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"retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"

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Forum : Schizophrénie (Protected)
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OlivierB (13 messages) Envoyer message email à: OlivierB Envoyer message privé à: OlivierB Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-01-04, 15:29  (GMT)
"retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Modifié le 30-01-04 à 17:26  (GMT)

Bonjour,

je suis Olivier, 40 ans, parent d'un garçon de 18 ans. Je suis intervenu la première fois sur ce forum (discussion : "de l'attitude du parent")en mai dernier. Je vous avais raconté alors l'hospitalisation de mon fils suite à une bouffée délirante, mes inquiétudes quant aux signes qui avaient précédé cette BDA qui laissaient craindre une entrée dans la schizophrénie, puis le retour à la maison, et le traitement (risperdal).
Je veux aujourd'hui compléter le récit arrêté depuis juin.

Après des vacances un peu stressantes pour tout le monde (mon fils et ma compagne ont des relations très tendues, j'y reviendrai), mon fils a décidé de reprendre sa scolarité interrompue : redoublement en 1ère STT, mais malheureusement, dans le lycée où il était précédemment et où il avait déliré (pas moyen de trouver de place ailleurs)...

rapidement, il a fallu se rendre à l'évidence que soit les effets sédatifs du risperdal, soit son état de santé -ou les deux- rendaient les choses difficiles : se lever le matin, certes, mais aussi rester en classe : agoraphobie pourrait-on dire, crainte du regard des autres sûrement, problèmes pour se concentrer, pour lire, impatiences et nécessité de se lever ont fini d'avoir raison de sa motivation à reprendre les cours. Fin octobre, je l'emmenais en cours à 8 heures, il reprenait le bus en sens inverse pour rentrer à la maison.

Début novembre, j'ai accepté qu'il cesse les cours, au moins provisoirement. Dans la même période, je trouvais que son état se dégradait, malgré le traitement : outre ce que je viens de décrire, une hygiène personnelle plus lâche, un retour de l'agressivité avec intolérance à la frustration (le mot "non" est un mot difficile à prononcer pour moi ET à entendre pour lui...), un visage qui se ferme, bref...plein de petites choses mises bout à bout qui m'ont fait craindre une rechute...

un jour, suite à une sévère engueulade entre nous deux, il a accepté de prendre un rendez-vous avec un thérapeute, il y est allé une fois et n'a pas souhaité y retourner.
J'ai fait alors part par écrit de mes inquiétudes au psychiatre qui le suit au CMP...ce dernier l'a reçu et a...arrêté son traitement !
Je mets un point d'exclamation pour montrer quelle fut ma surprise. C'était il y a deux mois.

De fait, mon fils semble se porter bien mieux aujourd'hui. Il dit ne plus ressentir les effets décrits plus haut. Pour autant, il n'a pas retrouvé une franche motivation côté scolarité. Il a fait son entrée dans le monde des demandeurs d'emploi, attend un stage dans l'hôtellerie, mais ne se mobilise pas beaucoup pour trouver du boulot. En fait, je fais (presque) tout pour lui, et je me dis que j'ai sans doute tort...

Je suis partagé d'un côté entre le motiver, le pousser, parfois de façon véhémente, lui demander de se bouger, et de l'autre, prendre en compte ce qui lui est arrivé et qui est peut-être à l'origine de ce manque de ressort (pour le reste, il sort avec des copains, il a une vie sociale, donc on ne peut pas dire qu'il est apathique toute la journée).

Je me sens d'autant "pris entre deux feux" que ma compagne et lui ne s'entendent pas du tout (cela remonte à avant la maladie). Cela est facteur de stress dans la famille ; pour ma compagne, mon fils n'est pas, ou plus malade : pour schématiser, car ce ne sont pas ses mots, c'est juste un fainéant qui "profite" de la situation et de la "bonté" supposée de son père...

tout ça (c'est long, je sais, désolé...) pour dire que je vis la période actuelle sur mes gardes : je guette le comportement de mon fils, à la recherche de signes qu'il va bien ou au contraire qu'il pourrait aller moins bien car depuis qu'il n'a plus de traitement, ma hantise est qu'il rechute...

Je me dis que si le psychiatre a pris la décision d'arrêter son traitement après 6 mois "seulement", c'est qu'il a considéré qu'il y avait plus de problèmes que d'avantages...j'espère qu'il n'a pas fait ça "pour voir"...

et puis, j'essaie de faire comprendre à ma compagne que mon garçon n'aura peut-être jamais le "dynamisme" d'autres jeunes gens, qu'il ne faut pas lui en vouloir pour autant et qu'il n'est pas un "simulateur"...

mission impossible pour l'instant. J'ai lu une récente discussion sur le thème de la "fainéantise", reproche dont sont accablés bon nombre de malades...dans cette société de performance à tout propos, cela ne passe plus pour un handicap, mais pour une tare. Si ils savaient votre courage...

Merci de m'avoir longuement lu.
amicalement,
Olivier

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  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
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Texte des réponses

catoue (1 messages) Envoyer message email à: catoue Envoyer message privé à: catoue Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
01-02-04, 15:22  (GMT)
1. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour olivier,
Votre desaroi résonne beaucoup pour moi car nous vivons sensiblement la même chose avec notre fils de 18 ans et en tant que parents et que nous nous retrouvons dans votre témoignage.

Je peux seulement vous faire part de notre vécu, que j'ai relaté "adolescence et schizophrènie " il y a qq semaines, en y apportant des précisions et en y donnant une suite.
En ce qui concerne la reconnaissance de la schizophrénie de notre fils, les avis divergent tant au niveau des médecins que nous, en tant que parents.
Le dernier médecin vu la semaine passée( neurologue - psychanalyste ), qui a eu entretiens avec notre fils, nous a tenu ces propos ( je résume ):

qu'il ne pensait pas que notre fils était schizophrène mais qu'il souffrait de psychose(s)et de troubles, et que ces manifestations de colère étaient des manifestations d'angoisse, qu'il fallait absolument qu'il modère sa consommation de zamal ( herbe locale - 5/6 fois par jour )) et proscrive les champignons.

