Forum Médical

Attention : cette archive du forum est en lecture seule.
Page d'accueil du site

"Méfiance et peur des autres"

Envoyer ce sujet à un(e) ami(e)
Format d'impression
Mettre en signet (membres seulement)
 
Précédente | Suivante 
Accueil Général des Forums
Forum : Schizophrénie (Protected)
Message d'origine

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-04, 21:08  (GMT)
"Méfiance et peur des autres"
Bonjour à tous,

Je poste ce message car je voulais vous faire part d'une réflexion que je me suis faite ce matin avec mon thérapeute.
Depuis mes crises de schizophrénie, notamment depuis la seconde qui a duré près d'un an, j'ai une certaine peur des gens et une méfiance evers eux qui me fait redouter les nouvelles relations.
Pendant ma 2eme crise j'ai été harcelée par des voix et même insultée, elles me criaient dessus. Et depuis j'ai remarqué que j'avais peur de me faire agresser dans la rue plus qu'avant. Je précise que ce n'est pas du tout un délire paranoïaque, je ne prete aucune intentions précises aux gens, je ne crois pas qu'il me veuillent du mal, mais j'ai peur des agresions ou des manifestations de violence surtout le soir.
D'autre part, j'ai peur de m'investir dans une relation avec quelqu'un qui pourrait alors m'engager à quelque chose vis à vis de lui et j'ai peur de ne plus pouvoir par la suite me défaire de cette personne. Pourtant j'ai besoin d'amour et nouvelles rencontres mais elles m'inquiètent, et je rechigne de peur que quelqu'un puisse m'appeler trop souvent au téléphone ou je ne sais quoi d'autre. Je ne sais pas si cette méfiance envers les autres en général est due au fait d'avoir été agréssé par mes voix, même si il est vrai que j'ai eu auparavant une vie où il y avait une certaine violence principalement morale mais un peu physique aussi, mais pas forcément à mon encontre. Je voudrais savoir si quelqu'un partage cette appréhension ou cette peur de la violence des gens suite à des periodes de crise violente. Je ne sais pas si je dois attribuer ce phénomène à ma vie réelle ou à mes crises. Mais cela se manifeste seulment depuis ma dernière crise.

Merci de vos réponses.

Agathe

  Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Méfiance et peur des autres Laurence2 29-10-04 1
   RE: Méfiance et peur des autres agat 30-10-04 4
 RE: Méfiance et peur des autres caromaga 29-10-04 2
   RE: Méfiance et peur des autres agat 30-10-04 5
 RE: Méfiance et peur des autres Felipe 29-10-04 3
   RE: Méfiance et peur des autres agat 30-10-04 6
       RE: Méfiance et peur des autres Felipe 30-10-04 7
           RE: Méfiance et peur des autres agat 11-11-04 8
               RE: Méfiance et peur des autres Pandore 11-11-04 9
                   RE: Méfiance et peur des autres agat 11-11-04 10
                       RE: Méfiance et peur des autres agat 12-11-04 11
                   RE: Méfiance et peur des autres charly 12-11-04 12

Lobby | Retour au Forum | Précédente | Suivante

Texte des réponses

Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-04, 22:21  (GMT)
1. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour Agathe,

j'ai souvent connu cette peur il y a quelques années. J'avais peur le soir, je n'aimais pas rester seule, si quelqu'un sonnait à la porte la nuit (en ville, ça arrive souvent), directement j'imaginais le tueur sanguinaire et j'étais paralysée par la peur, me promener en rue le soir me faisait peur, si j'avais des coups de fils (à peine) bizarres c'était aussi le crise de parano (genre Scream), si mon frère rentrait à la maison pendant la nuit j'étais prête à appeler la police en imaginant que c'était un cambriolage, etc... Et puis c'est passé avec le temps, j'ai eu de nouveau des peurs de ce genre au moment de l'affaire Fourniret, mais ça va mieux (à force d'entendre des horreurs).
Je ne peux pas te donner beaucoup de conseils, étant donné que je n'ai rien fait de spécial pour ne plus avoir peur, j'ai simplement cessé d'imaginer n'importe quoi mais ça ne se contrôle pas. Comme quoi, ne perd pas espoir, ça peut s'arranger.

