Bonjour Lucas,je suis dans le même cas que toi. Le comportement des gens me semble très vite violent, je supporte beaucoup moins que la plupart des gens les violences ordinaires de tous les jours. Il y a des choses qui paraissent normales aux autres et qui pour moi sont violentes. Parfois je ressens encore la violence de remarques qui ont été faites des mois auparavant, et je rumine des choses qui n'ont plus lieu d'être.
Quant à la violence du monde, ce qu'ont voit au JT ou autour de nous, je ne la supporte pas non plus. Il y a des choses qui me rendent malade, des évenements qui me détruisent même si ça ne me concerne pas directement, mais la violence du monde est si grande et tellement incompréhensible.
Par exemple, depuis l'affaire Fourniret, je pleure tous les soirs en y pensant, et ça me fait peur aussi, je ressens un sentiment d'insécurité même si cette histoire ne me concerne pas directement et que je suis à l'abri chez moi. Elizabeth Brichet avait juste un an de plus que moi quand elle a été enlevée, on est de la même ville, sa disparition m'avait beaucoup marquée et pendant toutes ces années, je me suis souvent demandée ce qui lui était arrivée. Je ne peux pas m'empêcher de pleurer chaque fois que je pense à elle, alors que je me doutais bien depuis le temps qu'elle devait être morte. Je ne supporte pas toutes ces horreurs (juste une semaine après la fin du procès Dutroux, ça n'arrête pas!), tout ce chagrin des proches, ces crimes horribles, ça me rend malade, ça m'angoisse et me déprime vraiment.
Comment supporter la violence des autres, les horreurs du monde? Toi tu coupes le lien, mais il faut faire attention aussi à ne pas trop s'éloigner des autres. Que doit-on supporter, jusqu'où, quand fuir? C'est difficile de répondre à ces questions. Le monde sera toujours violent, les relations avec les autres aussi, si on fuit trop on risque de se retrouver coupé du monde, si on ne se protège pas assez, ça risque de nous détruire.
C'est un des problèmes les plus important qu'il me reste depuis que je suis stabilisée. Ces derniers temps, je supporte un peu mieux la violence qu'il peut y avoir dans les relations à autrui, mais toujours pas la violence du monde.
Ce qui est compliqué dans les relations aux autres, c'est aussi le fait qu'on ressent de la violence là où les autres n'en voient pas, c'est donc difficile de s'expliquer sur le sujet sans passer pour parano.
Cordialement,
Laurence