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"sur la vision de la société des troubles psy"

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Forum : Schizophrénie (Protected)
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eugene (75 messages) Envoyer message email à: eugene Envoyer message privé à: eugene Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-10-02, 12:41  (GMT)
"sur la vision de la société des troubles psy"
Modifié le 27-10-02 à 12:46  (GMT) par D_Dupagne (admin)

bonjours à tous,

mon mail fait suite à la demande du dr dupagne

">un jour, il faudra revenir à ce terme de malade, que
>je trouve de plus en plus insuportable!

Bonjour Eugène,

La schizophrénie est considérée comme une maladie, et pourtant, vous noterez que je n'ai jamais employé le terme de malade sur ce forum (je n'ai pas vérifié, mais il me semble que j'y suis parvenu).
Pourquoi ? Avant de participer à ce forum, je considérais les schizophrènes comme des malades mentaux. Maintenant que j'ai appris à mieux vous connaître, ce terme me gêne aussi.
Pourtant, l'état de maladie confère une certaine protection : quand Isabelle rappelle dans un message qu'elle souffre de troubles cognififs, elle signifie qu'elle a des excuses à ne pas réagir comme tout le monde. De même, c'est bien son état de "maladie" qui lui a permis d'obtenir le reclassement qu'elle souhaitait et qui l'a (relativement) protégée des agressions de son supérieur hiérarchique.

Pourriez-vous lancer une nouvelle discussion sur ce sujet, en exposant votre point de vue ?

Bonne nuit,

Dr Dominique Dupagne
Administrateur du Forum"

quand on a une grippe, les personnes à qui on en parle nous demande comment nous allons. dans la plupare des maladies, la reaction de nos semblables est la compassion. quand on a des troubles psy, bien souvent c'est le rejet pur et simple. quand ce n'est pas ca, c'est quelquefois la curiosité (ca consiste en quoi comme maladie?), quelquefois le silence.
bref, etre "malade" de "ca" entraine pour ainsi dire jamais l'empathie (capacité instutive de se mettre à la place de l'autre) et rarement la compassion (capacité de ressentir la souffrance de l'autre, de l'accepter).

surement la vision que secrette la société sur les malades psychiques y ai pour beaucoup.
vous avez tous entendu dire "c'est un fou", pour designer le comportement, autement incomprehensible, d'une personne. actuellement, il y a l'emergence d'un phenomene sociale de tentative de meurtre sans mobile clair (la tuerie de nantere, le coup de couteau du maire de paris). quelle est l'imagerie sociale mise en avant: la maladie psy. n'avez vous pas entendu, a la tele, dire des agresseurs: "c'est des malades mentaux"?
que se passe t il dans nos filmes? bien souvent celui qui commet des actes atroces, celui dont l'identification, meme partielle, est impossible qui est il? un psychotique violent bien sur.
pour finir, je dirai que la vision qu'a la société de nous, c'est des gens dont il est impossible de se sentir proche, des gens qui n'ont plus d'humanité.

voila

au plaisir de lire vos reactions

didier eugene

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  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
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   RE: sur la vision de la société des troubles psy Anaitis 27-10-02 2
       RE: sur la vision de la société des troubles psy Laurence2 28-10-02 4
           RE: sur la vision de la société des troubles psy Anaitis 28-10-02 5
               RE: sur la vision de la société des troubles psy Laurence2 29-10-02 8
 RE: sur la vision de la société des troubles psy Daniel 28-10-02 3
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       RE: sur la vision de la société des troubles psy Anaitis 29-10-02 7
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   RE: sur la vision de la société des troubles psy Laurence2 04-09-04 11
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Texte des réponses

Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-10-02, 15:59  (GMT)
1. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Eugene,

pour ma part, le terme de malade ne me dérange pas puisque la schizophrénie est bel et bien une maladie. Les mauvaises réactions des gens viennent à mon avis du fait qu'ils la connaissent mal. S'ils disent "c'est un fou", c'est parce que ça leur fait peur et qu'ils ne veulent pas accepter que les maladies mentales peuvent toucher tout le monde, y compris eux et leurs familles. Si nous memes disons que nous ne sommes pas malades, c'est mettre de l'eau à leur moulin quand ils nous accusent de jouer la comédie, de manquer de volonté, etc...
Je suis d'accord avec toi quant aux préjugés liés aux maladies mentales et au fait que tous les criminels sont maintenant conduits à l'hp car c'est plus facile pour les gens "normaux" de se dire que le meurtre ne peut etre le fait que d'un fou et qu'une personne saine d'esprit est incapable de tuer. Mais tu remarqueras qu'on ne sait jamais de quoi souffrent exactement ces criminels (tu peux etre sur que s'ils étaient schizo ou autre, on le crierait sur tous les toits) et que parfois ils sortent de l'hp déclarés ne souffrant d'aucune pathologie mentale par les psychiatres, comme le meurtrier d'Holly et Jessica.
Je ne crois pas qu'il faille éviter de dire malade en parlant de nous car nous avons vraiment une maladie, il faudrait plutot changer les préjugés de la société concernant ces maladies. Beaucoup de gens s'y emploient, il y a notamment la semaine de la santé mentale en France, et 2001 était l'année de la santé mentale en Belgique. Rien de révolutionniare bien sur, mais si ça fait un tout petit peu avancer les choses, c'est déjà ça.
Si déjà les médias et les films pouvaient arreter d'associer schizophrène et méchant tueur en série, ce serait pas mal!
Et puis, pour moi, dire que je suis malade ou que je suis schizophrène n'est pas une étiquette comme beaucoup le pensent car je ne me réduis pas à cette maladie, je suis aussi beaucoup d'autres choses.
Laurence.