Amitiés,

Laurence

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-10-04, 14:34  (GMT)
4. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour Laurence,

Merci d'avoir répondu si vite et d'avoir si bien cerné mon questionnement.
Ca fait du bien de sentir que l'on est pas la seule à avoir ou à avoir eu à faire face àce genre de démons. Les images de télévisions violentes ou les références à la violence dans les informations et dans les films a aussi un effet sur moi. surtout l'histoire de cette fille tuée par une de ses anciens mec récemment en ven,dée je crois m'as fait un peu peur, et me renvoie à mon appréhension à entemer une relation avec quelqu'un. Ce qui me parait étrange c'est qu'avant d'avoir mes crises je n'avais peur de rien, je trainais dehors la nuit et fréquentait des gens violents tout en sachant qu'elle ne se manifestait qu'envers certains ou à certains moments, mais maintenant j'ai perdu cette rationalité qui me faisait penser que je n'avais pas le profil de victime. Mais ce qui m'intrigue principalement c'est le rôle des épisodes schizo dans cette peur. La violence interne que l'on subit lors de ces crises serait elle marquée dans notre mémoire comme si on les avait réellement vecus? J'en ai l'impression et au vues de vos réponses il me semble que c'est le cas. Qu'en pensez vous vous malades, proches et vous aussi docteur dupagne?
Vivre des agressions par le biais d'hallucinations nous laisserait il les mêmes traces que la vivre en vrai?

Merci à tous
A bientôt

Agathe

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

caromaga (12 messages) Envoyer message email à: caromaga Envoyer message privé à: caromaga Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-04, 23:04  (GMT)
2. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonsoir agat,
Je suis comme toi je me méfie des gens parceque mes voix me font du mal même bcp de mal et du coup quand je suis dans la rue je suis pas bien j'entends des personnes m'insultaient et en plus elles me frappent mes voix je voudrai savoir si toi aussi elles te frappent les voielles te plantent par exemple un clou sous le pied)

ça serait sympa que tu me répondes

Je te fais un bisous à+

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-10-04, 14:39  (GMT)
5. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour caromaga,
Caroline? Magalie?
Je n'ai plus de voix aujourd'hui mais lorsque j'en avais elles me plantaient à coup de couteau et je ressentais la douleur. Je me battais avec elle et c'était épuisant. Mais si tu en as encore je ne peux que te conseiller de voir un psychiatre et si tu en vois un de lui en parler. Car les neuroleptiques ont stoppé chez moi tout ce harcelement par les voix et les sensations en moins d'une semaine. Quelle délivrance merveilleuse!

Bises

Agathe

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

Felipe (634 messages) Envoyer message email à: Felipe Envoyer message privé à: Felipe Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
29-10-04, 23:55  (GMT)
3. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour Agathe,

Le souvenir que m'évoque votre message est celui d'un cambriolage. J'étais plus ou moins stabilisé, et un soir, en rentrant chez moi, je suis tombé sur un cambrioleur. Je n'avais pas fermé ma porte-fenêtre. Je ne vous raconte pas dans quel état ça m'a mis. J'étais terrorisé. Heureusement, des voisins m'ont pas mal ' secouru " ( les détails de cette histoire n'ont rien à voir avec le thème du forum ). Je crois que deux ans après cet événement ( je ne me souviens plus de la durée exacte ), j'étais encore hyper sensible aux faits et gestes de personnes me regardant un peu de travers dans la rue. Je paniquais facilement. J'étais pressé de m'enfermer chez moi. Au tribunal, je n'ai pas pu " témoigner ", j'étais décomposé, bien malade comme on dit. Mais je ne regrette pas d'y être allé, même si ça m'a valu une nouvelle hospitalisation, plus facile à gérer que les précédentes car je l'ai moi-même réclamée.

Aujourd'hui, ma méfiance n'est plus en rapport avec la criminalité. Je reste distant avec les gens que je rencontre, comme vous. Mais je crois que je crains plus mon attitude envers eux qu'ils ne me font peur. J'ai surtout peur de ne pas être à la hauteur de leurs exigences.

Cordialement.

Felipe.