Mais que malade ou non, nous ne pouvions accepter de vivre dans une ambiance paranoîde destructrice pour tous les membres de la famille ( notre fils y compris), qu'il fallait mettre des cadres et des règles, et surtout être en accord en tant que parents, et que si notre fils ne les respectait pas, il fallait qu'il s'en aille.
Qu'il se demandait aussi si notre fils n'avait pas besoin de toucher le fond pour s'en sortir.

Mon mari pense aussi que notre fils n'est pas schizophrène même s'il reconnaît qu'il a effectivement des troubles, des psychoses et des difficultés ( comme beaucoup )mais qu'il se laisse vivre ( pas qu'il soit paresseux )avec l'aide du cannabis,surtout ne pas se confronter à la réalité, qu'il en joue qq part ( surtout avec moi ) et que nous devons lui permettre de trouver en lui ses propres ressources m^me si pour cela nous devons le mettre à la porte ( idée que j'ai parfois du mal à accepter et pourtant et si...).

Pour ma part, je suis perplexe ( notre fils passe d'un extrême à l'autre, dans mon précédent message, nous étions dans une autre réalité )car je dois reconnaître que notre fils sait réagir lorsqu'il sent qu'il n'a plus le choix : d'ailleurs, il vient de s'inscrire pour un bilan de compétences, va mieux au niveau du comportement, ne fait plus preuve d'agressivité et fait des efforts pour respecter la maison....seulement je ne lui donne plus d'argent depuis 15 jours, lui ai relaté notre entretien avec le médecin ( a eu l'air soulagé )et lui ai dit que cela ne pouvait plus durer comme cela, qu'il allait devoir partir à un moment ou à un autre .
Bien sûr, nous ne savons pas s'il y aura de la continuité dans sa demarche...et ce que sera demain.

Pour reprendre votre message : je pense que vous maternez trop votre fils. C'est un jeune majeur. Vous n'avez pas à faire les choses pour lui ( entre l'encourager et le faire ou le decider pour lui, ce n'est pas pareil ) d'ailleurs a-t-il besoin de vous pour sortir avec ses copains ?
Vous avez du mal à lui dire non et il n'aime pas entendre ce non ( j'ai beaucoup de mal à lui dire aussi et je me fais avoir constamment mais cela va mieux depuis que je me fais aider par une psychologue qui me dit ausi d'arrêter de me conduire comme la mère d'un malade mais de me conduire comme une mère tout court )et pourtant.... Votre fils n'a-t-il pas besoin que vous gardiez une certaine distance avec lui ( un regard extérieur ), ne vous semble-t-il pas que vous vous impliquiez trop dans sa vie ? que vous soyiez trop présent ? à l'écoute, voire dans l'attente, de ses moindres angoisses ?
Comment se comporte-t-il à l'extérieur du milieu familial, avec ses copains par exemple ?
Mon mari et moi sommes souvent en désaccord en ce qui concerne la meilleure attitude vis à vis de notre fils et en fait je sais que mon mari me reproche constamment de ne pas lui donner de place, sa place. Et je pense qu'il a raison et quand agissant ainsi, c'est destabilisant pour notre fils. D'ailleurs lorsque je fais attention, la tension tombe.

Je ne sais pas si je vous ai aidé,tout cela est à bien des égards compliqués et difficiles et nous sommes tous un peu perdus.
Courage
Catoue
Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire sur mon email perso.

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restedemoi (0 messages) Envoyer message email à: restedemoi Envoyer message privé à: restedemoi Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
03-02-04, 22:59  (GMT)
2. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonsoir,
Je voulais juste vous dire qu'en tant que jeune schizophrene, je trouve plutot mal placé de la part de votre psychologue de vous avoir conseillé d'oublier sa maladie ds les relations que vous entretenez avec votre fils.
Je pense que ns avons besoin de plus de douceur et de comprehension que la moyenne et sommes plus sensibles aux difficultés.
D'autre part, je comprends que votre situation soit particulierement difficile mais mettre a la porte un psychotique (qui ne se soigne pas si j ai bien compris, et surtout qui se drogue aux hallucinogenes) ca ne peut etre que nefaste pour lui. Il a besoin de repere avant tout, et d'amour (meme si il ne le montre pas). Je ne veux surtout pas vous juger mais je pense qu'il a surtout besoin d'avoir quelqu un qui pourrait le soutenir si le besoin s'en ressentait.
Amicalement,
Sandie
ps : biensur, mon avis n'est pas forcement très approprié, je ne suis pas ds votre situation. Mais je tenais a vous fre part de mon ressenti.
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MISTY (3 messages) Envoyer message email à: MISTY Envoyer message privé à: MISTY Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-02-04, 19:27  (GMT)
4. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Catoue

