Petite Cloche, SalutJe vais te raconter une petite histoire et j'espère qu'elle ne sera pas trop longue pour toi.
J’ai 47 ans et j’ai commencé à fumer à l’age de 18 ans quand j’ai rejoint l’Université à Tunis. Cela a débuté avec une cigarette tous les trois ou quatre jours. C’était juste pour s’affirmer parmi mes copains. A l’époque, fumer c’était une façon de montrer et de confirmer qu’on n’était plus des adolescents mais plutôt des gens mûrs.
A bout de quelques mois, je suis passé au stade d’un paquet pour trois jours. A vingt ans je consommais 20-25 cigarettes par jour.
Quand j’avais 18 ans, je faisais partie de l’équipe nationale de gymnastique en Tunisie. A 22 ans j’ai tout quitté. Je n’avais pas progressé dans ma discipline (sportive). Deux ans plus tard, je suis parti en Angleterre. Là bas, j’avais commencé à abuser de l’alcool et du café. J’ai développé une association cigarette/café qui n’a pas cessé de de renforcer, à tel point qu’il m’était difficile voire impossible de ne pas allumer une cigarette dès que j’avais mon café devant moi.
Pendant les 15 années suivantes j’ai fumé toutes sortes de cigarettes à raison de 40-50 cigarettes par jour. A chaque fois qu’on essayait de m’interdire de fumer (soit au boulot, soit dans des cercles privés), je m’insurgeais et appelais cela « atteinte à ma liberté personnelle ».
J’étais « beau gosse » quand j’avais 18 ans mais je ne le suis plus car j’ai des yeux cernés, j’ai perdu des dents, mes doigts sont déformés…
Même ma femme fumait, elle aussi. (elle a arrêté il y a un mois et cela se passe bien pour elle).. Donc, même mon entourage immédiat n’encourageait pas à arrêter de fumer.
Et puis des signes ont commencé à apparaître :
1. il y a 10 ans, mon père a eu un ulcère d’estomac, causé par le tabac. Il a eu une opération et il a arrêté de fumer. Il se porte très bien maintenant malgré ses 80 ans.
2. En 1991, j’ai perdu ma belle mère… Une femme admirable… Elle était fumeuse passive. C’était son mari qui fumait mais c’est elle qui a attrapé un cancer du poumon
3. 1999, mon beau père mourut d’un cancer des poumons, lui aussi… Il avait tellement souffert, le pauvre. Pendant des mois, il toussait et crachait du sang.. Il ne pouvait pas faire plus de 10 pas sans s’arrêter.. Même quand il était allongé, le sang lui revenait à la gorge et il toussait de plus en plus fort. C’était les 6 derniers mois quand il a arrêté de fumer… C’était un grand gaillard de 1.80 m avec 92 kgs en février… En Septembre quand il nous a quittés, il ne pesait que 48 kgs…
C’était le déclic pour moi et je me suis vu en lui, avec les mêmes problèmes. C’était la frousse de ma vie, et je bénis en quelque sorte cette mort…
Je pris mon courage à deux mains et je jetais mon dernier paquet à la poubelle et je donnais mon briquet (c’était un briquet en or, très cher), à ma femme. Je lui annonçais que j’avais décidé d’arrêter de fumer… Il ne m’en croyait pas capable, les autres aussi.
A l’époque (novembre 1999) j’étais en congé et c’est ce qui m’a aidé à persévérer dans ma décision d’arrêter de fumer. Je restais à la maison sans rien faire sauf regarder la télé et grignoter toutes sortes de fruits secs et bonbons mentholés. Ce geste de ramener toujours quelque chose à ma bouche remplaçait le mouvement de la cigarette. J’ai toujours eu une forte volonté et je ne revenais jamais sur mes décisions (c’est le signe du bélier). Pendant 10 jours, beaucoup de choses ont changé et des nouvelles sont apparues. J’avais « perdu » en quelque sorte la mémoire… je n’arrivais pas à me souvenir de noms de gens qui m’étaient très proches, j’avais des difficultés de prononcer les syllabes, je balbutiais… Je me maîtrisais et ne cessais de me dire que j’étais plus fort qu’une simple cigarette, que si je continuais à fumer, j’allais finir comme mon beau père… J’aime tellement mes enfants que je ne suis pas prêt à les quitter si tôt, que je n’avais aucun droit de leur imposer ma fumée, …
Au bout de 10 jours ou peut être deux semaines, l’effet de la nicotine a commencé à s’affaiblir et les choses ont évolué positivement…
Je mange mieux, j’ai retrouvé la sensation du goût et de l’odorat, je dors mieux et je me sens en grande forme.. Je travaille 14 heures par jour sans me fatiguer.. Je suis devenu plus cool et je m’énerves rarement… Je me suis fait beaucoup plus d’amis… La cigarette ne me dérange nullement.. C’est comme si elle n’a jamais existé..
Toutes ces choses ont commencé après les six premiers mois… Je penses que tu devrais voir un médecin pour évaluer l’amélioration de tes capacités physiques… Même ma vie sexuelle a changé… (ici je ne peux pas développer)…
Donc Bon courage, il faut continuer… C’est ta bataille finale… Tu as gagné la guerre et maintenant il faut savourer la paix..