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Anaitis (73 messages) Envoyer message email à: Anaitis Envoyer message privé à: Anaitis Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-10-02, 21:51  (GMT)
2. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
>Bonsoir,
>
>pour ma part, le terme de malade ne me dérange pas
>puisque la schizophrénie est bel et bien une maladie. Les
>mauvaises réactions des gens viennent à mon avis du fait
>qu'ils la connaissent mal.

Cette phrase est très bien dite je pense. Les gens mettent souvent une étiquette sur des choses que ils maîtrisent mal. Ou alors parce que cela leur fait effectivement peur.

S'ils disent "c'est un fou", c'est
>parce que ça leur fait peur et qu'ils ne veulent
>pas accepter que les maladies mentales peuvent toucher tout le
>monde, y compris eux et leurs familles.

Si nous memes
>disons que nous ne sommes pas malades, c'est mettre de
>l'eau à leur moulin quand ils nous accusent de jouer
>la comédie, de manquer de volonté, etc...
>Je suis d'accord avec toi quant aux préjugés liés aux maladies
>mentales et au fait que tous les criminels sont maintenant
>conduits à l'hp car c'est plus facile pour les gens
>"normaux" de se dire que le meurtre ne peut etre
>le fait que d'un fou et qu'une personne saine d'esprit
>est incapable de tuer.

Il est vrai que c'est bel et bien une maladie, pour laquelle on trouvera bientôt un remède. Je ne crois pas que les personnes qui en souffrent soient fous, je crois que ils sont simplement différents, courageux de vivre avec au quotidien. Vous ne jouez pas la comédie et c'est normal de vous entir fatigués. Et je ne crois pas au manque de volonté, loin de là.
De voir comment beaucoup d'entre vous arrivent à s'en sortir, ce n'est pas un manque de volonté, c plutôt le contraire.
Les préjugés du public me gêne, surtout parce que je sais que l'ignorance fait souffrir beaucoup de monde sur terre.

Je crois que les personnes qui tuent sont vraiment ce que l'ont peut appeller des gens sans scrupules et sans sentiments réels. Comment peut on tuer???
Et les mettre en hp est la plus grande erreur, on les enferme en prison, mais ils sont nouris logés, blanchis. Ils devraient payer durement pou leur crime. Haaaaaaaaaaa les travaux forcés, ça ça les faisait réfléchir un peu...

Mais tu remarqueras qu'on ne sait
>jamais de quoi souffrent exactement ces criminels (tu peux etre
>sur que s'ils étaient schizo ou autre, on le crierait
>sur tous les toits) et que parfois ils sortent de
>l'hp déclarés ne souffrant d'aucune pathologie mentale par les psychiatres,
>comme le meurtrier d'Holly et Jessica.
>Je ne crois pas qu'il faille éviter de dire malade en
>parlant de nous car nous avons vraiment une maladie, il
>faudrait plutot changer les préjugés de la société concernant ces
>maladies. Beaucoup de gens s'y emploient, il y a notamment
> la semaine de la santé mentale en France, et
>2001 était l'année de la santé mentale en Belgique. Rien
>de révolutionniare bien sur, mais si ça fait un tout
>petit peu avancer les choses, c'est déjà ça.

En BElgique, il est vrai que il exsite une grande association qui s'appelle SImiles, mais elle est payante et n'est pas très efficace, elle fait bc aprler d'elle via les médias, mais en termes d'efficacité c'est presque zéro...

>Si déjà les médias et les films pouvaient arreter d'associer schizophrène
>et méchant tueur en série, ce serait pas mal!
>Et puis, pour moi, dire que je suis malade ou que
>je suis schizophrène n'est pas une étiquette comme beaucoup le
>pensent car je ne me réduis pas à cette maladie,
>je suis aussi beaucoup d'autres choses.


On voit bien que les personnes qui ont fait des films sur les troubles schizophrénques n'en connaissaient vraiment rien... Enfin, j'en ai vu un récemment qui s'appelle un homme d'exception. Il était pas mal mais ne cernbait pas tout à fait la maladie sous tous ses angles.
Mais il ne faut pas non plus nier que quelques personnes souffrant de schizophrénies sont quelque fois violents, j'en ai eu l'expérience avec le papa de mon pitit garçon. Et puis il y a plusieurs types de schyzophrénies.

Enfin, on fera peit être avancer les chose spetit à petit.

Bon courage,

Amitiés
Corinne


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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
28-10-02, 19:48  (GMT)
4. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonsoir Corinne,

je ne nie pas du tout le fait que les schizophrènes puissent etre violents. Et ils peuvent aussi très bien etre des meurtrieres, des pédophiles, des sadiques, que sais-je encore, mais comme absolument TOUS les etres humains; nous ne sommes pas différents des autres en cela. Ce que je ne supporte pas est qu'on pense que tous les schizophrènes sont de dangereux tueurs en puissance ou qu'on pense qu'un tueur est forcément un malade mental. Rappelons quand meme que, proportionnellement, il y a moins de criminels chez les schizophrènes que dans le reste de la poulation.
Quand je dis que les criminels n'ont pas leur place à l'hp s'ils n'ont pas de problèmes de santé, ce n'est pas parce que je pense qu'ils y sont "bien" mais parce que ça crée des amalgames et que ce n'est pas le role de la psychiatrie de s'occuper d'eux. Cela dit, je suis bien contente que les travaux forcés soient supprimés et je ne pense pas que la prison soie si agréable que vous le dites, demandez à des gens qui y sont passés si ce n'est pas payer durement que d'y etre enfermé. Bon, c'est un autre débat, mais vous pouvez lire "Médecin-chef à la prison de la Santé" de Véronique Vasseur et vous vous demanderez surement comment des choses pareilles sont encore possible à notre époque.