Nous avons mis notre fils à la porte, il avait 18 ans et cela à plusieurs reprises, pendant deux ans, pourquoi l'avoir repris me direz-vous, par ce qu'il était dans un état de clochardise épouvantable, parce qu'il était devenu d'une maigreur anorexique, et qu'en tant que parents on n'avait pas la force de le laisser dormir dans ses cartons la nuit, dehors… et qui peut le faire ? Nous avons vécu, je peux parler de prise d'otages, oui c'était ça, nous étions psychologiquement pris en otages par notre fils, lorsque les choses allaient trop loin, je parle de violence, nous le mettions à la porte, pour le reprendre un peu plus tard, mais il n'était pas en état de trouver du travail, et il ne pouvait se protéger, nous l'avons fait hospitaliser deux fois, ce fut le parcours du combattant pour le faire hospitaliser… je vous passe le périple, les menaces proférées à l'encontre des médecins, qui semblaient presque dire que c'était nous qui étions malades au début… Après sa deuxième hospitalisation qui date de mai 2003 jusqu'au 30 Juillet, nous avions acheté un studio, (on pensait à notre retraite), mais nous lui avons laissé pour qu'il s'y installe… mais pour l'instant il vit toujours chez nous, mais progresse à vitesse grand V, il sort, va au cinéma, dort parfois dans son studio, s'achète de quoi manger… son psy du CMP, dès le départ, suivi par lui depuis Août nous a immédiatement reçu avec lui alors qu'il est majeur, et nous a dit qu'il ne fallait pas se précipiter pour le faire travailler, Julien le voit régulièrement et de temps en temps nous sommes conviés à venir avec lui à cet entretien… cela ne rejoint pas ce que vous dites Catoue… nous sommes à l'opposé, nous aurions eu envie de faire comme vous au départ, mais le médecin ne nous a pas du tout encouragé dans ce sens là, et il semble que finalement pour Julien notre attitude soit une très bonne chose, je crois qu'il faut tenir compte de la personnalité de l'être et de ses besoins… Mais ça ne nous empêche pas d'avoir des exigences vis à vis de lui… Depuis début Janvier son traitement a été baissé de moitié et normalement au mois de Juin il devrait d'après le psy arrêter tout traitement… Il commence depuis quinze jours à parler de recherche de travail… de vivre dans son studio, de payer un loyer, là il est parti dans une autre ville à 400 Km rendre visite à de la famille, c'est un vrai changement et nous sentons qu'il a très envie de prendre son envol, donc de vivre sans nous et cela nous fait un réel plaisir son besoin d'indépendance…

Un petit clin d'oeil pour votre réflexion qui m'amuse personnellement, quand vous dites "mon mari me reproche de ne pas lui laisser sa place" j'ai eu souvent ce genre de réflexion, mais mon mari a fini quand même par comprendre, que c'était à lui à la prendre sa place et non pas à attendre que je lui déblaie le terrain pour lui en faire une…
Avec toute ma sympathie Misty

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catoue (1 messages) Envoyer message email à: catoue Envoyer message privé à: catoue Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
08-02-04, 07:17  (GMT)
5. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Modifié le 25-03-07 à 18:46  (GMT)

Bonjour Sandie et Mitsy,
Merci de vs deux messages. Vos interventions me sont précieuses dans la mesure où parfois je doute tant la situation semble parfois si "normale" en apparence.
Sandie, ma psychologue a juste voulu attirer mon attention sur le fait que d'être trop fusionnelle avec notre fils n'est pas une très bonne chose et que je devais essayer de prendre des distances dans ma relation avec lui afin de me permettre des exigeances vis à vis de lui dans la vie quotidienne et dans le rôle éducatif en tant que parents....en aucun cas il n'a été question de lui retirer amour, douceur et compréhension mais d'y ajouter un brin de fermeté. D'ailleurs il le sait très bien que je serai toujours là pour lui.
Le mettre à la porte pour le forcer à trouver ses propres ressources à réagir....en fait c'est une idée à mon mari en sachant que nous vivons sur sur une petite ile et donc sans danger de le perdre de vue.
Je suis d'accord avec vous deux Mitsy et Sandie.Il a besoin de repères et les lui enlever serait très angoissant pour lui et certainement un nouveau tremplin à la maladie.

Mitsy, vous êtes vous demandés si les choses ( et comment elles l'auraient été ) auraient été différentes si vous n'aviez pas optés pour ce choix ? Ce "chemin là" vous a -t-il permis de le faire soigner au bout du compte ou non ?
A partir du moment où mon fils décidera de voir un médecin régulièrement, j'aimerai qu'il en rencontre un comme le vôtre où nous aurions nous aussi notre place, pour avancer tous ensembles.
Pour en revenir à mon mari, petit à petit il établit des relations avec son fils et ose se "confronter " à lui ( petite engueulade sans conséquence)...il faut dire qu'il a fait preuve de violence vis à vis de son père il y a prés d'un an et demi ( 5 jours ITT )où il a eu le dessus et c'est donc très difficile pour lui. Il attend beaucoup de son fils et est à chaque fois déçu, donc circonspect.
E t il y a aussi, et surtout, le fait que mon mari ne reconnaît pas le fait que son fils souffre de psychose.
Bon, pour l'instant, le climat familial est calme et cela lui permet de réfléchir à une formation....première étape....Que du positif !!!
Prenez tous soin de vous,
Amicalement
Catoue

PS Mitsy, dans un autre message, vous disiez qu'il ne fallait pas accepter une consommation de cannabis mais comment faire ? Dés que l'on aborde le sujet dans ce sens, il bloque toute relation, se renferme et se met en colère et fume de plus belle. Par contre, je vois bien, qu'il fait des efforts pour baisser sa consommation lorsqu'il se sent bien.

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MISTY (3 messages) Envoyer message email à: MISTY Envoyer message privé à: MISTY Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
09-02-04, 08:09  (GMT)
6. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
bonsoir Catoue
>Mitsy, vous êtes vous demandés si les choses ( et comment
>elles l'auraient été ) auraient été différentes si vous n'aviez
>pas optés pour ce choix ? Ce "chemin là" vous
>a -t-il permis de le faire soigner au bout du
>compte ou non ?

Vous dire que Julien est guéri, non, Catoue, je ne peux rien affirmer, il semble que Julien ait eu ce qu'on appelle une crise de bouffée délirante aigûe, qui peut donner lieu à la schizophrénie si l'on ne se soigne pas jusqu'au bout… Il s'agit apparemment d'un an de traitement, enfin pour Julien puisque son psy lui a dit qu'il arrêterait tout traitement à partir de Juin…

>A partir du moment où temmy décidera de voir un médecin
>régulièrement, j'aimerai qu'il en rencontre un comme le vôtre où
>nous aurions nous aussi notre place, pour avancer tous ensembles.

