Chère Elsa Marie,Ma soeur était schizophrène. Cela a débuté dans son enfance, donc dans les années "50. Examinée à l'hôpital Ste Justine (Montréal, Québec, CANADA)les médecins disaient que ses comportements "bizarres" disparaîtraient avec l'âge ! A cette époque cette maladie était très mal connue, etc.
Je sais comment pénible cela peut être à certains moments. Je te comprends.
Mais, il ne faut pas "avoir peur" et surtout ne pas avoir honte.
Moi aussi j'ai caché, pendant plusieurs années, le fait que j'avais une soeur schizophrène. Pourtant je suis infirmière, j'ai travaillé en psychiatrie...mais je cachais tout de même ce fait.
Et puis un jour, je me suis dit:"Je souffre oui...je m'ennuie de ne pas avoir de soeur...mais dans tout ça, c'est elle la plus souffrante et qui doit vivre jour après jour avec cette terrible maladie." Je ne cacherais pas une soeur qui aurait tout autre maladie. Donc, pourquoi cacher "la schizophrénie" et j'ai brisé la prison du silence et des tabous.
Cela ne devient pas plus facile...mais du moins tu peux en parler et peut-être te joindre à un groupe de support/soutien.
Je n'avais jamais peur de ma soeur même lorsqu'elle "me sautait dessus parfois". Je crois que je n'avais pas peur parce que mon Amour était plus grand que ma peur. Et elle le sentait bien et finissait par se calmer.
Essaie de dire à ton frère que tu l'aimes. C'est tout. Il est certain que s'il est en délire et qu'il t'attaque physiquement...c'est plus difficile puisqu'il est un homme donc, plus fort physiquement qu'une femme.
Si jamais cela arrive, part, laisse le, ou ne le voit pas seule.
Lorsqu'il sera plus calme, tu peux avec l'équipe de soin, lui expliquer que ce comportement n'est pas acceptable.Travaille avec l'équipe de soin pour explorer quelles sont tes limites à toi. Petit à petit tu t'apprivoiseras à cette maladie et à ses manifestations chez ton frère.
L'équipe de soin va t'aider.
Tu ne peux rien faire d'autre que de l'Aimer.Cela ne te sert à rien de te torturer...il ne guérira pas même si tu te mets tout ce "paquet" de culpabilités sur le dos. C'est comme ça, donc accepte et arrête tes "obsessions".
Aime le et fait "ta vie".
C'est très important que tu fasses TA VIE.
Il ce peut, que ce soit préférable que ton frère demeure en foyer thérapeutique les fins de semaine. Il pourrait venir vous voir, accompagné d'un membre de l'équipe? Tu peux explorer certaines solutions avec les membres de l'équipe et les membres de ta famille.
Tant qu'aux médicaments...cela fait partie de cette maladie de nier leur schizophrénie et de dire qu'ils n'ont pas besoin de médicaments. Ils sont tous comme ça. Donc, vaut mieux te faire à l'idée. Ce sera une bataille continuelle. Parfois, un médecin ou une infirmière viennent à bout de ces réticences du patient.Le patient leur fait confiance. Mais, encore là, il faut tomber sur la bonne personne et ce n'est pas évident.
Aime le, pour le temps qu'il sera avec vous.
Ma soeur, s'est suicidée il y a deux ans.
C'est souvent le choix que ces grands malades font.
Maintes fois, j'ai pû l'empêcher de mourir...mais l'on ne peut être près d'eux 24 heures sur 24, 7 jours par semaine.
Fait seulement ce que tu peux.Tu n'es pas tenu d'en faire plus.
L'équipe de santé est là pour veiller du mieux qu'ils peuvent, eux aussi.
Parfois, je m'ennuie de ma soeur, car il y avait des moments de lucidité où l'on se comprenait.
Je t'aime, une amie.