  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-10-04, 15:10  (GMT)
6. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour Felipe,

Je crois sans vouloir trop généraliser et dites moi si vous pensez que j'ai tord, que nous autres schizophrènes sommes plus sensibles que la moyenne. Alors est ce une cause ou une conséquence de la maladie tout est là...
J'ai moi aussi été cambriolée une fois et c'est vrai que c'est très effrayant car on a l'impresion que notre intimité a été violée. On a plus de lieu sur où s'habriter, la maison perd son côté reuge pendant un certain temps et c'est vrai que ça inquiète. Personnelement depuis que ça m'est arrivé j'ai toujours l'impression d'avoir oublié de fermé la porte. Mais cela a tendance à s'estomper.
Laurence a raison sur le fait que les frayeurs s'atténuent avec le temps.
Sinon pour ce qui est des relations sociales, il parait que mon appréhension ne se voit pas, car en fait elle ne se manifeste que lorsque les gens veulent aller plus loin, avoir mon numéro de téléphone, se voir plus souvent etc... Moi aussi j'ai un espèce de sentiment d'infériorité vis à vis d'eux et je me demande toujours ce qu'ils peuvent bien me trouver. En fait c'est un problème d'estime de soi, mais la plupart des gens n'en demandent pas beaucoup aux autres et les qualités humaines non palpables sont ressenties par les autres et peuvent leur suffire à nous apprécier. Je lis régulièrement le forum même si je n'intervient pas souvent, mais dernièrement j'essaie d'apporter ma modeste pierre à l'édifice. Et vous savez (j'aimerais bien qu'on se tutoie mais je respecte votre option) j'aime bien la façon que vous avez d'analyser les choses et vos reflexions témoignent une certaine sensiblité et des qualités humaines que les autres doivent savoir apprécier. Vous me semblez lucide et intelligent et je suis persuadée que vous êtes à la hauteur des exigences des gens.
Mais c'est vrai que le statut de malade psychique nous renvoie une image négative qu'on le veuille ou non et crée un peu un sentiment d'infériorité contre lequel il faut lutter. Mon psy lorsque j'en lui ai parlé m'a fait dire toutes les qualités que je me voyais et m'as posé des questions pour que je les "accouche" ce qui m'a fait beaucoup de bien car j'ai réalisé que bien des choses ne sont pas apparentes ne quantifiables mais sont présentes dans notre façon de parler et d'agir et que nous n'en avons pas forcément conscience.
Et s'il est vrai que le statut social joue un rôle dans la façon dont certains nous perçoivent, je me suis fait une raison et me dis que ceux qui s'arrêtent à cela ne savent pas ce qui est important dans la vie. Les gens qui jugent les autres sont souvent bloqués dans cette logique de jugement ce qui rend leur conversation ininteressante, alors offrez votre compagnie aux personnes ouvertes qui sauront voir vos qualités plutôt que vos défaut.
Personnellement je me dis qu'en un sens ma maladie comme d'autres coups durs me permet que se fasse un tri de mes relations et quelque part cela m'ecarte des gens superficiels et attaché à l'apparence ou au statut social. Je ne perd plus mon temps avec eux et si il ne me reste que peu d'amis ce sont des gens fiables et tolérants.

A plus tard

Agathe

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

Felipe (634 messages) Envoyer message email à: Felipe Envoyer message privé à: Felipe Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
30-10-04, 21:27  (GMT)
7. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour Agathe, ou bonsoir,

Les questions que tu te poses sont intéressantes. Tu parles de " violence interne ", et c'est vrai que ce mot est juste. Si des gens peuvent croire que nous nous faisons violence, si la violence comme actes de destruction envers un corps humain concerne beaucoup de schizophrènes, la violence dont tu parles est beaucoup moins connue. Elle n'est pas seulement à l'image d'un délire ou d'hallucinations, elle est aussi une entité bien à part qui nous empèche d'avoir des relations comme tout le monde. Je suis de ton avis, les crises que nous avons vécues génèrent des peurs sur le long terme. Je ne sais pas si on peut parler de destructuration, en tout cas, le traumatisme d'une crise aigüe est tel que nous pouvons douter de nous et remettre beaucoup de choses acquises en question. Là, je crois que la psychanalyse peut aider.