Je crois qu'il important que vous trouviez un psy effectivement qui soit prêt des jeunes, qui a l'habitude des adolescents pour les avoir suivis, nous avons vu le changement avec Julien, pourtant âgé de 24 ans, mais son psy est spécialisé dans le traitement des ados et des jeunes adultes et il est vrai qu'il a trouvé le comportement et les mots pour lui parler, très vite, il a su installer un climat de confiance et c'est je crois ce qui prime chez un jeune… Et il nous a fait intervenir…
Et pour répondre enfin à votre question, Julien ne s'en serait pas sorti si nous ne l'avions pas gardé avec nous… Après son hospitalisation… Son psy ne voulait pas qu'il travaille, il nous a recommandé de lui laisser prendre son temps pour se remettre de son hospitalisation, de le laisser dormir tant qu'il voulait dormir, de ne rien faire s'il n'en avait pas envie, de laisser Julien gérer sa fatigue, et de n'imposer aucune exigence par rapport à un emploi… C'est ce que nous avons fait, je crois que Julien a vécu pendant quelques mois comme un petit enfant, à tel point que pendant un mois, il nous demandait de venir l'embrasser pour lui dire bonsoir, et cela tour à tour, il avait ce besoin de retrouver sa petite enfance, cette douceur que ressentent les enfants qui ont peur le soir avant de s'endormir… c'est vrai que des fois je me disais, il pousse le bouchon un peu loin, est-ce que l'on ne pas trop loin dans ses demandes, de temps en temps je le plaisantais gentiment, mais finalement j'allais avec son père lui faire "le câlin du soir"… si j'avais dit cela à mes amis, je crois que beaucoup m'aurait et nous aurait traités de dingues ! alors on a fait comme on le sentait et finalement nous avons eu raison de l'écouter et de le laisser réagir comme un tout petit, car doucement les semaines qui suivirent ils ne nous a plus demandé de venir dans sa chambre… Et nous avons gagné chaque jour de nouvelles choses pour lui… Il avait très peur de sortir et se réfugiait dans le sommeil, nous l'avons amené sans violence à sortir avec nous, puis à l'encourager à sortir seul, nous lui avons offert une carte de cinéma, alors au début c'était difficile, mais maintenant il y va souvent… il commence à penser à travailler, il a envie de travailler, mais il a encore des réactions de peur vis à vis de l'extérieur, mais nous voyons tous les jours des améliorations, et je dis oui nous avons raison de nous comporter comme nous nous comportons…

Je ne crois pas qu'il faille enlever des repères à quelqu'un qui souffre de ne pas en avoir, je crois, mais cela n'engage que moi, que tous ces enfants qui errent dans l'imaginaire et qui vont jusqu'au délire, puisque ri'en ne les arrête, sont tous des enfants qui n'ont pas su se raccrocher à leurs repères… parce qu'il n'y en avait pas, ou pas assez…
Je voudrais vous dire une chose qui me parait importante pour votre fils, je ne le connais pas bien sûr, mais je ne crois pas qu'un jeune qui va bien, qui est épanoui, n'ait pas envie de travailler, et je trouve que vous faites une erreur, enfin votre mari de penser qu'il est fainéant… Votre fils souffre et il faut l'aider à apaiser cette souffrance… Votre fils cherche à s'évader, à fuir cette souffrance puisqu'il a recours à la drogue… Surtout n'allez pas culpabiliser, nous sommes des parents, pas des médecins, nous sommes ce que nous sommes avec nos défauts et nos qualités… mais tentez de faire comprendre à votre mari, que ce n'est pas en refusant des mots comme psychose, maladie, qu'il pourra aider son enfant, au contraire… il doit l'aider… Tout grands qu'ils sont certains ont encore besoin de preuve d'amour… et vont parfois jusqu'à l'extrême pour savoir si les autres les aiment…

Tiens, je pense à ADNE, allez visiter ce site, vous y découvrirez des médecins, tel que le docteur Glasser, il a un point de vue sur les souffrances psychiques qui m'a vivement intéressée ou l'interview du Docteur Mantel, formidable !

pour le canabis
Là non plus je ne peux l'affirmer, mais à chaque médecin rencontré, tous m'ont parlé du joint que fument beaucoup de jeunes, et que même ce petit joint régulier pouvait être un facteur déclenchant dans les maladies mentales… Il faut qu'il arrête, il faut lui faire comprendre, je crois que si vous arrivez à trouver le bon psy, il devrait pouvoir le convaincre…
Vous pouvez toujours lui dire que ceux qui lui filent l'herbe à fumer se moquent de sa santé… Et que les troubles dont il a souffert sont peut être dûs à son herbe… et que vous aimeriez qu'il consulte un médecin pour en parler… Et vous pouvez aussi parler de la cigarette… pendant des années et des années on nous a encouragé à fumer et c'est seulement aujourd'ui qu'on nous annonce qu'on s'empoisonne tous les jours un peu plus… et qu'on est drogués…

Il faut que je vous laisse Catoue…
Je voulais vous écrire sur votre boîte person mais il n'y a pas votre adresse mail…
A bientôt avec toute mon affection… Tenez bon,

Au fait est-ce que son père a demandé à Temmy ce qu'il aimerait faire dans la vie ? plutôt que de se préoccuper de sa psychose ?

misty

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cia (0 messages) Envoyer message email à: cia Envoyer message privé à: cia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
11-02-04, 23:43  (GMT)
7. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour,
je suis émue par votre témoignage. Sans avoir jamais eu de symptomes positifs francs, je vis difficilement mes problèmes psychiques : difficultés sociales, fatigue, apathie, angoisses violentes... Je n'arrive pas à faire comprendre l'ampleur de mes difficultés à mes parents, eux pensent qu'un travail me permettra "d'arrêter de ruminer"...
J'envie Julien d'avoir des parents qui lui laisse le temps de trouver son équilibre et qui ne cède pas aux chants des sirènes de notre société de performance.
Toujours plus haut, toujours plus loin... mais à quel prix ?

Amicalement,
cia.

