Bonjour à tous,Je n'ai jamais subi de préjudices sexuels, mais je trouve vos contributions très enrichissantes.
D'abord, je suis du même avis que Charly, Nora et Léovie, si quelqu'un " se sent sale " après avoir eu une certaine relation avec un membre de sa famille ( ou autre ), il est possible de parler de viol ( ou du moins d'actes déplacés ).
Mais l'avis d' Amairyxiv est important aussi. Sa question, je crois, n'est pas de savoir si vous avez vraiment subi un attouchement sexuel mais de s'interroger sur la gravité de la chose ( la gravité de ce qui est un acte avant d'être nommé un viol ).
Qu'est-ce qu'un viol ? On pourrait penser qu'il s'agit d'une relation forcée qui implique avant tout un contact avec le sexe d'une des deux personnes concernées. Mais ça n'est pas que ça. Il y a une dimension psychologique dans l'exécution d'un viol qui n'est pas négligeable. Vous nous dites que votre grand-père vous serrez fort dans ses bras ( vous étiez donc forcée de rester avec lui ), qu'il vous a caressée ( on peut donc parler d'attouchements sexuels ), mais aussi qu'il essayait de vous attirer dans son lit. Ce dernier point est important à mon avis. Car même si vous n'avez jamais eu de relation purement sexuelle avec lui, il est parvenu à violer votre intimité en vous culpabilisant de refuser des " avances " ( quand on est enfant, l'autorité d'un adulte, de surcroit d'un membre de la famille, est vécue comme normale ). Sur le plan affectif, il est possible qu'on ait violé dans un tel cas.
Je veux dire que le viol ne se limite pas aux actes ( bien qu'ils soient indispensables dans la reconnaissance d'un viol sexuel ).
Je vous prie de m'excusez, j'ai repris votre message pour m'exprimer, mais je ne veux pas affirmer de manière catégorique que dans votre cas il s'agissait d'un viol. Je sais aussi que notre mémoire nous joue des tours. On peut se souvenir d'un événement en oubliant son contexte et en lui attribuant une valeur affective qui n'a plus rien à voir avec la réalité. Moi, je me souviens de ma grand-mère qui me serrait fort dans ses bras pour me dire bonjour. En fait, c'était par amour pour ses petits-enfants, un amour d'autant plus fort à l'approche de la mort ( je vous laisse réfléchir à cela, mon message est déjà long ). Et puis je me laissais faire, je ne disais rien même si je trouvais ça désagréable car elle s'en tenait là. Quand je repense à certains de mes délires, je me dis que j'aurais très bien pu croire qu'elle était pédophile ( d'autant qu'elle n'arrêtait pas de m'offrir des bonbons
). On peut très bien imaginer qu'une personne âgée, fatiguée et donc souvent allitée, préfère voir ses petits-enfants auprès de son lit ( et pour leur dire bonjour, les serrer dans ses bras, il faut bien que l'enfant s'allonge à côté de son parent ). Pour ce qui est des caresses, il n'y a rien d'anormal jusqu'à ce qu'elles se fassent au niveau du sexe ( ou si cela ce produit trop souvent, trop longtemps ou d'une certaine façon ).
Sans vouloir remettre en question ce que vous affirmez Morgana ( vraiment, j'insiste, ça n'est pas mon intention ), quelqu'un qui n'était pas là aux moments des faits et qui essaye de trouver la vérité ( votre psychiatre par exemple ) pourrait aussi penser que votre grand-père vous demandait de jouer à l'infirmière parce qu'il se savait dépendant ( de par sa vieillesse ) et que c'était un moyen de vous impliquer dans sa vie ( et aussi de s'impliquer lui même dans votre existence ) en vous donnant des responsabilités, en vous considérant comme une enfant intelligente capable d'avoir des responsabilités. Ce peut être un moyen de valoriser l'enfant, de lui montrer qu'il sait faire pleins de choses, tout en créant des liens affectifs qui n'existent pas toujours entre un enfant et ses grands-parents ( surtout de nos jours où les familles n'hébergent plus les grands-parents comme c'était plus souvent le cas autrefois. Bien souvent, les personnes âgées se sentent exclues, dépassées par l'évolution du monde ( ou victimes ). Elles ont besoin de beaucoup d'amour dans cette solitude renforcée par l'approche de la mort. Tout cela ( et bien d'autres sûrement ), les confidents doivent en tenir compte.
Quand je me remémore des moments de mon enfance, je ne me souviens pas de tout et je peux aussi attribuer une valeur négative à des choses positives ( ou inversement ! ). L'imagination vient combler les carences de notre mémoire ( c'est valable pour tout le monde, mais quand on est malade, c'est plus souvent le cas : on se dit bêtement inconsciemment que l'on n'a pas aimé la fois où un parent nous a grondé, et on lui attribue tous les torts possibles et inimaginables pour le vampiriser, quand on ne s'est pas remit d'une forte émotion ). De plus, il y a des choses que l'on n'est pas capable de comprendre quand on est enfants, donc certains détails ( parfois importants dans la reconstitution d'un événement ) nous échapperont toujours ( c'est pourquoi je pense que la psychanalyse a des limites, ou peut-être utile ! ).
Je ne cherche pas la vérité sur votre vécu, j'essaye de montrer à quel point l'esprit humain est complexe. Ce que vous avez ressenti au moment des faits et ce que vous ressentez aujourd'hui, c'est quelque chose de bien réel qui se justifie. Mais trouver un responsable n'est pas toujours évident ( je ne dis pas par là que vous vous trompez ; on sait que dans certains cas, ça n'est pas simple ). Il faut comprendre votre psychiatre quand il essaye de dédramatiser ce que vous ressentez ( pardon, ce sont vos parents ). En fait, il ne se comporte pas ainsi parce qu'il juge que vous avez tort mais parce qu'il ne voudrait pas entretenir la probable culpabilité ( à ses yeux de confidents ne connaissant pas tous les détails de " l'affaire " ) d'un innocent dans votre esprit. Il sait de toutes façons que les preuves irréfutables d'un viol à votre égard ( quelqu'en soit le degré ) se révèleront ( toujours à ses yeux ) un jour ou l'autre, surtout quand vous ne chercherez pas vous-même à parler de ce sujet ( là, il constatera de manière évidente, si c'est le cas, que votre douleur est associée à un viol ( car si c'est visible alors même que vous n'y pensez pas, c'est bien quelque chose de réel ).
Pour répondre à la question posée dans le titre ( ici, j'ai répondu au contenu de votre message ), littéralement, non, " des abus sexuels ne sont une conséquence de la schizophrénie ". Ils se produisent dans de nombreux cas. Mais j'ai bien compris votre question ( reprise dans votre message ), et là, je crois qu'il est possible qu'un tel traumatisme ait pu faciliter le déclenchement d'une schizophrénie, sans pour autant en être la cause ( je suis d'avis qu'il existe plusieurs facteurs à risque, tout comme Sergi et bien d'autres ).
Est-ce votre cas ? Je n'en sais rien. Peut-êre y-a t-il eu un événement plus marquant dans votre enfance ??? Un événement qui ne durerait pas nécessairement un instant mais plusieurs années ??? Ou encore un accouchement prématuré ou bien ... ( plutôt que de connaître les causes de ma maladie, je préfère savoir comment aller mieux, même si cela nécessite de revenir sur son vécu ).
Cordialement.
Felipe ( Alexia, si tu lis ce message, je vais te répondre, mais j'essaye de ne pas faire trop long
)