Modifié le 03-09-04 à 02:26 (GMT)Bonjour Nora,
Oui, c'est bien ça qui nous isole. Il est difficile d'occulter nos problèmes ( je réponds à votre premier message sur ce sujet ).
Il y a quelque chose d'humiliant aussi, de mutilant : c'est de ne pas parvenir à susciter en l'autre une attitude qui correspondrait à nos atentes. Si je suis souvent d'une humeur sombre, il m'arrive parfois de ressentir de la joie face à quelqu'un. Mais sa réaction n'est alors que très peu visible, car je ne dois apparemment pas être suffisament expressif. Pourtant, ces moments de joie sont précieux. Au fond de moi, ils rehaussent ma dignité. Malheureusement, je ne parviens pas à partager cette émotion. Je reste de marbre. Je ne suis pas en train de dire que nous manquons d'empathie, ça n'est pas mon propos. Lorsque je souhaite rendre à mon interlocuteur la satisfaction que me procure ses paroles ( je comprends donc très bien ce qu'il me dit ), je n'y parviens pas, manifestement.
Ne pas être compris des autres est humiliant. Mais il ne s'agit pas toujours de notre douleur. Comment peut-on dire " je t'aime " avec un masque sur le visage ?
Oui, ce masque est certainement celui de nos peines prisonnées de nous-même. Il ne laisse échapper de ses orifices que des éclats de verre impénétrables. Une lueur.
Le masque des gens normaux quant à lui est plus coloré, sans pour autant être translucide. Il brille de pleins feux, mais n'est pas sensible à nos émois passagers.
Mais nous le savons tous, la lumière ne fait pas que révéler. Elle donne naissance aussi ! Là, je rejoins Charly. Soyons attentifs aux autres. Laissons murir le fruit qui est en nous, car quand il sera bon à croquer, on viendra le décrocher.
Felipe.