Bonjour Jolaye,D'après ce qu'on m'a dit, il est normal, suite à un entretien avec un psy, de se sentir plus mal qu'avant le rendez-vous. Vous avez raison, faire face à ses problèmes crée des dificultés. Mais ça permet aussi de mieux les assumer, d'évacuer un poids énorme et de mettre en place un traitement approprié. Dans notre cas, la maladie étant chronique, on a besoin régulièrement de corriger certaines de nos attitudes et de confronter notre vision du monde à la réalité, réalité que représente le médecin. Pour cela, la première chose à faire est de s'exprimer. L'inconscient fera le reste.
Ceci dit, un médecin ( qu'il soit psy ou généraliste ) peut aussi donner des conseils ou simplement orienter nos choix. Ce dont nous sommes atteint est extrêment complexe et il est donc difficile ( présomptueux même ) de refuser l'aide de personnes compétentes.
Mais il est vrai que nous avons aussi besoin de vivre sans cette étiquette d'handicapé mental. Mais n'exagérons rien, je ne pense pas que tous les malades voient un psychiatres tous les jours ! ( mais au début, ou durant les périodes où l'on est vraiment mal, il est bon d'être suivi le plus souvent possible ) Sur ce forum par contre, beaucoup parlent quotidiennement de la schizophrénie. Mais on n'en parle pas que pour soi et surtout ( je pense ), il s'agit plus d'être en face de personnes compréhensibles que de se rappeler sans arrêt qu'on est malade. En outre, on peut rester anonyme ( ce qui n'est pas le cas dans des centres spécialisés ).
Je crois que pour accepter sa maladie, il faut beaucoup en parler. Et cette acceptation permet de l'assumer et d'agir le plus sagement possible. D'ailleurs, il est intéressant de constater que sur ce forum, on trouve autant de personnes préconisant l'assistanat que montrant la possibilité de vivre de manière autonome. Le public est large, les avis différents, selon les cas.
Tiens, je vais prendre un exemple qui va faire sourire : il y a fort longtemps, on m'a retiré un énorme grain de beauté sur le derrière. Et bien j'avais beau ne pas y penser, la douleur me rappelait cette intervention chirurgicale à chaque fois que je voulais m'asseoir. Aujourd'hui, je n'en souffre plus, mais la cicatrice est toujours là ( mais je vous rassure, je préfère me regarder le nombril que le derrière
). La maladie, qu'on le veuille ou non, on la subit au quotidien. Alors il faut bien en parler de temps en temps. Puisqu'elle est là, autant faire avec. Parler permet de dédramatiser. Et si je viens souvent ici, c'est aussi parce que je n'ai pas trouvé dans mon entourage des gens qui me comprennent.
Cette part intime de nous-même est pesante. Je vais beaucoup mieux. J'espère pouvoir travailler un jour. Mais il y a de nombreuses situations qui me rendent malade. Ici, une partie de moi-même s'exprime alors qu'elle serait mal vue ailleurs. Je me sens intègre, tout en préservant mon intimité grâce à l'anonymat ( mais je vois aussi deux psychiatres, c'est nécessaire ! )
Oui Jolaye, je suis d'accord avec vous, il n'y a pas que la maladie. La différence ici est que c'est nous qui prenons l'initiative d'en parler. On ne nous rappelle pas que l'on est malade, nous le savons et prenons les devants. C'est une manière de s'assumer.
Felipe.