Modifié le 02-09-04 à 16:05 (GMT)Bonjour à tous,
La profusion de ce genre de films nous montre aussi que nos sociétés sont en train de repousser les limites de la normalité. Après avoir découvert les nombreuses possibilités de prendre soin de leur corps, les gens apprennent à maîtriser leur esprit ( tests psychologiques en tous genres, conseils accessibles par l'intermédiaire de la presse et de la tv, psychothérapies ... ). Résultat : ils sont capables de déceler autour d'eux plus de troubles psychiatriques qu'avant ( je ne dis pas qu'ils savent les distinguer ). Comme le cinéma consiste avant tout à nous projeter dans une histoire irréelle et que la mode est aux effets percutants ( probablement à cause d'un climat général inquiétant que les populations veulent fuir : terrorisme, chômage .. ), le criminel doublé d'un malade mental vient se substituer au monstre d'autrefois, beaucoup moins convaincant. Et s'il a les yeux révulsés, c'est encore plus efficace.
J'en conclus que le monstre ne fait plus peur, on n'en a pas encore trouvé sur Mars
J'en conclus aussi que la racaille de la cité fait moins d'effet, les politiques s'en occupent. Le fou est donc remis à l'ordre du jour.
Bon, mais ça n'explique pas pourquoi l'anormalité aurait reculé d'un cran ( pourquoi quelqu'un qui était considéré comme ayant des problèmes ne l'est plus aujourd'hui ). En fait, l'engouement pour les films de malades mentaux montre bien l'évolution des mentalités : les gens ont moins peur du délinquant ( lui aussi considéré comme anormal, du moins jusqu'à une époque récente°°° ) et cherchent désormais à confirmer la pureté de leur âme en se confrontant aux malades mentaux criminels ( c'est comme ça que je vois les choses : de tout temps, l'Homme se crée des " monstres " pour délimiter le bien et le mal dans son esprit, car il est difficile d'admettre que chacun fait du mal sans le vouloir. Le côté obscur de l'Homme est en quelque sorte transposé à la vision mystique, religieuse ou scientifique de l'organisation de notre société ). Le " délinquant " ne pouvant plus absorber le " démon " qu'il y a en chacun de nous, on se rabat sur d'autres phénomènes inacceptables ( car incompréhensibles ). Cela prouve bien que l'idée que l'on se fait du mal absolu ( souvent associé à l'anormalité, à tort probablement ) évolue avec l'enrichissement des connaissances de tout un chacun.
Demain peut-être, lorsque la majorité des gens admettront que certains criminels agissent indépendamment de leur volonté, la peur ( de se savoir malfaisant ) viendra de ce qu'on nomme " l'intelligence artificielle " ( je dis ça au hasard ). Mais je crois que les choses ont déjà commencé à changer : nous avons parfois affaire à des psychopathes doués d'une intelligence supranaturelle, qui ont des pouvoirs magiques ( au cinéma ! ).
Bon, ben c'est plutôt bon signe pour nous ça !? Mais pour le moment, je suis du même avis que vous autre, le cinéma donne une image beaucoup trop caricaturale de la maladie mentale. Espérons que ça évolue dans le bon sens !
°°° ( note ) : on parle beaucoup de " marginalité " aujourd'hui, qui est une façon ( entre autres !!! ), de donner un aspect plus humain aux délinquants.
Felipe.
N.B : tout cela reste à vérifier bien sûr. Je ne fais que donner mon analyse.