Oui, nous sommes beaucoup plus sensibles que des gens en bonnes santé. Plus fragiles surtout, car être sensible ne signifie pas forcément décompenser. Les qualités dont tu parles à propos de tolérance et d'ouverture d'esprit n'empèchent pas d'avoir des défauts qui peuvent être invivables. Je ne dis pas ça pour moi ni pour les schizophrènes, c'est selon moi valable pour tout le monde. On peut prêcher la tolérance et voter pour l'extrême droite par exemple. Et puis dans mon cas, je sais qu'avoir une philosophie de la vie idéaliste ne permet pas forcément d'être aimé. Il est bon de voir les choses simplement parfois, et c'est une autre histoire, car ma sensibilité ( la mienne, je ne dis pas que je suis plus sensible que quiconque ) me joue des tours. Je peux me tromper sur le sens du comportement de quelqu'un envers moi, et je peux aussi être désagréable ( je ne parle pas de mon humeur mais d'un manque de charisme ). Quelqu'un peut avoir du répondant, sourire ou pleurer au bon moment, je ne réagis pas comme il le faudrait. Il n'y a pas que la peur des autres ou le manque d'estime de soi qui m'handicape. Mais bon, j'espère que la psychanalyse peut aider dans tout ça. Il y a des choses qui changent en nous sans qu'on le veuille vraiment et sans qu'on y prête attention. Les petites améliorations génèrent des attitudes plus appropriées face à quelqu'un.

Enfin voilà. Je m'arrête là, je ne voudrais pas partir sur un autre sujet.

Ah, je voulais te dire que tes propos ont changé ma façon de concevoir le statut d'handicapé. Je m'étais déjà interrogé là-dessus, et j'ai réalisé qu'on pouvait parler de statut en ce qui concerne les handicapés qui ne travaillent pas ( ça me gênait avant ). Finalement, la maladie nous caractérise tellement qu'on peut parler de statut à part entière. C'est plus difficile à accepter quand on va mieux et qu'on peut travailler, mais on reste très fragile.

A bientôt.

Felipe.

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
11-11-04, 10:00  (GMT)
8. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour à tous, bonjour Felipe,

Je lis le forum depuis un an bien que je n'intervienne que depuis peu, et Felipe tume semble avoir deserté c'est dommage.
En ce qui concerne la question de savoir si nos violence (insultes ou agressions) subies pendant les délires sont emmegazinée dans la mémoire comme des souivenirs réels et sont par là potentiellement traumatiques. Il me semble que la réponse est oui. §Bien que je n'ai pas vu mon psychiatre récement pour lui demander et que mon psychothrapeute me renverra surement vers lui pour ce genre de question. Même si je vais essayer de lui demander demain. J'aurais aimé que le docteur Dupagne donne son avis mais visblement il n'est pas tombé sur notre discussion.
Donc je cherche toute seule et je me dirige de plus en plus vers l'hypothèse que ces évenements violents ou autre d'ailleurs sont vécus par notre psychisme comme réels et à partir de là se stockent dans la mémoire comme tels. Ce qui peut mener à créer des traumtismes dus à des évenements vécus en délire.
J'ai un exemple qui me fait le penser. Pendant mes crises j'étais harcelée sexuellement voire mutilée sexuellement par des hommes et des femmes et depuis j'ai un gros problème dans les relations amoureuses. Ma dernière crise a duré un an et s'est terminé en septembre 2003. Pendant que j'étais à la clinique un ami qui venait me voir tous les 2 jours est devenu mon petit copain et s'est révélé très patient par rapport à mes réticences au niveau sexuel et plus largement affectif. Je ne parvenais plus à accepter tendresse et amour physique. Mais à ce moment je ne comprennais pas que ça venait de là. En plus il y avait de plus fortes doses de neuroleptiques. Il a été très patient mais je l'ai quitté quand même. Un sentiment d'oppression se créait en moi face à son amour. Et hier, j'ai rencontré un mec d'internet qui a essayé de m'embrasser et qui m'a pris dans ses bras et je me suis mise à pleurer je me sentais agressée et les agressions des delires me sont revenues en mémoire. C'est là que j'ai compris que cette violence irréelle s'imprimait dans l'esprit comme la violence réelle, peut être à un degrès moindre.
D'autre part cela expliquerait la fragilité que Felipe souligne chez les schizophrènes en général. Ou tout au moins en partie.
Je pense cela aussi en raison de mon attachemnt à un être imaginaire, un homme que j'aimais et qui m'aimais (dans mon délire) et qui me protégeait de ces aggressions. J'ai aussi longtemps cherché à le retrouver comme si il existait. J'ai cette impression qu'il existe et j'essaie de me raisonner car c'est quasiment impossible. A moins que je l'ai croisé un jour et que je ne m'en souvienne pas. Donc les souvenirs positifs me semblent aussi s'inscrire dans la mémoire. Peut être cela est il aussi du au fait que je croyais à ce que je voyais et j'ntendais pendant mes crises.
Alors qu'en pensez vous? Avez vous l'impression que ces souvenirs sont stockés comme des vrais? Et étiez vous conscient au moment des crises que ce que vous voyiez était faux?
J'espère toujours une réponse de la part du docteur Dupagne même si j'en parle demain à mon psychothérapeute. Et peut être plus tard au psychiatre. Je vous dirais les réponses que j'ai pu avoir si ce sujet vous interesse.