Il n'y a pas que Similes qui a participé à l'année de la santé mentale, il y avait aussi la fondation Julie Renson et d'autres. Dans ce cadre-là, il y a eu notamment un BD qui a été réalisée et qui s'attaque aux préjugés de la société concernant la schizophrénie.
Il y a aussi une action qui est menée pour l'instant dans les écoles secondaires pour amener les élèves à s'interroger sur la maladie mentale et à rencontrer des personnes en souffrant.
Le travail qui est fait est discret et c'est aussi à nous qu'il appartient, petit à petit, de faire changer les mentalités, en combattant les préjugés. Et il y a de quoi faire: une enquete a été réalisée dans le cadre de l'année de la santé mentale et 70% des Belges pensent que la santé mentale est une question de volonté!!! On n'est pas sorti de l'auberge!

Laurence.

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Anaitis (73 messages) Envoyer message email à: Anaitis Envoyer message privé à: Anaitis Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
28-10-02, 20:26  (GMT)
5. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
>Bonsoir,
>
>je ne nie pas du tout le fait que les schizophrènes
>puissent etre violents. Et ils peuvent aussi très bien etre
>des meurtrieres, des pédophiles, des sadiques, que sais-je encore, mais
>comme absolument TOUS les etres humains; nous ne sommes pas
>différents des autres en cela. Ce que je ne supporte
>pas est qu'on pense que tous les schizophrènes sont de
>dangereux tueurs en puissance ou qu'on pense qu'un tueur est
>forcément un malade mental. Rappelons quand meme que, proportionnellement, il
>y a moins de criminels chez les schizophrènes que dans
>le reste de la poulation.

Je n'ai jamais di le contraire.

>Quand je dis que les criminels n'ont pas leur place à
>l'hp s'ils n'ont pas de problèmes de santé, ce n'est
>pas parce que je pense qu'ils y sont "bien" mais
>parce que ça crée des amalgames et que ce n'est
>pas le role de la psychiatrie de s'occuper d'eux. Cela
>dit, je suis bien contente que les travaux forcés soient
>supprimés et je ne pense pas que la prison soie
>si agréable que vous le dites, demandez à des gens
>qui y sont passés si ce n'est pas payer durement
>que d'y etre enfermé. Bon, c'est un autre débat, mais
>vous pouvez lire "Médecin-chef à la prison de la Santé"
>de Véronique Vasseur et vous vous demanderez surement comment des
>choses pareilles sont encore possible à notre époque.
>

J'avais bien crompris ce que vous vouliez dire.

>Il n'y a pas que Similes qui a participé à l'année
>de la santé mentale, il y avait aussi la fondation
>Julie Renson et d'autres. Dans ce cadre-là, il y a
>eu notamment un BD qui a été réalisée et qui
>s'attaque aux préjugés de la société concernant la schizophrénie.
>Il y a aussi une action qui est menée pour l'instant
>dans les écoles secondaires pour amener les élèves à s'interroger
>sur la maladie mentale et à rencontrer des personnes en
>souffrant.

Le problème c'est que beaucoup de personnes ne sotn pas au courant de cela manque de pub...

>Le travail qui est fait est discret et c'est aussi à
>nous qu'il appartient, petit à petit, de faire changer les
>mentalités, en combattant les préjugés. Et il y a de
>quoi faire: une enquete a été réalisée dans le cadre
>de l'année de la santé mentale et 70% des Belges
>pensent que la santé mentale est une question de volonté!!!
>On n'est pas sorti de l'auberge!
>
Je sais très bien cela aussi...

Amitiés

Corinne


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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-02, 13:18  (GMT)
8. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Corinne,

je ne sais pas pourquoi vous vous sentez agressée, je continuais juste l'échange commencé, je n'ai jamais prétendu que vous ignoriez ce que je disais.
Bonne après-midi,
Laurence.

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Daniel (761 messages) Envoyer message email à: Daniel Envoyer message privé à: Daniel Voir profil de ce membre CLiquez pour envoyer message ICQ à ce membre Voir addresse IP de cet auteur
28-10-02, 09:35  (GMT)
3. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour à tous,

Facile pour tous de reconnaître une maladie quand on la connaît. Tous comprennent la maladie qu'il s'attendent à avoir grippe, angine mais aussi plus grave comme cancer, sida. Mais une maladie mentale? Non sûrement pas. Les fous sont classés "dans le même sac" et quelque soit les symptômes c'est un fou. Sans jouer sur les mots ces maladies qui attaquent le cerveau et leurs fonctionnements sont mal connus.
Les schizophrènes, je pense comme Laurence, sont des criminels?! il est évident qu'en fréquentant ce forum on se rend compte de la détresse, de l'amour, de la gentillesse de l'art...de l'intelligence et de la culture des schizophrènes. Je comprend le Dr Dupagne lorsqu'il dit ne pouvoir utiliser le terme de malade!!
Le plus grand nombre a décidé du monde normal et du monde malade et pour excuser "l'anormal" du monde normal on le décale dans ce monde malade, un peu simple en réalité mais toujours utilisé et sans complexe.
D'où cet interprétation de la schizophrénie qui fait peur puisque malade.
La schizophrénie est une maladie et un traitement existe comment ne pas utiliser ce nom de malade, le débat est lancé.


