>Bonjour Fleur,
>
>Je passais par ici (je ne viens pas régulièrement sur schizo
>et ne lis pas tous les messages), et je désire
>te faire un commentaire sur la forme de ton message:
>je le trouve clair, compréhensible, et beaucoup mieux structuré que
>celui initial que j'avais lu de toi sur le forum
>psy. C'est agréable de te lire ainsi
.
bonjour Aloespremier message ouvert ce matin et merci encore pour tes encouragements
je retiens :
>Ça vaut la peine de continuer en ce sens.
Je t'avais écrit en privé, je me demandais s'il ne fallait pas que j'efface mon message sur le forum psy, tellement j'avais "honte" de me voir aussi bas, tant de cafouillis montre bien comment parfois je me sens submergée et ai du mal à faire face.
Tu m'avais répondu qu'il n'y avait pas de honte à aller mal. Je le sais, je le dis aux autres, mais pour moi j'ai du mal à appliquer. Maintenant, j'ai décidé d'appliquer : la honte, ça empêche de vivre au mieux.
Faire face, c'est avant tout bien vivre le quotidien, les deux pieds sur terre, faire au mieux avec ses capacités.
"Mon quotidien" si l'on peut dire ainsi, me pousse à être structurée, je ne peux me disperser, la vie va son cours et choisi ou non, je me retrouve souvent je dirai "pilier"
J’ai avant tout des enfants un fils en 6me qui commence à perdre pied au niveau scolaire, entre doucement dans la pré adolescence et à besoin de toute mon attention et disponibilité pour avoir confiance en lui.
Une fille en première année de fac, dont la "crise d'ado" n'est pas encore terminée et est encore extrêmement centrée sur elle-même. Elle n'a pas encore compris par exemple que l'amour il ne se partage pas, mais peu au contraire se multiplier. Elle se sent souvent comme lésée et nous en fait voir par ses humeurs de toutes les couleurs.
Un beau-frère Léo, malade, très touché dans son autonomie, et qui souffre de sa maladie bien sur mais beaucoup aussi de manque d'amour, de solitude. Comme j'ai dit, je "rame" pour que la famille (le peu qui reste) s'intéresse à lui, (ce n'est pas encore top, mais pas à pas, je marche souvent sur du verre, c'est de mieux en mieux, lui il ne voit pas tout cela mais en tire le bénéfice
)
Mes parents âgés (bientôt 80) avec qui l'entente n'a jamais été facile et je suis fille unique, cela n'aide pas. Ils ont eux-mêmes des « prôôblemes psychologiques » auxquels ils n’ont jamais fait attention, c’est leur génération qui veut cela, à la dure comme à la dure.
Un mari que j'aime profondément et qui peu à peu est lui aussi submergé par la vie et de plus en plus absent. La communication entre nous est difficile, lui quand cela ne va pas, ne parle pas, il se retire dans son monde, c'est sa manière de souffler. Moi je subis un peu, beaucoup, mais je fais avec (espoir toujours, toujours), nous sommes ensemble depuis 27 ans 
Avec mes « moyens », j’ai la chance de ne pas être malade et de pouvoir les exercer, c’est pour cela que j’ai un peu honte de tomber bas car je ne dois pas oublier que je peux agir donc que je dois agir. Je ne suis pas « superwoman » non plus, de l’aide des autres pour moi, je peux en avoir, ce n’est pas une faiblesse.
Donc je vais la chercher, je la trouve de multiples manières.
Directement en allant depuis peu voir un psy avec le désir de me clarifier les idées, j’aurai tendance à aller au-delà de mes limites et m’autodétruire avec cela, rien de pire si l’on veut aider quiconque, j’en ai parfaitement conscience et je ne joue pas avec le feu, surtout pour Léo aider dans la durée c’est primordial, si je sombrais, il sombrerait aussi.(en toute modestie, mais il faut reconnaître que les malades comme lui sont souvent très, trop seul, à part quelques heures de contact avec le personnel soignant et encore, souvent ils ne voient personne)
Directement encore en allant revoir mon médecin généraliste avant tout, homéopathe non borné, je ne l’avais pas vu pour moi depuis 4 ans, suivant les conseils de mon psy de ne pas faire « d’automédication » m^me avec des médecines dites « douces ». Je prends donc maintenant une préparation à base de prunelles (prunus spinosa) et d’or natif, quelques gouttes par jour, prépa remboursée par la Sécu. C’est tout.
Directement là c’est l’aide pure sans contrepartie, je reçois sans donner.
Indirectement c’est avec tout mon entourage, famille, amis, inconnus aussi, là c’est un échange où tout se fait par l’entraide, on reçoit, on donne, çà tourne, des fois les bienfaits sont immédiats, d’autres fois on met des années à comprendre. Il y a là une force, celle de vivre au mieux, que j’ai du mal à définir par des mots, mais je la ressens très fort et c’est ce qui me pousse à avancer, pour moi et pour les autres je me sens liée, on ne peut vivre les uns sans les autres.
Par contre, je n’oublie pas que pour moi, avant tout j’avance seule, pour tous c’est pareil malheureusement, à nous de mettre le moteur en route, de le relancer un peu d’huile cela ne fait pas de mal.
J’ai de la chance, mon moteur il n’est pas en panne, ce n’est pas le cas pour tous
. La panne totale, je l’ai redouté pour Léo, pas dernièrement, c’était juste un peu d’huile, mais ces dernières années, j’ai eu vraiment des peurs pour lui, il aurait pu casser. Heureusement, je ne suis plus seule à pousser son moteur maintenant, je peux aussi m’occuper du mien, il est devenu un peu fragile, quelques soubresauts avant le démarrage en ce moment, mais dans l’ensemble il marche bien, je n’ai pas peur, en plus maintenant j’ai un »psy » pour vérifier
!
Je plaisante, l’aide qu’il m’apporte est vraiment précieuse (j’ai un interlocuteur neutre, c’est bon pour moi) et je suis entendue surtout, en plus il n’est pas muet non plus, cela c’est un bonheur car une bavarde comme moi a beaucoup de mal à parler avec les carpes !
Très cordialement, à vous tous
Fleur 
