait l’impression de pouvoir faire face, d’assumer en toutes circonstances, et même d’assurer « un maximum » dans la vie de tous les jours ! C’est pathétique et terrifiant de voir comme ce petit « bout de rien » est parvenu à s’immiscer dans les profondeurs de mon inconscient. Même après plusieurs mois d’arrêt, la cigarette continuait à me polluer le mental et à me faire souffrir.
Après le sevrage physique, le sevrage psychologique avec la « rééducation » systématique dans ma gestuelle journalière, puis la dissociation entre la notion de plaisir et de tabac, je sentais venir une autre étape : la remise en question ! Comme si la cigarette avait eu le pouvoir de masquer ma personnalité et mes carences, tant à mes yeux et qu’aux yeux des autres…
Et là, je remercie ma petite famille, mon mari et mes enfants de m’avoir permis de faire une pause. J’avoue sans honte avoir trouvé « refuge » auprès de ma maman, qui a accepté, sans un mot, sans jugement ni question, de me recevoir, qui m’a cocoonée quelques jours ! J’ai pu ainsi prendre du recul et faire tomber la pression que je sentais sur mes épaules, cette espèce d’obligation que l’on ressent d’avoir à se monter « forte » en toute circonstance ! Je reconnais le caractère passablement nombriliste de la démarche mais franchement, ça m’a fait un bien fou ! J’ai découvert ainsi que j’étais bien la seule personne à ne pas vouloir accepter mes fameuses failles ! Mon entourage affectif était parfaitement prêt à pallier mes défaillances et à me soutenir !
Si je devais faire le bilan de mes peurs en six mois de sevrage :
Peur de ne pas être assez motivée, déterminée ou volontaire
Peur de ne pas arriver à arrêter et à tenir au moins quelques jours
Peur de ne pas tenir de choc physiquement, peur de la douleur
Peur pour sa santé, peur des sensations physiques qui suivent l’arrêt (toux, oppression etc.)
Peur de grossir
Peur des changements qui surviennent au niveau du caractère et des émotions
Peur de se tromper dans le choix de sa méthode de sevrage (arrêt ou modification de traitement etc.)
Peur de la tentation, peur de craquer, peur de vivre un nouvel « échec »
Peur de se sentir si vide à l’intérieur, peur de ne plus jamais ressentir de plaisir
Peur de tomber dans d’autres pièges (alcool, nourriture, médicaments)
Peur de faire souffrir l’entourage
Peur d’être différent dans le regard des autres, de les décevoir
Peur d’être fragile, de ne pas être à la hauteur, de manquer de courage
De quoi se prendre pour une vraie trouillarde, une pétocharde de première ! loll !
Je sais bien qu’à la vue de cette liste, écrite comme cela noir sur blanc, cela semble plutôt difficile de croire que l’on peut, malgré tout, garder confiance en soi ou projeter une image positive ! Pourtant, c’est possible, j’y suis parvenue (et je vous le rappelle, je suis loin d’être un modèle d’optimisme…
).
D’abord, parce que, heureusement, ces peurs ne nous tombent pas toutes dessus en même temps !
Ensuite, parce que, chaque fois que nous faisons reculer une peur, c’est une victoire, et même si une autre peur persiste, savoir que nos proches nous aiment « quand même », c’est rassurant.
Pour finir, il faut se dire que le temps joue pour nous, chaque jour qui passe apporte une guérison en soi. Au fil du temps, on pense de moins en moins à la cigarette et c’est de moins en moins dur de résister à la tentation.
Il nous faut réapprendre à vivre mieux, à prendre soin de soi ! Ce n’est pas si égoïste qu’il y parait, car, en fin de compte, plus libre, on est aussi plus présent pour ceux que l’on aime !
J’avais promis d’aborder les points positifs du sevrage dans mon post des 3 mois alors je vais donc terminer par là :
- Mon odorat, il fonctionnait déjà très bien avant d’arrêter, alors je vous laisse imaginer tout ce que je suis capable de sentir maintenant ! Au tout début de mon sevrage, les odeurs dans la rue m’agressaient littéralement ! A part cela, je sens bon, ma maison sent bon, et je redécouvre toute une palette d’odeurs subtiles.
- Ma toux du matin s’est envolée. Au début de mon sevrage, je me raclais parfois la gorge pour chasser une irritation. J’ai passé l’hiver sans être malade ou presque, un petit rhume soigné en moins d’une semaine !
- Ma voix a retrouvé la nuance entre le son « é » et le son « è », il m’arrive même de recommencer à chanter ! lolll
- Mon souffle… un pur bonheur, une amplitude de respiration qui m’est très utile dans la pratique de l’aïkido !
- Mon portefeuille (je n’ai pas dit mon porte-menue-monnaie,
) se porte à merveille et c’est finalement très motivant sur le long terme.
- Ma confiance en moi, en augmentation ! A force de gagner du terrain sur mes peurs et/ou de prendre plus pleinement conscience de l’amour et du soutien des miens, c’est fatal, il y a un effet franchement positif 
- MA LIBERTE, c’est surtout pour elle que je me suis lancée dans ce combat, et bien, je confirme, elle est au rendez-vous,
! Et c’est une sensation merveilleuse… Un post de Thar, le célèbre chroniqueur, parlait de toutes ces nouvelles « premières fois » sans… et bien ces premières fois sans tabac sont parfois bien émouvantes…
- Mon poids, arf, je vous avais prévenu que j’étais quand même un peu négative sur les bords ! loll ! Objectivement, et malgré un minimum de 4 heures de sport par semaine, le bilan affiché par ma balance est de +7 kg ! Là-dessus, il y a mes deux kilos d’hiver qui commencent à partir …reste 5 kg « stables », pris en même temps que mon traitement magnésium (moi et les médicaments, je vous jure
!). Je n’ai cependant pas eu à changer ma garde robe mais cela va m’obliger, pour la première fois de ma vie, à une plus grande rigueur alimentaire dans les semaines à venir …Bon, j’avoue que je ne me suis pas du tout restreinte, j’ai même parfois carrément abusé... Je ne vais pas vous dire que je suis contente de cette prise de poids, elle m’embête, j’ai l’impression que mon centre de gravité a changé de place, cela me gêne dans la pratique de l’Aïkido et il est vraisemblable que je ne présenterai pas ma ceinture noire cette année ! Mais, finalement, ce n’est pas si grave, car j’ai la certitude que l’arrêt du tabac me permettra de pratiquer cet art martial pendant beaucoup plus d’années encore!
Bon, désolée d’avoir été, une fois de plus, aussi longue ! Heureusement que je ne fais pas cela tous les mois !
Je précise à nouveau que ceci n’est qu’un témoignage de mon expérience personnelle et selon la formule consacrée : toute ressemblance …avec des personnes ou évènements réels… serait fortuite et involontaire…
. Il n’y a pas de recette miracle, chacun doit trouver sa propre voie et passer par ses propres étapes !
Et j’en profite pour remercier une nouvelle fois le Doc Dupagne pour avoir créé cet espace d’expression, de partage, de soutien et d’entraide ! Je remercie bien évidemment tous les participants et les posteurs sans qui le forum ne saurait exister et prospérer et faire la preuve, jour après jour, de son utilité ! Merci pour ce bel exemple de solidarité !
Bonne route à vous tous !
Nathalie