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nora (293 messages) Envoyer message email à: nora Envoyer message privé à: nora Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
12-02-04, 12:52  (GMT)
8. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour Cia,
Vous avez raison, il faut qu'on vous laisse le temps de vous soigner et d'aller mieux avant de faire des projets professionnels.C'est vous seul(e) qui sentirez quand le moment sera venu.
Vos parents sont sûrement pleins de bonnes intentions mais ils n'ont sans doute pas compris l'ampleur de vous difficultés. Peut-être pouvez-vous leur conseiller de se renseigner mieux sur la maladie et demander à votre psy de leur expliquer le stress occasionné par leur désir de vous voir travailer.
Mes amitiés
Nora
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catoue (1 messages) Envoyer message email à: catoue Envoyer message privé à: catoue Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-02-04, 12:54  (GMT)
9. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Modifié le 25-03-07 à 18:42  (GMT)

Bonjour Misty,
Merci pour votre message et votre affection....j'ai remis mon adresse mail.
Tout d'abord qq nuvelles. Mon fils fait la démarche d'une formation dans l'horticulture par l'AFPAR. C'et unpremier pas. Il se projete à nouveau dans l'avenir. Il va assez bien en ce moment. J'espère seulement que les tests d'entréee, puis le fait de se retrouver en cours, en groupe, avec des profs, des horaires à respecter, des exigeances scolaires ne vont pas trop l'angoisser, le stresser et déclencher ....
Son père lui a souvent demandé de ce qu'il comptait faire dans la vie mais il ne sait pas, a beaucoup d'idées versatiles, souvent irréalistes et surtout ne va pas jusqu'au bout de ses projets. La phrase fétiche de son père est " j'attends de voir" comme s'il s'interdisait d'y croire comme pour se protéger de ses désillusions. Quelles relations ( si je peux vous le demander ? )le papa de Julie avait-il avec son fils avant l'acceptation et la reconnaissasnce de sa maladie ?
Qu'entendez vous par " plutôt que de se préoccuper de sa psychose" ? c'est plutôt moi qui m'en préoccupe car je pense que si son père en tenait compte ( au niveau de certaines réponses à certains comportements ( qui le choquent )) cela serait, me semble-t-il plus facile pour nous tous. Peut-être ai-je tord ? Nous ( mon mari et moi, notre fils ne veut pas venir ) avons RDV début mars avec un psychiatre qui ne connaît pas notre fils pour avoir un autre avis que celui dont je vous ai parlé précedemment, sur la meilleure façon d'aider notre fils dans notre rôle de parents et dans la cellule familiale.
Pour le cannabis, peine perdue...j'ai déjà fait tout cela !!!
J'aimerai vous demander des nouvelles de Julien, de ses progrés qu'il fait pas à pas tous les jours, je n'en doute pas.

Amicalement
catoue

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charly (394 messages) Envoyer message email à: charly Envoyer message privé à: charly Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-02-04, 12:38  (GMT)
3. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
bonjour olivierB,
j'ai lu tout les messages posté à ce sujet faisant suite au vôtre, et j'en retire une chose, il est important de ne pas le couver car pour un schizophrène s'il en est un, doit se donner des claques pour avancer, et le couver le fait régresser, car l'infantilise au lieu de le grandir et de lui permettre d'avoir sa place en tant qu'adulte.ce n'est pas en le couvant qu'il apprendra à éviter les claques mais en ce les prenant qu'on apprend à ne plus s'y frotter. un petit vous lui mettez la main au dessus de la gazinière (il sentira la chaleur légèrement mais suffisamment) pour lui apprendre qu'il ne faut pas y toucher car s'est chaud et donc dangereux pour lui, et bien dans la vie, c'est pareil à l'adolescence voir l'adulte, il faut s'y frotter pour ne plus recommencer.les parents sont là pour limiter les dégâts, en l'aidant à soigner ses plaies. vous savez mon frère m'a donné des claques (au sens figuré) pour que je trouve du travail, et bien il à faillit réussir et m'a fait évolué quand même. dans un cocon on apprend rien, sinon que vous savez tout vous parents, que vous pouvez tout, et que nous on ne sait rien, et donc on dépend de vous pour tous, ce n'est pas une façon de le rendre responsable n'est-ce pas? je parle car mes parents m'ont élevé pareil, et du coup je n'est aucune armes pour me défendre car c'était eux qui me défendaient donc je n'ais pas de défense.

amicalement, charly

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MISTY (3 messages) Envoyer message email à: MISTY Envoyer message privé à: MISTY Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
15-02-04, 12:26  (GMT)
10. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour Charly

Je comprends votre réaction, et je suis d'accord avec vous, il ne faut pas couver son enfant, mais surtout il ne faut pas faire les choses avant qu'il n'y ait eu une demande de sa part… Chaque être a sa personnalité, chaque être à ses demandes personnelles, pour Julien ce retour à la petite enfance a été constructeur dès la sortie de l'hôpital… depuis nous le poussons à gagner chaque jour de nouvelles choses pour lui…ce fut des détails au départ, tels que faire son lit avant de quitter sa chambre, et puis videz le lave vaisselle, allez chercher son courrier chez lui… etc… assumez ces coups de téléphone professionnels… Julien a toujours su, que ce que nous cherchions avant tout c'était le pousser à prendre son indépendance, il sait que nous ne voulons pas l'étouffer dans l'oeuf… ,
vis à vis de son frère, par exemple, aujourd'hui, si je ne rentref pas assez tôt pour lui préparer son repas de midi, (son frère à 14 ans) et bien je peux compter sur Julien… Tous ces détails font que Julien se fait à nouveau confiance de plus en plus… rien n'est encore totalement gagné, mais nous avons beaucoup d'espoir et lui aussi…
Misty

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charly (394 messages) Envoyer message email à: charly Envoyer message privé à: charly Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
15-02-04, 16:08  (GMT)
11. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
bonjour misty,
cela démontre qu'on peut être également de bon parents.

amicalement, charly!