Amitiés

Daniel

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Meunier (21 messages) Envoyer message email à: Meunier Envoyer message privé à: Meunier Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-02, 09:54  (GMT)
6. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour,

Depuis ce matin, tout en travaillant, je suis en train de réfléchir sur ce débat Schizophrène/malade/fou etc... je n'ai pas de réponse. Il m'est simplement revenu en mémoire plusieurs épisodes de "crises" de mes deux personnes proches - pas forcément schizophrènes mais en tous les cas en souffrance psychologique - J'ai entendu dire "Mais x est fou !!" et lorsque j'ai expliqué "non, simplement malade..." j'ai vu le regard des autres changer. L'incompréhension et la frayeur voire l'agressivité sont "tombés". De toute façon, c'est pour moi la meilleure réponse à apporter à un enfant, par exemple. "Malade" = soins possibles. espoir. "fou" = anomalie congénitale.
La plupart ont peur de cette fragilité étalée au grand jour chez "l'Autre" puisqu'elle pourrait bien leur renvoyer l'image de leurs propres failles intérieures !
Regardez autour de vous, parlez à vos collègues, vos voisins... combien d'entre eux s'intéressent à la psychologie. Quelle image ont les psychiatres ? ...

Il y a du boulot sur la planche !

Bon... pour moi aussi d'ailleurs, il faut que je travaille car je passe un peu trop de temps sur le Net.
Bonne journée à tous !

Mattie

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Anaitis (73 messages) Envoyer message email à: Anaitis Envoyer message privé à: Anaitis Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-02, 11:22  (GMT)
7. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour,

c'est vrai qu' il y a encore beaucoup de pain sur la planche, mais je crois que avec de l'espoir, en partageant ses expériences et en aidant les autres nous puorrons faire avancer petit à petit tout ça.

Amicalement

Corinne

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Morgana (31 messages) Envoyer message email à: Morgana Envoyer message privé à: Morgana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-09-04, 15:16  (GMT)
9. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour à tous,
je suis assez d'accord avec tout ce qui s'est dit sur ce sujet,
les gens étrangers à la maladie, ceux qui ne la comprennent,
ont du mal à éprouver de l'empathie et de la compassion envers une personne
malade psychiquement, je crois qu'il faut utiliser le terme de maladie en parlant de la schizophrénie, il est important de dire que ce qui se passe à l'intérieur de notre cerveau et de notre pensée est indépendants de notre volonté.
Oui, parce que les gens ne s'en rendent pas souvent compte, mais nous souffrons réellement, ce n'est pas imaginaire, c'est réel.
C'est une souffrance qui nous accompagne chaque jour, à chaque moment de notre vie, mais vous savez si nous n'avions pas eu cette maladie, nous ne serions peut-être pas les personnes que nous sommes aujourd'hui, je crois pouvoir dire sans prétention que nous sommes parfois bien plus riches à l'intérieur de nous que la plupart des personnes qui ne sont pas malades.
Même si cette maladie est une souffrance, c'est aussi un don , enfin je crois, car elle nous a appris des choses et elle nous en apprendra encore.
Bien sûr, il y a des jours où on se demande ce que l'on a pu faire pour devenir schizophrène, on voudrais être "normale" et ne plus souffrir autant, en tout cas moi ça me révolte qu'on ne puisse éprouver de la compassion et de l'empathie envers une personne malade mentalement, parce que sa souffrance est aussi réelle que la personne souffrant d'un cancer ou du sida.

Amicalement

Morgana

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Julbilatoire (14 messages) Envoyer message email à: Julbilatoire Envoyer message privé à: Julbilatoire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-09-04, 18:59  (GMT)
10. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Eugène,

J'ai eu quelques "problèmes psychiques" il y a deux ans, soigné par antidépresseurs et neuroleptiques (que je ne prends plus aujourd'hui car tout va beaucoup mieux).
Quelle ne fut pas ma surprise ce matin, en discutant avec mon généraliste, lorsqu'il m'avertit de me méfier par exemple des questionnaires relatifs à un emprunt bancaire, du style "avez-vous déjà eu des troubles psychiatriques ?". Apparemment c'est à la limite de la légalité, mais en gros si on répond oui on s'expose à payer une sérieuse majoration. je trouve ça absolument dégeulasse, répugnant !! Bien sur, libre à nous de répondre non (ne pas répondre équivaut à se faire envoyer bouler pour le pret !!), mais je trouve ça symptomatique de la façon dont la société traite les affections (je n'ai pas dit maladie, hein ;) ) mentales.

