Salut Oz ! ( et les autres )Sans vouloir te vexer ( je suis un peu maniaque ), je me demanderais plutôt ce qu'est le bonheur, puisque tu m'a demandé mon avis sur le plan philosophique. En effet, je crois qu'il faut être en fin de vie pour répondre à ta question, ou un proche de quelqu'un qui n'est plus de ce monde.
Le bonheur n'est pas pour moi un état que l'on doit atteindre. Il se vit, au jour le jour. Il faut apprendre à profiter des moments qui nous procurent du plaisir, les intériorisés, en prendre conscience spontanément, sans y réfléchir. Le travail ne consiste pas à trouver du plaisir, mais à se donner les moyens d'en trouver. On peut satisfaire une envie après avoir fait la démarche de se la procurer ou encore, et c'est plus difficile, réaliser que le monde environnant est source de bonheur, malgré nous.
Cette dernière possibilité est universelle. Il y a peu d'efforts à fournir pour se satisfaire d'un événement imprévisible ( en théorie ! ). Le soleil est de retour, il fait beau, les gens sont plus accueuillants, leur teint rougis, la lumière donne naissance à de nouveaus amours... Ce matin, la vendeuse de pain m'a ouvert son magazin. Je suis arrivé à l'ouverture et elle m'a dit, en rigolant, qu'elle savait que j'allais venir et quelle était là pour moi ( on ne se connaît pas du tout, je vais très rarement chercher du pain ). Ce sont ces petites choses qui font le bonheur de tous. Et quand bien même on ne serait pas très enthousiaste, un sourire forcé pourrait susciter un regard chaleureux.
Nos projets, nos ambitions et nos désirs les plus chèrs sont malheureusement soumis à la pression sociale. On ne peut compter sur eux pour vivre heureux. Ils sont source d'interrogations, de méfiance, de mépris parfois, et leur réalisation ne fait que raviver notre vide existentiel. Aimez-vous comme je vous aime, et non pas comme je vous aimerais.
Ceci dit, penser à son avenir reste indispensable ! Pas parceque c'est la condition du bonheur, mais parce qu'il ne faudrait pas ajouter du malheur dans notre vie.
Pour être plus terre-à-terre, je dirais qu'une vie réussi est une vie que l'on accepte d'abord, et que l'on construit. Apprenons à jouir de notre liberté, celle qui nous appartient. Chacun dispose d'un espace de liberté qui lui est propre et qui évolue avec le temps. Des expériences facheuses nous donnent des désillusions ? Et alors ? Nous avons choisi cette voie et donc ça ne peut être qu'un enrichissement. Je parle évidemment de la liberté dont nous disposons, et non du malheur qui nous tombe dessus ( la maladie ). Accepter la maladie, valoriser nos atouts ( pour attirer la sympathie d'autrui par exemple ) et jouir des plaisirs de la vie ( que ce soit pendant ou après qu'ils aient (eu) lieu ) sont pour moi les conditions premières du bonheur.
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Felipe.