Antidote (2 messages)
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13-07-04, 10:47 (GMT)
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"Nirvana immédiat" |
Une métaphore pour décrire ce que ressent un schizophène : On est tous des sous-marins et on navigue entre deux eaux, d'accord ? La surface est proche, on la devine sans jamais l'atteindre : c'est la réalité ! Et bien on devient schizo quand brutalement, un jour, on plonge. Le manomètre s'affole, devient une hélice qui accélère. C'est la grande descente. C'est la souffrance la plus impitoyable car il n'y a jamais de fond La pression devient dantesque, total, les pensées se recrocquevillent dans une douleur innomable. On est à des profondeur abyssales et on sait que ce n'est que le début. Par les hublots, on voit d'étranges êtres jouer des rôles absurdes dans un décor de carton-pâte. C'est un monde qui ne compte pas pour vous car il ne vous est que théatre absurde. Où est le mode réel ? Vous commencer à entendre des voix... Vous vous rassuré : c'est ma propre voix qui me parle fort, des images apparaissent à votre insu. Comme elles sont dans votre tête, elle font corps avec vous; d'où viennent-elles ? Pendant cette descente inexorable, vous n'avez de cesse de trouver un fond, un écueil, quelque chose auquel vous raccrocher. Pour ma part, je me souviens d'avoir appris par coeur la plaque d'immatriculation d'une voiture, au hasard. Je me la répètais sans cesse... Pauvre de moi : j'étais bien malade.Comment est-ce survenu ? Soudain, au fond de cette abime, j'ai entrevu quelque chose, un filin, un cable d'acier ? J'ai été hissé avec une force incroyable à la surface ! Avez-vous entendu le cri des baleines ? lors de ma remontée instantanée, ce fut comme des milliers de baleines qui mugissaient exponentiellement. C'était un cri d'une beauté inouie. Lorsque j'ai crevé la surface, tous ces cris se sont réunis; ce fut comme un figeage, un instantané. Je me souviens fort bien qu'à cet instant la l'hélice de mon sous-marin à émis un bruit étrange : elle était hors d'eau. Entre les parois de calcium de mon crâne, j'ai senti distinctement quelque chose s'agiter. Pauvre petit homme que j'étais : le filin que j'avais trouvé, c'était la direction de la réalité, et le suivant j'avais tenté de synthétiser le monde. Si la réalité est voilée, sa direction est constante, incroyablement constante et toute les tentatives de mon encéphales malade pour détruire ce repère enfin trouvé ont échoué : j'étais guéri ! Attention, si la direction est constante, que vous dit la réalité ? J'en ai été et j'en serai toujours totalement étonné : elle vous dit qu'elle change, qu'elle se transforme continuelement. Et depuis, bien des années ont passé, et la réalité n'a cessé de se modifier. C'est un bien grand mystère. Je me contente de sa direction, seule constante ! En espérant que ma métaphore du sous-marin vous ait apporté quelques lumières...
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