Voilà, ça se trouve, ce sujet a été débattu il y a peu sur le forum ou alors ce n'est pas tout à fait l'exacte vérité... Merci de m'éclairer alors

Julbilatoire

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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-09-04, 19:38  (GMT)
11. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Jubilatoire,

ce genre de questionnaire ne se limite pas aux troubles psy, on demande aussi si on est fumeur, si on s'est fait opéré, etc... Tout cela est caution à majoration. Par exemple, dans le cas d'une assurance vie, la banque veut évaluer s'il y a plus de risques pour la santé chez une personne ou l'autre. Je comprends qu'il pose la question des troubles psychiques (puisqu'il le font aussi pour les autres maladies), vu les importants risques de suicide.

Cordialement,

Laurence

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Julbilatoire (14 messages) Envoyer message email à: Julbilatoire Envoyer message privé à: Julbilatoire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-09-04, 23:36  (GMT)
12. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Laurence,

Tu m'expliques tout ça trés froidement, mais ça ne te fais pas réagir ????
Tu trouves ça normal, qu'une banque, une compagnie d'assurance, que sais-je encore, puissent être au courant de l'état de santé (physique ou mental)
d'un de ses clients ?? Je suis peut-être bien naïf mais on m'a toujours parlé de la confidentialité du dossier médical d'un malade. J'imagine qu'on peut toujours répondre "non" à toutes les questions qu'ils posent, et qu'ils ne font pas d'enquètes auprès de médecins ou de la Secu...sinon ce serait une rupture du serment d'Hypocrate (ou un serment d'hypocrite...).
Je trouve ça abérant de faire payer plus cher à des gens le fait qu'ils soient, cardiaques, schizophrènes (peut-être pas fumeurs, quand même). On nait comme ça, on n'y peut rien, c'est déjà suffisamment douloureux... et en plus il faut que la société le stigmatise par le biais le plus cruel : l'argent, condition nécessaire de survie d'un individu ! Je trouve ça vraiment incroyable ! Enfin bon, on dirait que c'est le modèle américain qui nous grignote. En 2020, plus de Sécu !

Désolé pour cet emportement (ce n'est évidemment pas contre toi Laurence, tu l'auras compris), j'espère que ce n'est pas trop hors sujet (c'est plus "sur la vision de la société des malades, en général")...sinon je reposterais sur le forum éthique.

Julbilatoire (énervé et pas jubilant)

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D_Dupagne (14037 messages) Envoyer message email à: D_Dupagne Envoyer message privé à: D_Dupagne Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-09-04, 07:57  (GMT)
13. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour,

Vous êtes habitué à une société solidaire, ou chacun partage le sur-risque des autres dans des domaines importants comme la santé ou le chômage.

On ne paie pas de cotisations sociales plus fortes parce qu'on est fragile ou parce que l'on a un travail instable.

Ce n'est pas le cas partout (USA), ni pour tout (assurance auto en France).

L'assureur, privé, choisit de faire payer une prime proportionnelle au risque. En fait, pour ce type d'assurance, l'assureur ne veut aucun risque et refuse d'ailleurs les risques importants. A partir du moment où la loi l'autorise à moduler sa prime, un assureur qui ne tiendrait pas compte du risque ferait vite faillite (car il récolterait tous les gros risques).

Tout ce que nous pourrions demander, c'est que les assurances sur la vie ne tiennent pas compte de l'état de santé préalable, avec une franchise de 2 ans pour éviter les escroqueries aux assurances (souscrire une assurance dès que l'on apprend que l'on est atteint d'une maladie fatale). Mais ce n'est pas simple car certains opérations financières (immobilier) nécéssitent une garantie au premier jour.

Dr Dominique Dupagne

Administrateur du Forum

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Julbilatoire (14 messages) Envoyer message email à: Julbilatoire Envoyer message privé à: Julbilatoire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-09-04, 11:08  (GMT)
14. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Docteur,

J'ai complètement découvert cet aspect des choses et j'en ai une vision bien naïve et à fleur de peau, je l'avoue.
Néanmoins quand vous parlez de garantie pour des opérations immobilières (ou des emprunts...), ne me dites pas qu'il y a enquète auprés de la Sécu ou des médecins. Il ne s'agit que d'un contrat moral, non ?

Julbilatoire

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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-09-04, 11:45  (GMT)
15. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour Jubilatoire,

je n'ai pas dit que j'étais d'accord avec ce système (mais ça fait longtemps qu'on sait que les banques ne sont pas des enfants de choeur) j'expliquais juste que ce n'était pas discriminatoire envers les malades psy puisque tout le monde est dans le même bateau.
Bien sûr, tu peux mentir, mais si la banque l'apprend, je pense qu'il n'y a alors pas moyen de toucher l'assurance vie. Bon, c'est des trucs qu'on m'a dit, je ne m'y connais pas vraiment dans le domaine.

Amitiés,

Laurence

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Julbilatoire (14 messages) Envoyer message email à: Julbilatoire Envoyer message privé à: Julbilatoire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-09-04, 22:16  (GMT)
16. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
>je n'ai pas dit que j'étais d'accord avec ce système (mais
>ça fait longtemps qu'on sait que les banques ne sont
>pas des enfants de choeur)

Excuse moi de t'avoir un peu pris à parti. Je serais moins véhément la prochaine fois.

>j'expliquais juste que ce n'était
>pas discriminatoire envers les malades psy puisque tout le monde
>est dans le même bateau.

