Bonjour,
A la première question, je ne répondrai pas. Vous n'en êtes pas sûre, moi non plus. En revanche, ce dont je suis sûre c'est que je suis borderline, que j'ai eu deux décompensations psychotiques graves, avec délire et hallucinations visuelles, auditives, corporelles, etc. et cela sans avoir pris des drogues ni fait des choses bizarres, si ce n'est être tombée amoureuse, et que je ne suis pas non plus maniaco-dépressive selon les médecins, psychiatres ou non, qui m'ont soignée et qui me suivent encore.
Mais, comme je l'ai dit dans un précédent message, je n'ai pas envie de passer des heures pour savoir dans quel tiroir il faut me classer, et que ce flou me convient. S'il ne vous convenait pas, je quitterai à regret ce forum où j'ai enfin l'impression d'avoir rencontré des personnes avec qui je peux communiquer, comme dit Goliath, mais je n'ai pas envie de me justifier et de devoir y défendre ma place.
Pour la deuxième partie de votre message, concernant mon travail, je crois alors qu'il faut que je remonte à mon enfance. Désolée donc pour la longueur de mon histoire.
Ma mère a eu un diagnostic tardif de schizophrénie, quoique je n'en suis pas sûre non plus, puisqu'elle souffrait aussi d'une maladie auto-immune qui peut s'attaquer à tous les organes, ou presque. En tout cas, elle a souffert de délires paranoïaques graves. Enfant, je suis restée à l'écart, lisant beaucoup, jouant du piano beaucoup, un peu ascolaire mais me maintenant à niveau pour suivre les cours sans me faire remarquer.A l'adolescence, comme je ne voulais pas être une femme, une mère au foyer, je me suis dite que la seule solution était donc de faire des études. Je voulais devenir écrivain. Mais comme j'étais consciente de mon peu de logique et de mon esprit embrouillé, je me suis dit qu'il fallait que je commence par mettre de l'ordre dans ma tête. J'ai donc fait des études scientifiques.
J'ai toujours fait attention de scinder ma vie professionnelle et ma vie affective. Le verrou était bien solide. les compartiments bien fermés. Et si je n'arrêtais pas de me casser la gueule sur le plan personnel, j'ai toujours fait en sorte que cela n'aie pas de conséquence sur mon travail, qui me semblait être le garant de mon équilibre. Jusqu'au jour où j'ai succombé au siège, aux techniques de manipulation devrais-je dire, d'une personne qui travaillait dans le même établissement.
J'ai sauté sur un travail que l'on m'offrait ailleurs, dans un cadre protégé, mais mes verrous avaient sauté et je n'ai pas pu arrêter la glissade...
Sitôt que mon esprit a retrouvé un semblant de paix, j'ai recommencé à travailler, d'abord à temps partiel, car cela me semblait le seul lien qui me maintenait encore au genre humain.
Je suppose que mes épisodes psychotiques ont laissé des traces dans mon cerveau car j'ai de la peine à me concentrer et je suis vite fatiguée (mais était-ce déjà le cas avant? je ne le sais pas car je ne m'étais pas posée la question). D'ailleurs, depuis quelques années, j'ai diminué mon temps de travail spontanément car j'ai maintenant besoin de trois jours de solitude pour me ressourcer.
Donc mon cadre de travail:
Je fais un travail intellectuel, indépendant. J'ai la chance d'avoir un bureau à moi mais je laisse toujours la porte ouverte comme cela je suis avec les autres sans être tout à fait avec les autres.
Vous dites que ce que je décris dans mon message à Lucas pourrait correspondre à n'importe quelle situation. C'est vrai mais si vous voyez mon bureau et mon appartement, vous verriez que le désordre dépasse la normale. Et pourtant, j'essaie de ranger, j'achète des classeurs, etc.
Le problème, c'est que ce qui disparaît de ma vue n'existe plus. Donc j'empile et j'empile ce qui pourrait un jour servir, comme cela je suis obligée de temps en temps de revoir mes piles (j'essaie de les classer par priorité et par genre mais quand je suis fatiguée, tout se mélange et c'est un vrai bordel).
Ma manière de travailler:
Ce qui est oral ne rentre pas, il faut que je l'écrive pour que j'assimile (sauf lorsque je suis dans une conversation avec une autre personne qui ne me perturbe pas, où je suis "concentrée" en totalité sur ce qu'elle dit et ressent). Donc j'écris des pages et des pages de résumé que je retravaille ensuite (c'était déjà ainsi du temps de l'école et de l'uni).
Pour la synthèse et recracher quelque chose qui tienne la route, il faut que je me mette en condition. Cela veut dire ne pas être fatiguée (donc avoir bien dormi). Me mettre en condition? C'est un peu comme si je me mettais en transe. Tant que je n'atteins pas cet état, je ne cesse d'avoir des pensées perturbatrices (je pense que ce n'est pas exceptionnel et que c'est le cas pour tout le monde).
Cet état de "transe" me fait penser à l'auto hypnose. Enfant, je tentais spontanément cette dissociation faite d'autosuggestion lorsque je n'arrivais pas m'endormir. Cette dissociation, je l'ai aussi pratiquée pour échapper à des maux de tête ou pour m'"absenter" lorsque je me faisais battre par mon conjoint, jusqu'à ce que je trouve le courage de fuir.
Voilà donc où j'en suis. Maintenant que j'ai trouvé aussi une sorte d'identité par la peinture, je me dis que le travail ne m'est plus aussi indispensable sur le plan de l'équilibre psychique. En revanche, il l'est sur le plan économique. Alors tant que je peux continuer...
Amicalement et merci pour votre médiation, et bon courage puisque je vois dans une autre discussion que vous avez actuellement de la peine de vous concentrer.