Bonjour Phyl,Je n'ai pas encore cherché un tabacologue, peut-être parce que je vais mieux...
Je n'étais pas préparée, et cette déprime m'a prise par surprise, j'ai pris le temps de réfléchir pourquoi je réagissais comme ça et pour l'instant la position que j'ai prise m'aide. Si je devais subir à nouveau de tels moments, je pense que j'en chercherai un sérieusement.
Pour l'instant j'applique pour ma "tête" la même méthode que pour l'arrêt proprement dit, chaque fois que j'avais envie, je me disais : << tu sais que tu ne fumes plus et que tu ne fumeras plus jamais, alors mieux vaut en prendre ton parti tout suite, mais t'auto-énerver ne t'aidera pas >> Je me suis aussi appliquée à ne pas avoir de geste compulsif, j'ai justement évité les bonbons et les autres trucs à macher pour ne pas mâcher rageusement et me faire monter la pression, et comme on a le pouvoir de s'énerver on a aussi le pouvoir de se calmer. Les autres tentatives (20 ans et 10 ans) que j'avais faites étaient terribles car je me mettais la pression moi-même, j'allais jusqu'à chercher les mégots de gauloise de mon mari qui trainaient à même la terre depuis peut-être des mois, je suçais des sucettes continuellement, on aurait dit un fauve en cage. C'était impossible à gérer. Là comme Isa j'ai un paquet de cigarettes chez moi, ce n'est pas ma marque mais elles sont là, il y en a 19 dans le paquet et j'en ai pas pris une seule. Pour moi, le premier mois a été facile, j'ai juste eu un mauvais passage à cause du Zyban avec 2 cachets mais en en prenant qu'un seul c'est revenu normal.
Par contre j'ai failli tout faire rater car j'étais très pressée, je pensais qu'au bout des 3 semaines on retrouvais une meilleure forme physique, d'ailleurs certains disaient, j'ai une pêche d'enfer seulement au bout d'une semaine et moi j'attendais, plus j'attendais et plus je me sentais fatiguée et je n'avais que les effets négatifs du sevrage. J'ai commencé à voir tout en noir et c'est allé de mal en pis. Maintenant j'applique aussi les mêmes trucs pour ma "tête" << attends, ce n'est pas une vraie dépression c'est ton corps qui réagit, c'est peut-être aussi le zyban ça te refait comme quand tu en prenais deux ect.>> Je relativise et positive tout et CA MARCHE ! Je vais mieux. Cela me permet de mieux réfléchir à toutes les implications, elles ne sont pas toujours agréables mais c'est comme ça.
Je sais bien que j'ai une longue route à faire, j'ai voulu prendre la plus courte et il y avait de trous...
Il y a beaucoup de personnes qui écrivent pour exorciser leur névrose ou autre problème, j'aimerai bien trouver ce genre de livre sur la cigarette. Le vrai parcours du combattant. Certainement qu'il y en a déjà un. Ce n'est pas toujours les professionnels qui apportent la solution,j'ai trouvé bcp plus matière à m'aider sur le forum que dans le livre d'Allen Carr ou du Professeur Molimard même si tous les deux m'ont apporté quelque chose.
Pourquoi un jour on est capable d'arrêter alors que c'était impossible avant ? Mes explications me sont personnelles. Mais je pense que les problèmes que je cachais derrière mon écran de fumée étaient pressentis et qu'un jour j'ai eu suffisamment de lassitude envers le tabagisme, acquis aussi assez de sagesse et de capacité pour faire face à mes problèmes. Avant c'était trop tôt.
D'ailleurs maintenant que tu as soulevé cette question je trouve très curieux que les prétextes qui m'avaient fait commencer à fumer soient l'inverse de ce qui me fait arrêter. En effet, quand j'ai commencé, je trouvais ça très sophistiqué, cela me donnait une contenance (je n'avais que 16 ans et c'était l'immage qui était véhiculée) c'était une parure pour moi. Au contraire, les dernières années je ne supportais plus d'être prise en photo alors que je fumais, je trouvais que j'avais l'air d'une pouf... Quand j'étais avec des étrangers, je ne montrais pas que je fumais, j'en avais honte.
Alors que je n'avais pas pu arrêter pendant mes grossesses, je suis révoltée de voir les petits enfants de mon mari, environnés que de fumeurs pour eux il n'y a pas de choix ça va faire partie de leur construction psychique, de leur culture. Si encore il y avait une proportion entre les fumeurs et les non fumeurs, mais non, je suis maintenant la seule avec les petits à ne plus fumer.
Il y a également aussi toutes les autres raisons que tout le monde connait.
En résumé, je pense que dans mon cas, pourvoir faire tomber l'écran de fumée, c'était être apte, et surtout le désirer, à faire face à certains problèmes jamais résolus. Même si je bouscule maintenant un certain confort moral.
Encore merci pour ton aide.

A la poub ta clope !
coco une marsienne