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"Zyban ou gommes ou rien : se connaitre"

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Forum : Arrêter de Fumer (Protected)
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Axxxel (VNI) (1 messages) Voir addresse IP de cet auteur
06-04-04, 12:01  (GMT)
"Zyban ou gommes ou rien : se connaitre"
Bonjour à tous

Je souhaiterai apporter ma toute petite expérience personnelle relative aux
méthodes d'aide au sevrage tabagique.

J'ai 37 ans, 17 ans de tabac à raison d'1 paquet par jour, 11ème jour d'arrêt (de bagne je devrais dire ...)

Mon désir d'arrêt est venu d'un problème d'image que la cigarette
me renvoie de moi-même. Pas réellement une peur de la maladie ou une
un problème de coûts, mais bel et bien l'idée d'être dépendant,
( craindre les dimanches sans cigarettes par exemple), bref d'être esclave.
(d'ailleurs la cigarette est pour moi associée au plaisir et je ne
pense pas que je vais spécialement me sentir mieux maintenant que
j'ai arrêté...).

Bref, j'ai pris du Zyban, 3 semaines : rien ! aucun effet (si ce n'est
quelques effets secondaires tout à fait gérables), au contraire,
la consommation de cigarette a augmenté, étrangement. J'ai donc
arrêté le Zyban.

Dix jours plus tard, j'arrête la cigarette (ça fait 11 jours maintenant). Les 2 premiers jours, prise de gomme à mâcher à la nicotine. Evidemment, 2
jours atroces. Le 3 ème jour, j'oublie les gommes à mâcher et je me fais
1 journée de boulot sans gomme. Ce jour a été aussi atroce que les 2 précédents MAIS PAS PLUS : j'en conclue que finalement les gommes n'apportent pas grand chose, alors j'arrête les gommes et je continue sans rien.

Bilan au bout de 11 jours :

- Zyban, gommes à mâcher : aucun effet sur moi. Le zyban n'a pas modifié ma
consommation, la gomme n'a pas atténué ma sensation de manque

- Mon problème de fumeur est le problème de ma propre image d'esclave (et non pas une peur de la maladie ou un problème de coût) : le fait d'arrêter sans aide est cohérent avec cette approche et contribue à soigner l'image que j'ai de moi-même.

- Au bout de 11 jours, j'ai toujours aussi envie de fumer, absolument aucune amélioration (insomnies, boulimie alimentaire..), le plus dur est devant moi, je le sais...

Je pense que l'efficatité des méthodes de sevrage ne dépend pas de facteurs
physiques ou physiologiques mais de facteurs psychologiques. Je hais mon
image d'esclave : mon corps n'a pas réagit ni au zyban, ni aux gommes car
ce sont 2 produits qui ne brisent pas l'esclavagisme (prendre 2 cachets par
jour est une forme de dépendance, mâcher n gommes par jour en est une aussi).

Avant d'arrêter, plutôt que de chercher à savoir combien on fume depuis combien de temps, on ferait mieux de chercher à comprendre pourquoi on désire arrêter.

La nature du désir d'arrêt est, selon moi, bien plus important que la force du désir lui même.


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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Zyban ou gommes ou rien : se connaitre rebelotte (VNI) 14-04-04 1
   RE: Zyban ou gommes ou rien : se connaitre JacquelineB (VNI) 14-04-04 2

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Texte des réponses

rebelotte (VNI) (1 messages) Voir addresse IP de cet auteur
14-04-04, 13:18  (GMT)
1. "RE: Zyban ou gommes ou rien : se connaitre"
Bonjour Axxxel,

J'espère que vous tenez le coup et ne fumez toujours pas. Je n'ai jamais posté sur un forum, mais là j'ai apprécié votre post - je pense que l'on ne parle pas assez de l'aspect psychologique: tant d'études disent que la dépendance physique est brisée après 3 à 7 jours. Alors pour tous les autres jours de la vie, c'est comportemental et psychologique.

Moi aussi j'ai 37 ans, mais 20 années de clopes. Plus de la moitié de ma vie. Inadmissible!

