Bonjour Dominique,Je vais continuer mes démarches auprès de l'ANPE. Le plus important, c'est que je trouve une formation, un apprentissage. A ce propos, je ne compte pas attendre que la Cotorep m'oriente. Je sais que les agents administratifs sont affectés dans différents secteurs ( informatique, culturel, communication... ) et je vais travailler là-dessus, réfléchir à ce que je pourrais faire pour augmenter mes chances d'être embauché ( peut-être une formation en audiovisuel, ou en communication, avant ou après avoir essayé de passer le concours, je ne sais pas ). Même si ça n'a que très peu d'importance dans ce type de boulot, j'aurais déjà la capacité de comprendre le jargon du secteur dans lequel je pourrais travailler. Et puis ça me donnera l'occasion de rouvrir certains bouquins. Je pense qu'il me sera plus facile de trouver la motivation en sachant que ce que je fais pourra m'être utile à l'avenir. Bon, reste à savoir si l'ANPE sera prête à m'aider financièrement ( j'attends toujours un perfectionnement en bureautique, et à ce sujet, la mission locale me parait plus généreuse que l'ANPE, mais j'ai plus de 25 ans, je ne dépend plus de la Mission locale ).
Voilà, je tiens bon, je me renseigne comme je peux, et je me demande si je ne vais pas essayer de faire plusieurs formations ( bureautique, comptabilité, gestion ... ? ), comme certains accumulent les contrats d'apprentissage. Un BTS, ce serait beaucoup trop difficile pour moi ( ou quelque chose dans le genre ), alors que je sais qu'il y a moins de pression dans les centres de formations de courtes durées ( de 3 mois à 1 an, selon moi ), et puis le public n'est pas le même, on nous prend moins pour des fainéants ou des fêtards, le regard n'est pas le même. C'est peut-être important, aussi, pour votre enfant. Je ne suppose absolument rien à son sujet, je communique cette angoisse, " gratuitement ". D'ailleurs, je ne sais plus quel âge elle a ( pardonnez-moi ). Quand on est adolescent, on souhaite être reconnu comme un adulte. En principe, ça vient avec le temps. Mais quand on est malade, qu'on n'a pas de travail et qu'on est pas mal assisté, l'attitude de certains professeurs ou formateurs peut être humiliante, à moins qu'ils ne soient au courant de nos problèmes ( et encore, ils peuvent alors se montrer trop indulgents ). Je suis encore jeune, mais ma vie privée ne regarde plus les enseignants. En gros, quand on est adulte, on ne nous demande plus ( de manière explicite ou détournée ) si l'on fait la fête tous les soirs ( en ce qui me concerne, c'est loin d'être le cas, j'ai pas mis les pieds " dehors " depuis plusieurs mois ). Souvent, je trouve qu'en voulant responsabiliser les jeunes ( ou même les demandeurs d'emploi en général ), on les infantilise davantage. " faites ceci, faites cela ", sous-entendu : " vous êtes encore des enfants ". C'est efficace jusqu'à un certain point. Mais toujours considérer l'échec comme le résultat d'un comportement infantile, c'est refuser soi-même d'admettre que la vie d'adulte comporte ses propres difficultés. ça n'encourage pas à comprendre le monde des adultes, qui serait alors à l'image de la période d'adolescence. Bon, j'ai le malheur de faire plus jeune que mon âge, ça explique bien des choses. Mais je pense aussi aux gens qui ont 40 ans et qui sont obligés de vivre chez leurs parents alors qu'ils travaillent, les propriétaires estimant que leur revenu n'est pas suffisant pour leur louer un appartement. C'est humiliant et empêche d'assumer sa vie d'adulte ( mais ça peut se comprendre, vu la précarité des emplois aujourd'hui ). En fait, c'est pas vraiment l'assistanat qui me gène, mais plutôt la manière dont on essaye de nous motiver. On cherche surtout à nous culpabiliser ( mais c'est parfois involontaire ). " Vous n'avez pas de travail, aucune qualification, c'est donc que vous n'avez encore rien fait pour. Alors : bougez-vous ! ( vous n'êtes plus un enfant enfin ! ) ". Mais pour revenir à ceux qui n'ont pas d'autres choix que de vivre sous le toit de leurs parents, ceux-là même qui travaillent, que doit-on leur dire ? Non, le monde adulte n'a rien à voir avec l'adolescence. Il y a des réalités extérieures au cocon familial. Je crois, d'après ce que je sais de la Cotorep, que cet organisme tient compte de cela ( peu m'importe les raisons ). Bon, on n'a pas plus de chances d'obtenir un logement privé, mais notre handicap justifie notre situation professionnelle et sociale. Bientôt j'espère, je ne serais plus un enfant. Mais quand va t-on trouver une solution aux problèmes de logements de ceux qui pourtant ont un emploi ? Ou plutôt, quand va t-on cesser d'essayer de nous responsabiliser à la manière d'un parent ? ( je veux dire que l'exemple du logement montre bien que toutes les difficultés n'ont pas toujours un rapport avec l'enfance ) A l'âge adulte, la vie privée devient plus intime ( si je puis dire ), ce qui favorise le renforcement de l'identité ( sentiment de sécurité ) et nous donne la possibilité de mettre en place des stratégies d'adaptation aux contingences de la vie. Mais pour cela, il ne doit pas y avoir de confusion entre vie privée et vie publique ( sauf avec certaines personnes, un médecin ou une assistante sociale par ex ).
Vous avez compris que je ne dis pas ça pour vous, Dominique. Je me suis un peu égaré. Sinon, je vais voir si on peut m'aider à préparer un concours administratif. Seul, ça ne changera pas grand chose à mes conditions de vie. J'espère que l'ANPE prendra le relais de la Mission locale ( question financement ).
Je vous souhaite un bon week-end.
Felipe.