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MISTY (3 messages) Envoyer message email à: MISTY Envoyer message privé à: MISTY Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
16-02-04, 23:08  (GMT)
12. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonsoir Charly
vOULEZ VOUS QUE je vous dise, bon ou mauvais parent, personnellement je ne sais pas ou me situer, je ne sais qu'une seule chose, je suis une maman… et j'ai plein de défauts pour certains et de qualités pour d'autres… une chose est sûre, j'ai beaucoup d'amour pour mon enfant… et j'ai une tendresse infinie pour toutes les personnes qui souffrent et qui le témoignent ici… vous savez quoi charly, quel est mon rêve, descendre un jour dans la rue, avec les parents et les personnes qui souffrent de troubles psychiques… et le dirent clairement et simplement… on souffre nous les parents parce qu'ils souffrent eux les enfants… et y en a marre… on doit trouver la solution…

Affection Misty

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OlivierB (13 messages) Envoyer message email à: OlivierB Envoyer message privé à: OlivierB Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-02-04, 13:09  (GMT)
13. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
bonjour Charly,
merci de votre conseil, cela m'a fait beaucoup de bien de le lire, surtout venant de vous dont j'apprécie souvent les interventions...ça tombe sous le sens comme on dit mais on a parfois tendance à oublier les choses simples et basiques parfois !

je remercie par ailleurs Mysty et Catoue de leurs interventions, même si mon propos principal n'était pas de m'interroger sur le fait que je "couve" mon jeune adulte de fils.

Cela est d'ailleurs vrai dans certaines circonstances, pas dans d'autres, et cela ne m'échappe pas. Je crois d'ailleurs souvent lire entre les lignes de tous les écrits des parents, y compris de Mysty et Catoue, la question de la juste distance avec la maladie d'une part, et la personne qu'est leur enfant d'autre part.

Permettez-moi de revenir sur ce que je souhaitais être l'objet principal de mon intervention avec une question : avez-vous vécu le fait qu'un traitement neuroleptique puisse avoir pour effet de redéclencher des symptômes (négatifs en l'occurence) de la pathologie qu'il est sensé combattre ?
Je pense que c'est pour cette raison que le psy du cmp a interrompu ledit traitement.

Merci de vos témoignages
bien à vous,
Olivier

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restedemoi (0 messages) Envoyer message email à: restedemoi Envoyer message privé à: restedemoi Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-02-04, 20:20  (GMT)
14. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonsoir Olivier,
Personnellement, les semaines suivant le debut du traitement ont été désastreuses et très dures. Mais le traitement a permis de combattre la psychose et c'est le plus important.
Pour repondre a votre question, je crois en effet que le traitement peut avoir l'effet contraire dans des cas exeptionnels, je pense qu'il faut mieux questionner directement le psychiatre de votre fils (vous pouvez très bien lui telephoner si vous n'avez pas la patience d'attendre le prochain rendez-vous, n'oubliez pas qu'il est la pour ca!)
Très bonne soirée,
amicalement,
Sandie
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nora (293 messages) Envoyer message email à: nora Envoyer message privé à: nora Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-02-04, 00:26  (GMT)
15. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour Olivier,

Je comprends votre inquiétude et j'ai essayé de réfléchir à ce que peut signifier cet arrêt du traitement.
Il y a plusieurs options possibles :
-soit le psy a trouvé que le traitement n'était plus nécessaire et ceci voudrait dire qu'il ne pense pas que votre fils soit schizophrène. Cela n'empêcherait pourtant pas la poursuite d'un suivi puisque votre fils a encore des symptômes négatifs.

-soit effectivement le traitement a des effets négatifs et ne convient pas à votre fils. alors dans ce cas pourquoi n'at-il pas proposé un autre traitement ?

-soit devant la réticence de votre fils à accepter son traitement, il a pu convenir avec lui de faire un essai sans le traitement pour qu'il en réalise l'utilité.
Je sais que cette dernière solution peut paraître choquante mais elle me semble possible.
La seule façon d'avoir une réponse qui puisse vous permettre de comprendre cet arrêt du traitement, ce serait d'avoir un entretien avec le psy. Votre fils est très jeune et cela me semble normal que vous soyiez associé et tenu au courant.
Pour ce qui est de notre expérience, notre fils a également amorcé un repli et stagnait dans la progression. C'est pourquoi la psy a décidé de changer le neuroleptique. Elle nous a dit qu'il fallait au moins six mois de traitement pour savoir si le solian serait plus efficace que le risperdal.
l'aide que j'ai essayé de vous apporter est bien modeste, mais je voulais vous dire que je comprends votre désarroi. Je profite de ce message pour souligner le fait qu'on a souvent parlé sur le forum du soutien que peuvent apporter les mamans, mais que l'on oublie souvent de parler des papas. S'il arrive parfois que certains fuient ou se montrent moins compréhensifs, il y en a beaucoup comme vous qui font preuve de beaucoup de courage,de patience et se montrent très attentifs et protecteurs.
(Moi en tout cas je n'aurai sans doute pas autant de force si je n'avais l'aide de mon mari).
Mes amitiés
Nora

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OlivierB (13 messages) Envoyer message email à: OlivierB Envoyer message privé à: OlivierB Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-03-04, 09:30  (GMT)
17. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour,

désolé de reprendre aussi tardivement le fil de cette discussion. Entretemps, mes craintes sur la dégradation de l'état de santé de mon fils se sont avérées.

A mi-parcours d'un stage de serveur dans un hôtel (il a arrêté le lycée en novembre) et après semble-t-il avoir tiré quelques bouffées sur un joint, le voilà de nouveau plongé dans l'anxiété et affiche un comportement plus ou moins "bizarre" pour qui ne connaît pas les manifestations d'un trouble psychotique. Effet de stress ? Du joint ? Des deux, sans doute, et ils sont liés.

Depuis trois semaines maintenant, le voilà dans le même état qu'avant sa première hospitalisation.
L'avantage de l'expérience, c'est que je me sens moins destabilisé, moins choqué pour tout dire par son état et ses propos parfois illogiques, ces mimiques si difficiles à interpréter.