C'est au moins un point positif des banques ;)

Amitiés

Julbilatoire

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Felipe (634 messages) Envoyer message email à: Felipe Envoyer message privé à: Felipe Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
06-09-04, 01:15  (GMT)
17. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Modifié le 06-09-04 à 02:04  (GMT)

Modifié le 06-09-04 à 01:35  (GMT)

Bonjour,

Ce que vous dites tous est très intéressant. Personnellement, je crois que le terme de " malade " en ce qui concerne les schizophrènes est le plus juste. Par contre, c'est vrai que " malade mental " a une connotation fortement péjorative dans la société. Il est associé, je pense, à l'image négative du " fou " d'autrefois ( alors qu' aujourd'hui, on utilise souvent le mot " fou " pour faire des reproches à quelqu'un que l'on sait en bonne santé, d'où l'utilisation de ce mot par J.L de la Rue dans une de ses émissions, afin de rompre avec l'image trop négative que confère les mots " malade mental " °°). Quant à " schizophrène ", n'en parlons pas, c'est le diable en personne ( pour beaucoup de gens du moins ). Pourtant, c'est le terme qui caractérise le mieux notre maladie.

Ce qu'il faudrait, c'est qu'on entende plus souvent de la bouche des médecins qui passent aux médias ( ils sont de plus en plus nombreux ) que la schizophrénie n'est pas ce que les gens imaginent. Si deux ou trois journalistes avaient été les seuls à nous dire que le sida ne s'attrape pas en serrant la main du malade, je crois qu'aujourd'hui je ne dirais plus bonjour à qui que ce soit. La parole d'un médecin est primordiale. Elle atteste du bien fondé d'une information médicale.

Autre chose : nous n'avons pas à préciser systématiquement aux autres de quoi nous souffrons. Quand un salarié est mis en congés maladie, personne n'a à savoir ce qui justifie cet arrêt de travail. Quand une vague connaissance me demande ce qui ne va pas, je lui réponds que je suis gravement malade ( à quoi bon le cacher, si par exemple on arrête de travailler pendant plus d'un mois ? ) mais que ca n'est pas contagieux. Puisque c'est grave, notre interlocuteur comprendra qu'on ne veuille pas en parler ; et puis ne sachant pas ce qu'on a, il pourra imaginer ce qu'il voudra. De toutes façon, quand on est gravement malade, on est abattu moralement et la chimiothérapie est lourde. ça, les gens le savent ( ils pourront penser à un cancer par ex ).

Je ne dis pas qu'il faut mentir, il s'agit de ne pas tout dire.

A propos des banques et des assurances, je préfère ne pas y penser. Pas ce soir. Mais je crois que nous devrions sérieusement réfléchir à ce type de problèmes. Au sein d'une association par exemple°°°, afin de pouvoir faire des propositions au(x) gouvernement(s) et surtout, de manifester dans la rue ( cagoulés s'il le faut ), aux yeux des médias. Je ne sais pas comment ça se passe aux Etats-Unis, mais en France, c'est un bon moyen de sensibiliser la population à nos revendications, à condition d'être accompagnés du corps médical, voire de célébrités ( parmi lesquelles j'inclu les élus ).

Parfois, je me demande si ce serait pas mieux que des courts-métrage sur Arte ou une stèle à notre effigie ( je parle de la journée symbolique sur les maladies psychiques, qui est mieux que rien, je le conçois ).

Cordialement.

Felipe.

Notes :

°° mais malheureusement, le mot " fou " avait un sens péjoratif dans le titre de l'émission.

°°° On peut y réfléchir ici aussi, je voulais dire qu'il serait bon de mettre en place une structure de revendications politiques à la hauteur des enjeux. Et si toutes les associations s'unissaient ?

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la (14 messages) Envoyer message email à: la Envoyer message privé à: la Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
06-09-04, 13:12  (GMT)
18. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Salut à tous

Un jour, j'ai demandé à mon psy comment je devais me présenter aux autes et à la société. Devais-je dire que j'avais des troubles psychiatriques (même sans préciser lesquels) ? Il a répondu sans aucune hésitation que NON. Actuellement, je travaille à me former une autre image de moi même pour les autres et pour moi même. Je pense que c'est le mieux. L'avantage d'être reconnu travailleur handicapé m'a permis à accéder sans frais à une formation qui m'intéresse....
Au niveau des prêts bancaires, je précise que QUICONQUE n'a que des allocations familliales pour vivre (ou pour survivre !) ne peut y prétendre, car la capacité de remboursement du prêt est nulle...les banquiers ne sont pas fous !

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thyraguselo (65 messages) Envoyer message email à: thyraguselo Envoyer message privé à: thyraguselo Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
06-09-04, 20:47  (GMT)
19. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour à tous,

Je suis personnellement frappé par les différences entre les gens en matière de connaissance de la schizophrénie.

Je pense que, grâce à quelques émissions de télé salutaires (je pense aux émissions de Jean-Luc Delarue notamment), les gens ont maintenant une vision de la schizophrénie à peu près claire (en tous cas j'espère), mais il faut dire quand même qu'il est (et qu'il sera) toujours impossible pour les gens "normaux" de comprendre les délires de schizophrènes sans en avoir peur, sans éprouver un sentiment "d'inquétante étrangeté" vis à vis de ce qu'il faut bien appeler folie, et vis à vis de la différence en général.

Bien sûr il y a ces satanés films (américains)dans lesquels les criminels sont schizophrènes, bien sûr il y a cette émission sur les assassins célèbres, et dans laquelle un jour (récemment), un journaliste avait dit qu'un schizophrène était quelqu'un qui pouvait "vous donner un coup de couteau et vous demander ensuite si ça vous (avait) fait mal" (sic)

Mais cette vision du schizophrène est, je pense, derrière nous.

