Bonjour,J'aimerais relancer cette discussion. Que faire une fois stabilisé ? Poursuivre ses études ( il y a des cours par correspondance pour ceux qui ne sont pas suffisament stabilisés ), reprendre le travail avec ou sans l'aide de la Cotorep, suivre une formation ( éventuellement en milieu dit protégé, c'est-à-dire adapté à nos handicaps ), s'adonner à un loisir ou élargir ses connaissances dans une association, parcourir les lieux de rencontre que la ville nous offre pour trouver l'âme soeur et fonder une famille, prendre soin de son corps en faisant un minimum de sport et en découvrant les plaisirs de la cuisine ...
Non, je ne suis pas ironique. Tout cela n'est pas illusoire quand on se porte mieux. Le monde est composé de nombreux types d'individus. L'aide, le soutien, ou l'amour dont on a besoin, on peut le trouver autour de nous. Mais comment se présenter face à un(e) inconnu(e) alors qu'on porte ce fardeau qu'est la schizophrénie ? Avons-nous peur de nous-même ou de la réaction de notre interlocuteur ( que l'on dise ou pas de quoi nous souffrons ) ? Il faut apprendre à valoriser ce qui nous gratifie alors même que nous dévoilons sans le vouloir nos peines les plus déchirantes. Dans cet amas de roches en fusion peut jaillir un feu des plus éblouissants. Que voulons-nous finalement quand on est stabilisé ? Vivre en société bien sûr. Briser ces chaînes que l'on traîne depuis la fin de notre dernière hospitalisation. La douleur est toujours présente, la maladie est toujours pesante, mais de nouveaux horizons se dessinent à la lueur d'un matin ivre de regards emplis de joies. Oui, le bonheur est enfin à portée de main. Le blanc pathétique et criant des hospices prend les couleurs d'un printemps ... à venir.
Entre désir et réalité : le temps.
Felipe.