Je suis à mon troisième jour d'arrêt, deuxième tentative en un an. L'année dernière j'ai tenu quatre mois. Les deux premières semaines me semblaient infernales. J'ai surfé le net tous les jours à la recherche d'infos et de soutien. Toutes les sources m'ont dit la même chose: tu ne pourras plus jamais prendre une taffe. Plus je le lisais, plus je flippais: c'était difficile à digérer, car la droguée en moi ne supportait pas l'idée d'être privée de ce 'plaisir'. La nicotine manipulait mon cerveau. Je supportais encore moins ça. Je crois comme vous que l'image de soi est importante, je ne veux pas non plus être esclave. Quand je lis des témoignages de gens sous oxygène qui fument encore. Ou qui fument dans l'ambulance en route pour l'hosto... je me dis 'pitié, pas moi!'.

Pourquoi j'avais repris après quatre mois? Bêtise, je sais. Ce n'était pas un moment d'égarement. Je l'avais sciemment décidée. Histoire, peut-être, de me donner la preuve absolue qu'on ne peut pas reprendre allégrement. Trop têtue,il a fallu que je vérifie pour moi-même! Pas de miracle. En quelques semaines, on est accro à nouveau. La seule chose, c'est que c'est un peu moins difficile d'arrêter aujourd'hui, car j'ai l'habitude des manques/obsessions etc.

je comprends donc votre idée de ne pas vouloir être esclave de quoi que ce soit. Etre tellement figé dans ses habitudes que l'on ne peut vivre autrement. Pour les gommes, c'st vraiment ça. Y a des gens qui en deviennent accros. (et oui, c'est de la nicotine!) j'ai une amie que en mache tout le temps, et en plus elle fume! Rien à faire, elle refuse de changer.
Moi, la dernière fois, c'était les caramels. J'en ai tellement bouffé qu'aujourd'hui j'ai envie de vomir rien qu'en y pensant! C'était au point où j'avais l'impression de ne pouvoir résister au cravings sans caramels. Idiotie! Car on cherche, je crois, juste à se donner cette sensation de plaisir que la nicotine nous procure. En fait, il faut faire gaffe de ne pas compenser ce besoin de plaisir par un seul autre. Sinon la compensation peut devenir aussi obsessionnel. Il faut varier les plaisirs! Et, puisque tout ça est affaire de psychologie, il faut rester 'zen', trouver plein de distractions pour chasser les moments de manque, (boire un verre d'eau, manger une carotte croquante, faire du rangement, classer enfin ses papiers, travailler dur, apprendre une super recette, lire (les romans et surtout les nouvelles m'aident bcp, cela occupe l'esprit et ça fait voyager/rêver) bref, tous les moyens sont bon. Comme dit un copain (six mois d'arrêt): "la clope, il faut la botter en touche!"
C'est vraiment ça, pour ne plus être esclave.
Et peut-être comme ça vous n'aurez plus l'impression que le plus dur est devant vous. Vous avez arrêté, vous avez trouvé vos raisons d'arrêter et vous connaissez votre vraie motivation. Le plus dur est donc fait.

Tenez bon. Et bonjour la liberté!

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JacquelineB (VNI) (22 messages) Voir addresse IP de cet auteur
14-04-04, 13:57  (GMT)
2. "RE: Zyban ou gommes ou rien : se connaitre"
Tout à fait d'accord avec Axxxel et la réponse de .... ( excuses je n'ai pas ton nom sous les yeux).

Les substituts nous font croire qu'on peut faire l'économie de "volonté" nécessaire pour lutter contre la dépendance, et une économie de souffrance devant le manque.

Avec ou sans patches, ça ne change strictement rien pour moi au niveau du manque.

Sans patches c'est moi qui lutte contre ma dépendance et je me sens plus forte qu'elle et après chaque succés devant une envie soudaine, j'ai un sentiment très positif, je me sens capable de ...

Avec les patches, je subissais complètement les effets du manque malgré ma dose de nicotine.

J'avais déjà arrété de fumer en 87 après avoir réalisé que moi seule y pouvait quelque chose. Rechute en 2001. Cette fois c'est pareil, j'essaye depuis un an.

Mais j'ai de vraies motivations, très diverses, il ne manquait que l'énergie, et de réaliser encore une fois que moi seule y pouvait quelque chose. Je savais ce qui m'attendais ( j'en avais peur lors de mes dernières tentatives récentes ) et que je devrais me bagarrer contre ces sensations de manque. Le seul moyen de les vaincre définitivement, sans remplacer une dépendance par une autre.

Aussi je ne redoute pas de déprimer après l'arrêt du tabac, tellement je déprimais avant de ne pas y arriver.

Bon courage.

Jacqueline

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