Bonjour Jolaye, ainsi qu'à tous les autres membres de ce forum ( j'en profite pour te saluer Alexia
),Dans mon cas, j'ai pendant longtemps culpabilisé de ne pas avoir d'amis. Aujourd'hui, je sais que la maladie y est pour beaucoup. Il y a l'exclusion liée à une trop grande méconnaissance de la schizophrénie par notre entourage, mais aussi un repli sur soi plus ou moins délibéré. J'ai encore du mal à savoir de quoi il en retourne exactement. Comme Amateur, je crois que l'autisme de la schizophrénie y est pour beaucoup. C'est difficile à expliquer, j'ai tout simplement peur d'aller vers les autres. Parfois, je me dis que c'est parce que je n'ai rien à attendre d'eux ( compte tenu de mes handicaps et donc du rapport entre ce que je suis capable de leur apporter et ce qu'ils pourraient attendre de moi ), et à d'autres moments, je n'ai plus d'explication. Je suis dans un univers qui doit me convenir ( je dis " qui doit " car cela ne m'empèche pas d'avoir envie d'une vie plus riche sur le plan affectif ). En fait, je ressens cela depuis ma petite enfance. Je préfère rester dans ma bulle, et quand je trouve cela abbérant et que j'essaye d'être plus sociable, je reste en décalage avec la réalité, je ne réagis pas comme il le faudrait face à d'autres individus par exemple ( je m'en rend compte après coup ). Ou alors je suis muet.
A propos de la COTOREP, je suis sûr de pouvoir travailler un jour mais le peu d'efforts que j'ai fourni jusqu'à présent m'a fait réaliser à quel point le relationnel était important dans un travail, ne serait-ce qu'au moment de l'embauche où l'on doit faire ses preuves. Dans votre cas, votre entourage professionnel doit probablement savoir que vous êtes compétent. Vous possédez déjà une certaine expérience professionnelle. Mais quand on veux apprendre un métier alors qu'on a déjà été meurtri par la maladie ou quand on n'est plus capable de l'assumer, la COTOREP devient indispensable. Mais je ne suis pas sûr qu'elle permette de se faire des amis. Il faut d'abord considérer le travail en lui-même comme une satisfaction personnelle, un moyen de gagner sa vie et d'être ( plus ) autonome. La seule reconnaissance qu'un travail puisse apporter à un handicapé, c'est de mener une vie d'adulte responsable. Nous ne sommes alors plus perçus comme des fainéants ou des adultes immatures. C'est déjà énorme !!!
Mais c'est important si l'on désire inscrire notre existence dans la société dans son ensemble. Il n'y a que des proches qui peuvent nous juger au mieux. A savoir, se fait-on des amis en fonction de notre situation professionnelle ou grâce à la curiosité de tout un chacun ? De nos jours, le travail est un élément fondamental dans la mise en relation des individus. Ne pas travailler est très mal vu dans l'inconscient collectif, quelqu'en soient les raisons. Cependant, je constate qu'il suffit parfois d'exprimer un talent, quand on en possède un. Mais en réalité, il suffit de s'exprimer sur le long terme avec les mêmes personnes. Il y a des gens très expressifs ou qui ont du charisme ( un profil qui plaît particulièrement à notre génération ), et d'autres qui révèlent leur pouvoir de séduction avec le temps. Être attiré par un(e) collègue de bureau relève de la facilité. Pour faire connaissance, je pense plutôt qu'il faille se rencontrer dans différentes circonstances. Mais pour cela, il faut du temps. Et comme nous passons la majorité de notre temps à travailler ... Bon, ça n'est pas qu'un problème de temps, on peut s'investir davantage dans une relation aussi. Mais là, on prend le risque d'avoir perdu son temps si la relation n'est pas satisfaisante ! Et oui, soit on fréquente un milieu et engageons de multiples relations ( la prise de risque est minime mais la relation reste longtemps superficielle ou fantasmée ), soit on privilégie une ( ou deux ) personne(s) isolée(s) sans à prioris mais en se lançant aussi dans une aventure un peu plus ardue.
Bref, je suis d'avis de fonder une petite famille
Le tout est de trouver ceux et celles qui sont dans mon cas, car aujourd'hui, les belles villas, grosses cylindrées et les vacances à l'hôtel sont très prisées. Que l'ont soit pauvres ou riches d'ailleurs, car l'essentiel est d'avoir un revenu. A deux, c'est plus facile, et le luxe devient populaire.
Avoir un travail rend les choses plus faciles à mon avis, de manière générale. En ce qui nous concerne, c'est plus compliqué. Il faut se donner la possibilité de voir des gens qui sont prêts à nous découvrir sous tous nos aspects, et ce, quelque soit leur première impression. Où les trouver ? Je ne sais pas. A l'entreprise peut-être. Ou ailleurs. Et bien cherchons ! Des rencontres peuvent se faire dans de multiples circonstances. Il faut se bouger, sortir quelques instants de notre cocon. Plus tard, quand nous aurons trouver l'âme soeur, nous retrouverons également notre paix intérieure.
Felipe.