Toutefois, le mot fait peur: je me souviens de ce moment où ma mère avait dit à mes grands parents que j'avais eu un "passage à vide", un "moment de déprime", sans oser employer le mot "folie" ou "schizophrénie".

Je me souviens aussi de cette fois où je m'étais retrouvé devant une conseillère de l'ANPE qui, quand je lui avais dit "je suis schizophrène sous médicaments, je dors douze heures par jour, jai fait une crise...etc.", m'avait répondu "mais maintenant c'est fini tout ça!"

Je pense à ma petite voisine qui, depuis qu'elle sait que je suis schizophrène (le jour où j'ai volé le camion de son père alors que je me croyais poursuivi par des esprits), n'ose plus me dire bonjour droit dans les yeux.

Je pense à une autre voisine qui, depuis qu'elle a eu vent de mon histoire, me dit bonjour avec un grand sourire compatissant (genre "les débiles ont besoin d'affection"): parfois je regrette le temps où elle détournait le regard froidement.

Concernant l'emploi de ce mot "malade": je l'emploie souvent (c'est vrai qu'il n'y en a pas d'autres et qu'il est même un euphémisme pour "fou")et, jusqu'au moment où j'ai lu ce message, je le faisais sans arrière pensées.
Le mot est "confortable" en de nombreux points: ça donne une excuse, une justification de notre comportement, ça donne une identité sociale, un statut presque "christique", ça nous donne une certaine conception de nous-même (notamment au niveau de l'espoir: un "malade" peut toujours guérir). Mais il pose une barrière, une barrière entre les gens "sains" (ce mot est lui aussi, quand on y pense, horrible) et les autres, une barrière subjective que chacun place où il veut.

J'ai dû remplir, il y a quelque temps, un questionnaire de santé pour être accepté comme professeur de français en Angleterre.

A la question: "avez-vous eu des problèmes psychiatriques?", j'ai menti: j'ai dit non. Puis j'ai eu des remords, je me suis dit que le statut de "prof" serait trop dur à porter pour quelqu'un comme moi. J'ai eu peur: peur d'influencer mes futurs élèves, peur de refaire une crise sous la pression de l'environnement scolaire. J'ai donc abandonné le projet d'être prof.

Puis j'ai voulu être chauffeur de taxi: j'ai dû passer une visite médicale et, quand le médecin m'a demandé si je prenais des médicaments, je lui ai dit "oui, du risperdal": plus que son "verdict", c'est l'attitude du médecin qui m'a déplu, son changement de ton. Il est devenu beaucoup plus froid, distant.

Je dis à tout le monde que je suis schizophrène, avec parfois une attitude psychologique malsaine: il est vrai que dans le milieu de petits bourgeois étudiants en lettres dans lequel je suis, ça fait presque "classe" d'avoir des problèmes psychiatriques (genre Van Gogh, Nietzsche), beaucoup de gens aimeraient être "malades" (mentalement): ça donne une originalité, une identité.

Voilà, une fois de plus j'ai rédigé un message (trop)long, mais j'espère avoir dit l'essentiel, dans une discussion qui, je pense, est sans fin.

Nicolas.

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rose_noire (254 messages) Envoyer message email à: rose_noire Envoyer message privé à: rose_noire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
06-09-04, 21:24  (GMT)
20. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour à tous,

Je ne vois pas du tout en quoi les termes de "maladie" et de "malade" sont gênants. Depuis quand doit-on s'excuser d'être malade ? Personnellement, je n'en ai pas honte, et si la société trouve qu'être malade est honteux, c'est elle qui a tort. Bien sur, je suis prudente, je parle de maladie nerveuse ou de "troubles" sans aller plus loin avec la plupart des gens, c'est comme ça que je présente ma schizophrénie à mon copain par exemple.
Je crois que quand les gens penseront en terme de maladie et non pas de "fou" ou "pas fou", on aura déjà fait un grand pas. C'est comme ça que des troubles tels que les tocs, les phobies ou le syndrôme Gilles de la Tourette commencent à se faire accepter par le public. L'autisme a lui aussi une bonne image. Je rêve du même statut pour la schizophrénie dans l'esprit des gens, je pense qu'avec plus d'information (et moins de désinformation), c'est possible.
Le problème, c'est que c'est à double tranchant. Présenter des schisophrènes ayant des troubles très importants, et donc différents de personnes normales, est discriminant, mais en même temps, cela rassure les gens normaux parce qu'ils voient bien la différence avec eux-même, et ils peuvent se dire avec certitude qu'ils ne sont pas fous. Leur présenter des gens qui comme moi, sont extrêmement proches de la normalité, permettrait peut-être une meilleure acceptation, mais les gens seraient touchés au plus profond d'eux-mêmes. Cela entretiendrait la peur viscérale qui est au fond de chaque être humain, d'être fou. En gros, un fou qui à l'air normal est plus inquiétant qu'un fou qui a l'air fou. D'où l'importance du concept de maladie pour dédramatiser les choses à mon avis.