Il y a un an, face à ces manifestations, je l'avais emmené aux urgences et il avait passé 5 semaines hospitalisé.
Là, le réflexe a été d'avancer avec son accord le rendez-vous avec le psy du CMP qui a pu mettre en place un nouveau traitement pour répondre à la situation, mais aussi pour prévenir autant que possible une nouvelle hospitalisation.

Malheureusement, mon fils ne prend pas correctement ce traitement.

Dès lors, son état ne s'améliore pas, bien au contraire. Il est certains jours franchement délirant et prend ses médicaments poussé par l'angoisse d'aller encore plus mal.
Mais une fois la grosse crise passée, la maladie est niée, et les médicaments oubliés, rejetés.
Dans un cas comme dans l'autre, les troubles du discernement sont tels que cela l'empêche de chercher un emploi et évidemment de travailler comme il commençait à le faire.

Du coup, le psychiatre qui le suit au CMP envisage de l'hospitaliser de nouveau pour qqs jours cette semaine et substituer au Risperdal une autre molécule (je ne sais pas laquelle). J'aurai voulu qu'il se prouve à lui-même qu'en prenant correctement ses neuroleptiques, cette mesure aurait pu être évitée. Mais il se peut que je me trompe et que la crise soit trop forte, ou trop avancée pour être endiguée par un traitement aux doses "d'entretien".

Voilà pour les nouvelles, pas fameuses donc.
Pour ce qui est des pères et de leur place auprès de leurs enfants souffrant de psychose (mon fils n'est pas diagnostiqué schizophrène à ce jour), le sujet est intéressant. Je vous ai fait part des difficultés (aplanies depuis) avec ma compagne liées au comportement de mon fils :

il me semble avec un peu de recul que ce qui s'est passé, et se passe actuellement avec mon fils exige du père que je suis qu'il soit un...repère, plus que jamais.

L'urgence des situations que cela engendre fait que je me sens presque "dopé dans ma paternité". Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un point positif, mais je veux tout de même dire que si je connais comme beaucoup de parents des périodes d'abattement, je me sens plutôt énergique.

Quant à dire que cette énergie est utilisée à bon escient et au profit de mon fils qui doit me trouver relativement étouffant, c'est une autre histoire...

Bien à vous tous,
Olivier, un père sans doute parfois...abusif !

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dom45700 (421 messages) Envoyer message email à: dom45700 Envoyer message privé à: dom45700 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-03-04, 12:13  (GMT)
18. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour Olivier,
Je suis vraiment désolée par cette rechute. Si votre fils ne prend pas correctement son traitement, c'est que nos enfants trouvent comme nous que c'est long... de toutes façons, les traitements ne guérissent pas la maladie, mais corrigent les troubles de comportement, c'est ce que j'ai dit à ma fille, et là, je sais que je ne faisais pas mon boulot mais plutôt celui du psychiatre...
Je suis d'accord avec vous, nous servons de repère, à condition de ne pas s'y perdre, de plus votre fils est très jeune, notre rôle est de les encourager à voir par eux mêmes, de mon côté, je lui dis, je pense que parfois ça la déstabilise, mais je lui dis aussi que nous sommes là, toujours nous... même si son repère, c'est moi. On nous voit "abusif", ou trop protecteur, mais je pense que nous n'avons guère le choix, et c'est le regard des autres. Malgré tout je répète à nouveau ce qu'a dit Maria :
la maladie n'excuse pas tout... ça m'a aidé. Notre premier rôle de parents est de veiller à la prise du traitement, et à l'encouragement à avoir des activités, mais ça n'est que mon avis, aussi à la guerre au "chite"...
Bon, voilà.
Je vous souhaite une bonne journée, à vous et votre famille.
dominique (une maman)
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dosol (0 messages) Envoyer message email à: dosol Envoyer message privé à: dosol Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
11-03-04, 12:33  (GMT)
16. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
bonjour Olivier

je me reveille tard peut etre ne lirez vous pas ce message
j'ai lu ou survolé les autres
vous vous basé sur le fait qu'il est schizophrene votre enfant
mais il est aussi adolescent
le probleme est que la schizophrenie s'ajoute aux difficultés de l'adolescence
ne pas sentir une place dans la societe ne pas savoir ce qu'on veut y faire, ne pas trouver un sens meme a ce qu'on pourrait faire, a soi

ce qui me frappe moi dans votre message c'est la reaction de votre compagne
le rejet a mon avis amplifie les troubles bien sur vous n'y puissiez rien

si je suis d'accord avec le fait qu'il devrait s'impliquer a son niveau dans les taches quotidienne au moins pour sa chambre ou les repas partage

je crois que les problemes des schizo ados se resorbent de toute facon quand ils ressentent un besoin d'independance, quand ils sont plus au clair avec le monde qui les entoure et avec eux meme
et plus generalement quand le temps a fait son oeuvre vers 20 ans

je me souviens moi de cette periode, et j'ai passé deux en ans de 16 a 18 en transit dans un hp, un lieu de vie, puis une clinique psychopedagogique, et ces lieux de battement etaient vraiment necessaire, je n'arrivais plus a me concentrer sur des cours mais plus tard j'ai passé mon bac par correspondance, ma reinsertion aurait ete impossible si ces gens neutres (bien qu'avec des defauts aussi surtout en lieu de vie) et ce temps passer a reflechir au moins inconsciemment, n'avait pas exister
ce temps reserve aux soins et la lente prise de conscience aussi

alors pourquoi ne pas chercher une structure d'accueil dans laquelle il serait loin de vos angoisses qui s'ajoutent aux siennes, loin du rejet de votre femme qui ne fait que le faire regresser

seul avec lui dans le soin, dans l'appropriation de son etre malade, et dans un temps de recul par rapport a la vie et ses activites

