Tu as raison, je ne voyais pas les choses comme ça, et puis cette méthode ne m'a pas réussi. La dernière fois que j'ai arrêté de fumer ( pendant 3 ans ), ça a été radical. Mais alors, c'est pas simple ! Il faut pouvoir compenser le manque de nicotine, en étant hyper-actif par exemple. Je crois que j'ai suivi une méthode assez classique finalement : toujours s'occuper l'esprit ( pas de tv donc
) et un verre d'eau quand on a envie de fumer.Il faut se débarrasser de ses problèmes aussi, ça aide pas mal. C'est marrant, j'ai rarement entendu qu'un arrêt du tabac pouvait s'accompagner d'une psychothérapie. Pourtant, on ne fume pas seulement parce qu'on est accro à la nicotine. Si, essentiellment, mais c'est bizarre, je fume deux paquets par jour et il m'arrive de n'en fumer qu'un sans que je me sente en manque. A partir d'une certaine quantité, la nicotine n'est plus la seule responsable de notre dépendance. Le stress y est pour beaucoup, ou pire encore, on fume car on est en manque d'inspiration, ou pour s'occuper. De nombreux médecins vous dirons que c'est toujours lié à la nicotine, mais je n'y crois pas, car lorsque je ne fume qu'un paquet, je compense par le grignotage ou une autre forme d'addiction ( pas de drogue chez moi, mais des manies, je vais passer le balais trois fois par jour par exemple, ou je bois beaucoup d'eau ). Je veux dire que même sans cigarette, il me faut compenser mon stress, quelque soit le moyen utilisé ( ça peut être le sport aussi ).
Si c'est pas la cigarette, c'est autre chose, pas seulement pour comprenser le manque de nicotine, mais pour compenser un réel problème psychologique, une frustration par exemple. Je ne sais pas pour ceux qui ne fume qu'une dizaine de cigarettes par jour, mais pour les gros fumeurs, une thérapie serait indispensable.
Pourquoi fume t-on ? Parce qu'on est dépendant à la nicotine ? Oui, mais avec le temps, l'acte de fumer est aussi associé à des moments précis. Il est alors inconcevable de ne pas fumer après un repas par exemple. Cette acoutumance est presque la même que la décision de prendre une douche tous les soirs à 19 heures, et pas à 20 heures. Certes, à cette heure-ci, il y a les infos, mais imaginez qu'un jour vous ayez déjà écouté les infos à la radio un peu plus tôt, vous prendriez toujours votre douche à la même heure, question d'habitude.
Fumer permet d'avoir des repères : Quand la nuit tombe, on prépare le repas ( pas en métropole, du moins pas en ce moment mais bon, c'est un exemple ), quand on a mangé, on se met devant la tv, quand les infos sont finies, on prend sa douche et se brosse les dents, quand le réveil sonne, on ouvre les volets ... Tout cela n'est pas seulement indispensable parce qu'on doit travailler, se nourrir, s'informer et se laver. Ces activités sont aussi rassurantes, elles nous permettent de planifier notre journée et de gérer les imprévus. En outre, elles nous permettent de suivre des normes qui façonnent notre idée de la normalité, elles nous permettent de nous inscrire dans un environnement relativement formaté et rassurant de par ses nombreux repères auxquels ont peut s'accrocher.
Au bout d'un certain temps, la cigarette devient l'un de ces repères. La dépendance à la nicotine est un réel problème, mais n'est pas la seule accoutumance. L'acte de fumer est à lui seul une accoutumance.
Pourquoi allumons-nous une cigarette ? Par habitude donc, mais aussi dans d'autres circonstances que nous devrions mieux comprendre si nous voulons compenser ce manque. Aujourd'hui, tout le monde sait que le tabac est un danger pour la santé. Demander à un fumeur d'arrêter pour ces seules raisons, c'est comme si on demandait à un héroïnomane de cesser de se droguer sous prétexte que sa vie est en danger. S'il en est arrivé là, c'est surtout parce qu'il avait de sacrés problèmes psychologiques. Une seule expérience suffit pour être dépendant, c'est vrai, mais combien sont ceux qui ont de réels problèmes psychologiques à assumer ? Avant qu'ils ne deviennent dépendants, leur vie n'avait aucun sens. Le problème est le même quand on est un gros fumeur, à un moindre degré. Seulement voilà, on voudrait nous faire croire que la nicotine est la seule responsable. Ces effets du point de vue de la dépendance sont les mêmes que ceux de l'héroïne, c'est vrai. Mais n'avions-nous pas des problèmes psychologiques avant de fumer ? N'en n'avons-nous pas actuellement, si minimes soient-ils ?
Il faut faire un travail sur soi pour arrêter de fumer, et si nécessaire, suivre une thérapie. Mais les patchs rapportent et une thérapie coûte de l'argent. Ne nous laissons pas abuser par une politique préventive qui accroît les peurs collectives. Plus vous aurez peur, plus vous aurez envie d'arrêter de fumer, mais moins vous y parviendrez. Quand on est ou avons été un gros consommateur, le cancer, on n'a peu de chances d'y échapper, mais le tout est de pouvoir vivre le plus longtemps possible. Pour cesser de fumer ou diminuer sa consommation, il faut mener une vie équilibrée, il ne faut pas être trop angoissé. Une bonne thérapie vaut mieux qu'une peur qui nous condamne, nous, gros consommateurs, à mourrir d'un cancer.
Bon courage !
Felipe.