Bonjour,Comme je l'ai indiqué sur un autre post, je suis en voie de guérison suite à une rhinopharyngite carabinée avec une fièvre qui m'a clouée au fond de mon lit deux jours comme une pauvre chose agonisante...
Le médecin qui est venu n'a pas prescrit d'antibiotiques ; il aurait pu le faire, mais je sens à cet égard un net changement d'attitude des médecins vis-à-vis de la "folie" antibiotique qui a régné jusqu'à une époque récente. Par eilleurs, étant allergique aux macrolides, pénicillines et autres érythromycines, je ne vois pas ce qu'il aurait pu faire. Je n'avais donc plus qu'à crioser les doigts pour que le bobo - tout de même assez pénible - ne dégénère pas.
En fait, ladite folie a souventes fois provoqué chez bon nombre de patients une sorte d'amnésie très préjudiciable à leur bien-être ; on a oublié qu'il est normal d'être cloué au lit par la fièvre, et surtout que ça ne saurait se rétablir en deux jours... Pour moi, le médecin m'a conseillée de rester au calme sept à dix jours, et je ne peux m'empêcher de penser qu'il a raison, même si je me sens déjà mieux qu'hier.
On a oublié que le corps sait aussi se réparer tout seul, qu'une rhino virale constitue un entraînement du système immunitaire, et que donc il ne reste qu'à soutenir l'organisme pendant cette épreuve somme toute assez normale. J'ai connu une époque d'antibiotiques systématiques, je n'ai pas guéri plus vite pour autant... Et maintenant, je suis devenue une grande allergique aux antibiotiques !
Observons pour comprendre les tout-petits : ça, les rhinos, les otites, les bronchites, ils connaissent. Pas agrable, tout ça ! Mais si on les laisse faire, j'ai remarqué qu'ils avaient un instinct assez remarqueble pour récupérer ; ils dorment, mangent beaucoup moins, boivent beaucoup, comme s'ils savaient qu'il fallait reposer l'organisme. Et regardez-les comme ils sont une fois guéris : appétit insatiable, joie de vivre retrouvée... Pourquoi ce qui est valable pour des tout-petits ne marcherait plus à l'âge adulte ?
Mais non, nous, adultes, il faut du soulagement rapide, parce que nous n'acceptons plus de prendre le temps de nous retaper...
Finalement, les progrès de la médecine - merveilleux, cela va sans dire - ont eu un revers inattendu : on demande maintenant à la médecine de dépasser les capacités du corps humain à se réparer tout seul... pour aller plus vite !
Pourtant, une grippe, quelss soient les progrès de la médecine, vous mettra sur le flanc pour un moment. Masquer son épuisement à coups de remontant trompe la nature, mais il faudra toujours une quinzaine de jours pour récupérer, parce que la grippe est une agression du système immunitaire assez lourde, et qu'il faut du temps à l'organisme pour s'en remettre !
Je ne suis pas contre les médicaments, s'ils peuvent soulager, tant mieux, mais je suis pour laisser au corps le temps de se remettre sans le bombarder de remontants divers !
Une amie à moi procède ainsi : chaque fois qu'un de ses enfants tombe malade, bien sûr qu'elle appelle le médecin, mais surtout elle laisse son enfant se reposer, même s'il manque l'école une semaine ou deux. Pendant qu'il est malade, l'enfant a le droit de dormir tout son soûl, d'être gavé de câlins encore plus que d'habitude, bref, il peut se laisser aller. S'il n'a pas faim, pas grave, il se rattrape par la suite. Eh bien, ces enfants sont rarement malades par rapport à d'autres, et ils ne sont ni capricieux ni malades imaginaires. Ils donnent l'impression d'enfants sains, vigoureux, pourtant la mère ne les gave jamais de remontants. Peut-être leur donne-t-elle le droit d'être malades... Ce qui n'est pas le cas de tous les parents !
Un instituteur de ma connaissance me raconte des choses effarantes : il a renvoyé une enfant grippée et fiévreuse à la maison avec un mot bien senti à la mère sur le fait qu'une gamine grippée n'apprendra pas grand-chose. La mère a vigoureusement protesté ; elle ne pensait qu'au retard - tout relatif - que sa gosse allait prendre à l'école en manquant l'école une semaine. Que la petite fille ne soit pas en état n'avait pas l'air de la bouleverser...
J'ai une personne de mon entourage qui s'est vantée d'aller travailler avec une sinusite-bronchite et 39 degrés de fièvre et qui s'est retrouvée à l'hôpital une semaine après, les poumons enflammés, qui, pour le compte a dû s'arrêter trois semaines ! Elle proteste encore contre les médecins qui l'ont laissée "pourrir" au fond de son lit trois semaines, alors qu'il fallait ça pour qu'elle récupère !
Pourquoi toutes ces réflexions ? Parce que finalement, nous demandons à la médecine ce que nous ne pouvons exiger de notre organisme : nous remettre en état en deux temps trois mouvements, comme si la médecine avait un pouvoir magique alors que le corps humain sait bien bosser aussi si on lui laisse le temps !