Bonne soirée à tous,

rose noire

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fande (30 messages) Envoyer message email à: fande Envoyer message privé à: fande Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
07-09-04, 14:20  (GMT)
21. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour à tous,
Moi je ne cache le diagnostic, j'en ai même parlé à mon employeur.Et ce c.. m'a répondu "êtes vous violent?" , il veut maintenant me licencier "à l'amiable" , de toute façon mon poste (à cause de mes troubles) était devenu infernal .Je n'ai pas remis les pieds au boulot depuis deux ans ...Je suis en longue maladie pour le moment, j'ai quand même cherché un poste avec ma reconnaissance COTOREP , mais cela n'a pas été frutueux, l'association OHE PROMETHE ne peux pas m'aider tant que reste salarié .
Mais j'ai la chance d'avoir une femme qui me comprend et qui est ma moitié!
Donc revenons au sujet , je pense "que toute vérité n'ai pas bonne à dire", la schizo n'est pas comprise du grand public alors que la dépression l'ai un peu plus (à mon avis ).
Je pense que rose noire a raison de rester évasive sur sa maladie (le mot ne me fait pas peur), mais moi je ne pouvais plus cacher mes angoisses , c'est pour cela que j'ai preféré tous déballer avec les conséquences que vous connaissez ...
A bientôt !
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Felipe (634 messages) Envoyer message email à: Felipe Envoyer message privé à: Felipe Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
07-09-04, 16:01  (GMT)
22. "RE: sur la vision de la société des troubles psy"
Bonjour,

En y réfléchissant un peu plus, je me demande si nous ne devrions pas anticiper une éventuelle évolution vers le système américain. Défendre nos intérêts, faire reconnaître nos droits est important, mais nous savons que nous ne changeront pas le monde. Je veux dire que nous pourrions continuer de prétendre à la solidarité nationale et à plus d'informations destinées au grand public tout en anticipant le pire ( selon moi ). Il faut savoir être réaliste. Si 99 pour cent des gens ne sont pas schizophrènes, le pourcentage de personnes concernées par cette maladie est donc dérisoire. De plus, le marché du travail est loin d'être parfait, en faire partie demande aux gens beaucoup d'investissement. La solidarité et une plus grande compréhension des problèmes d'autrui ne sont pas une priorité, l'important étant de penser à son confort personnel. Alors, pourquoi ne pas essayer de tirer partie nous aussi de ce système où l'individu ne peut compter que sur lui pour assurer sa survie au sein de la société ?

On dit souvent que le communautarisme augmente. Mais s'il est considéré comme une régression de nos sociétés, ce phénomène s'explique aussi par les difficultés actuelles de nombreuses personnes à faire valoir leurs droits. Je ne parle bien évidemment pas des fanatismes en tous genres ou des pratiques illégales. Je pense au communautarisme des minorités aux Etats-Unis, qui s'expriment dans la légalité. Croire en un monde composé d'individus solidaires les uns des autres est utopique ( on a vu ce qu'à donner le communisme ). Aujourd'hui, la mondialisation est à toutes les sauces. Les gens aimeraient croire en une société unique sans conflits ni préjugés. Or, c'est impossible ( et pas souhaitable ). Il est normal que des groupes d'individus défendent leurs intérêts. On critique souvent les mesures discriminatoires prises par un gouvernement envers un groupe d'individus ( et l'on préfèrerait que l'Etat s'occupe de la nation, de la société dans son ensemble ), pourtant, cela atteste d'une plus grande démocratisation de nos sociétés. Le citoyen ne s'exprime plus seulement à travers le vote, il donne son opinion tout le long d'une mandature.

Ce qui est dangereux par contre, c'est qu'un gouvernement ne tienne compte que des intérêts d'une communauté. D'où la nécessité aux autres communautés d'exercer elles aussi une influence sur le pouvoir en place. Je ne voudrais pas que l'on remette en question l'intégrité de la république, je souhaiterais que l'on tienne compte de toutes ses multiplicités. Le paradis terrestre n'existe pas.

Les communautarismes actuels sont le fruit d'une trop grande libéralisation de nos modes de vie. Les responsabilités qui incombent à un individu sont énormes, pourtant, de nombreux moyens sont mis en oeuvre pour contrôler au quotidien le travail de chacun. On octroie ( ou concède ) un certain rôle à quelqu'un, mais refusons d'admettre qu'il est capable de l'assumer. Un exemple : les enseignants jouent un rôle primordial dans l'avenir de nos enfants, mais leur travail est dévalorisé par une plus grande implication des parents dans le système scolaire, qui, bientôt, pourront peut-être décider de l'emploi du temps de leur enfant.

Bon, je veux dire qu'un certain repli communautaire ( si ce terme est le plus approprié ) permet de faire face aux égoïsmes qui caractérisent un système trop libéral ( je ne dis pas ultra-libéral, la France n'est pas les Etats-Unis ).

Je me demande en fait si nous ne devrions pas, en plus de communiquer nos doléances, essayer de nous adapter à notre époque. Les gens qui ne sont pas concernés par la schizophrénie peuvent très bien mieux nous comprendre un jour, mais je doute que nous ayons leur soutien à propos des changements structurels que nous désirons. Ils peuvent comprendre que nous sommes capables de travailler par exemple, mais ils se fichent complètement que nous soyons mal payés ou que nous n'ayons pas la possibilité de faire un crédit. Alors je ne sais pas, on devrait trouver de quoi faire pression sur le gouvernement. Mettre toutes les associations déjà existantes en réseau par exemple, ouvrir un débat public en vue de donner du poids à nos revendications.

Nous sommes malades, mais pouvons assumer nous aussi les problèmes que cela suscite.

Cordialement.

Felipe.

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