Bonjour René,
Tout d'abord, bravo pour ces douze premiers jours.. ce sont souvent les plus difficiles, et ils sont derrière toi..
Pour ta question, je rejoins un peu l'avis de précédents posts.. quand on est au début du sevrage, chaque moment passé avec un fumeur est une nouvelles chance d'expérimenter, de consolider et de voir où sont les failles de ta nouvelle armure..
Pour te donner un exemple : 5 jours après avoir arrêté, il y a deux mois et demi, j'ai invité deux gros fumeurs à prendre l'apéro chez moi.. deux fumeurs qui voudraient bien arrêter et qui n'y arrivent pas.. et bien tu vois, c'était une très mauvaise idée.. j'ai replongé dans la demi-heure, et en plus ça m'a permis de me sentir proche d'eux ( je fais pareil), et de ne pas avoir à les "juger" ( pour moi aussi c'est trop dur).. le lendemain, la sensation de dégoût de moi-même était forte, et au lieu de continuer à me punir ( reprendre complètement la cigarette..) je me suis relançée dans la combat.. j'ai évité certaines situations pendant quelques jours ( pour moi c'était : les fumeurs qui veulent arrêter, les apéros chez moi, les sorties sans NTB à portée de main..) et tout a bien roulé !! ( ce n'est pas le cas de le dire..)
Je crois qu'il y a pour chaque individu, un seuil de tolérance à la frustration, qui peut sembler incongru aux autres, mais qu'il est important de connaître pour soi. La deuxième chose peut-être, c'est qu'il faut avoir, encore et encore, confiance dans nos capacités d'adaptation.. quand j'ai arrêté de fumer, je n'imaginais pas ( vraiment vraiment pas..) que l'on puisse passer une soirée avec des amis sans fumer, et que cela soit agréable, ou même supportable.. et bien deux mois après, j'ai pu dire, ça l'est, je n'y pense même pas et j'ai remplacé mes cigarettes par des choses dont je n'avais même pas idée ( tripotage quelconque de petits papiers, sourires et bisous pour tout le monde, main basse sur les biscuits apéro - avec modération tout de même-, ect..)
je suis heureuse sans tabac. Finger ITN ( lol) dans son post des 6 mois dit que son caractère et sa personnalité se sont modifiés.. pour moi aussi j'ai senti un changement perceptible de mes humeurs, une meilleure gestion de mes frustrations ( notamment en amour.. lol ) plus de douceur, de compassion et aussi de vie en moi, avec une volonté plus affirmée de mettre en place des solutions ( c'est important pour moi et aussi pour mes patients, même si je ne suis pas psychiatre mais orthophoniste, je peux te dire que les patients ont senti une différence..)
Bref, il y a tout à gagner à arrêter de fumer.. peut-être aussi que ces élucubrations au sujet de ce qu'il faut faire et ne pas faire sont dictées par nos cerveaux pour vivre encore un peu avec le tabac ( je sais pas si je suis très claire là..) Y penser,et surtout faire en fonction, c'est être encore très près du fumeur ( mais c'est normal au début, quand on s'éloigne du tabac, y'a un moment où mathématiquement, on en est encore proche !!) bref, pour te dire, que c'est possible de faire sans le tabac, et que très vite, tu n'auras plus de questions de ce genre, parce que vivre sans le tabac, c'est vivre vraiment SANS le tabac !!
en espérant avoir pu t'aider un peu, je te rappelle que
ON N'A PAS BESOIN DE TABAC POUR VIVRE !! non mais..
bon,je suis désolée de ce post, d'habitude je ne suis pas si longue, ni si "prêcheuse".. excès de zèle, mon capitaine!!
Bonne journée à tous !!
Béa, l'oiseau heureux !!