toutes les personnes avec lesquelles j'ai vecu rencontraient des difficultés dans leur cellule familiale, qu'elles soient graves comme la maltraitance et l'incomprehension, ou presque naturelle : inquietudes, angoisses, amour qui se voudrait porteur
l'adolescence ne se force pas la schizophrenie non plus


la vie est longue, s'il faut "perdre" un an, deux ou trois ans, pour arriver a la vivre, ca me semble plus positif que la force qui recule bien plus considerablement une certaine stabilite ou progression. Force ou desir d'amelioration
J'ai l'impression que c pour vous aussi, pour votre compagne, pour vous rassurer que vous voulez que votre fils se bouge
moi je crois que quand on est parent on est parent a vie, si votre fils avait un cancer et faisait de la chimiotherapie vous l'entoureriez pendant tout le temps du traitement en comprenant qu'il ne pourrait pas en aller autrement
et vous verriez des ameliorations et des regressions que vous trouveriez bien normales, a cause d'un traitement allegé ou augmenté par exemple
et bien la schizophrenie est une maladie qui comporte des periodes aussi handicapante que d'autres maladie
bien sur il est debout mais dans ca tete ca carbure a vide en sac d'incertitude

j'espere que des decisions trop rationnelles ne le pousseront pas a essayer de se suicider, perdu dans ces incapacites et face a des exigences meme legeres dans lesquelles il se sentirait perdu

voila c pas tres clair j'espere que vous avez compris ce que je voulais dire, c difficile a expliquer

bon courage en tout cas

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OlivierB (13 messages) Envoyer message email à: OlivierB Envoyer message privé à: OlivierB Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-03-04, 17:27  (GMT)
19. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonjour Dosol,

vous avez raison sur bien des points, et notamment quand vous insistez sur le temps, celui de la prise de conscience comme celui du rejet ou du déni. J'ai fait part au début de la discussion de la réaction de ma compagne, (qui n'est pas la mère de mon fils) pour dire la difficulté qu'il y avait à vivre dans une famille recomposée avec un garçon malade. D'autres, des mamans notamment, on pu déjà faire état de difficultés avec des "beaux-pères" comme on dit vilainement !

Si j'ai dit m'en "plaindre", je ne peux non plus condamner les réactions de découragement qui furent celles de mon amie au moment de mon dernier post.
Ce n'est pour ma part qu'à force de m'informer et entre autres, de fréquenter ce forum que j'ai pris la mesure de ce que vivait mon fils. Pour qui n'est pas, ou peu informé sur les psychoses, il est difficile de réagir de la manière qui "convient".

Depuis, du chemin a été parcouru. De fait, je me suis dit que le message que j'avais écrit avait été lu par beaucoup, sauf par la personne à qui il était vraiment destiné : ma compagne.

Nous avons donc...parlé. Et on même fait mieux que ça : on s'est écoutés. J'ai pu faire comprendre que si elle, moi, (nous, quoi!) avions des problèmes liés à cette situation, ces problèmes n'étaient rien par rapport à ceux que LUI traversait.

Pour sa part, elle a pu me faire comprendre la nécessité, comme Dom l'a très justement rappelé dans cette discussion, d'être davantage présent dans l'autorité (fermeté n'étant pas agressivité, repères ne signifiant pas contraintes aveugles) sur le thème : "la maladie n'empêche pas que des règles de vie commune doivent être, autant que possible, observées".

DONC : à choisir entre éloigner mon fils du rejet (qui fut réel) de ma compagne comme vous le suggériez et comme nous l'avions d'ailleurs envisagé elle et moi, nous avons préféré communiquer.

Demain ? C'est demain.

Bien à vous,
Olivier

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MISTY (3 messages) Envoyer message email à: MISTY Envoyer message privé à: MISTY Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
31-03-04, 00:01  (GMT)
20. "RE: retour à la "normale" et dégâts collatéraux ?"
Bonsoir Olivier,

J'ai pu lire tous les messages, et voulez-vous que je vous dise mon sentiment, vous êtes quelqu'un de bien, Olivier, vous n'avez pas laissé votre amie en dehors de la situation, et je crois que c'est le plus important… vivre avec quelqu'un d'étranger qui vous rejette, c'est difficile à vivre, franchement je vous tire mon chapeau, ainsi elle peut partager votre souffrance et ainsi comprendre la souffrance de votre fils, par cette attitude vous l'avez adopté et enfin elle a sa place dans votre vie… peut-être d'ailleurs sera t'elle de meilleur conseil que vous, parce qu'elle est de l'extérieur… vous devriez lui faire lire nos messages… peut-être sera t-elle capable de mieux accepter la situation et tendre la main à votre fils, et peut-être que votre fils ira plus facilement vers elle… quand vous parlez de votre amie, elle semble tellement proche de vous‹… à travers vos lignes, elle semble vouloir être présente… moi je suis sûre, qu'une fois les choses établies elle vous aidera et qu'elle aidera votre fils… les mots parfois sont porteurs de grandes choses…
je vous souhaite plein de belles choses à vous et à votre amie, et à votre fils, continuez à croire qu'il va s'en sortir… parce qu'il le peut, c'est un sentiment personnel, mais quand je lis tous les messages de tous ces êtres qui souffrent et qui expriment leur souffrance, on ne peut se dire qu'une chose, ils vont y arriver, c'est sûr, oui la souffrance est épouvantable, oui c'est l'horreur parfois, mais ils vont ressortir de là, moi j'en suis sûre… les écrits de Laurence, de charly, de Maria, et tous les autres,… je pense à Nora qui souffre dans son coin, et qui semble vouloir se faire si petite dans sa souffrance, parcequ'elle a tellement peur de déranger avec sa douleur de voir son enfant défaillir, moi je dis oui ils vont s'en sortir… et nous sommes là pour les aider, et nous les aiderons… il faut se battre pour faire reconnaître cette maladie, et qui dit maladie reconnue, dit remède trouvé… il ne faut pas lâcher… parce que nous allons tous y arriver…
Avec toute ma sympathie
Misty

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