@+

Agathe

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
11-11-04, 10:27  (GMT)
9. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour,

Merci pour ton témoignage qui nous éclaire sur ce que peuvent ressentir les personnes schizophrènes.

Une autre hypothèse pourrait être que ces peurs existaient déjà en toi, mais inconsciemment, que le délire a fait sauter une sorte de verrou et les a rendues en quelque sorte conscientes et même quasi-réelles, comme si elle venaient de l'extérieur, et que maintenant il faudra encore un certain temps pour que tu oublies de nouveau un peu ces peurs, qu'elles retournent à l'état inconscient.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Amitiés,

Pandore

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
11-11-04, 11:41  (GMT)
10. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour Pandore,

Pour ce qui est de l'origine de ces peurs, je crois les conaitre au moins en partie. Je suis dans le 93 et ai toujours eu de mecs un peu irrespectueux des femmes, comme malheureusement il y en a beaucoup ici. Enplus je vendais du shit et trainait avec des zonards. J'ai arrêter de les voir maintenant.
Ma première relation sexuelle s'est faite à 14 ans avec un mec avec qui je ne sortais pas et qui m'a influencé pour le faire au point que je m'interrogeait à l'epoque pour savoir si ce n'était pas un viol. En plus il nous a filmé et a fait tourner la cassette à ses copains. Alors j'ai fait bonne figure et ai revendiqué ma liberté contre les musulmanes par exemple qui me disaient que Dieu me le ferait payer. Cette histoire a attiré à moi des mecs qui m'avais vu et qui voulaient eux aussi en profiter et a un peu perverti mes rapports aux mecs dans l'adolescence. Je faisais semblant d'assumer et de revendiquer ma liberté sexuelle mais en vértité j'étais profondément boulversée.
Suite à ça, j'ai décidée dans mon esprit d'adolescente de ne jamais plus me faire avoir par les mecs et de les traiter comme des objets sexuels. Je trainait q'vec des garçons et choisissait des mecs juste pour coucher avec. J'en parklais crumement avec eux, come eux. En plus je dealais et trainais avec des dealers. Les discussions que j'avais avec eux me montraient à quel point ils considéraient les femmes comme des objets sexuels. J'en faisais donc autant avec les mecs pour ne pas être trahie. J'avais même demandé à un pote de me flinguer si je disas "je t'aime" un jour. Excès de fiereté, peur de se faire avoir en eprouvant des sentiments. Je les ai annihilés par le shit et parvenait à ne plus rien ressentir et je me croyais forte. Mais c'est le shit qui me donnait cette insensibilité que je prenais pour une force.
Ma chute dans la schizophrénie m'a fait changer d'image auprès des autres que je ne revoit presque plus. Je n'ai donc pas eu de relation serieuse avec un mec avant d'être hospitalisée. Ce n'est qu'apres ma 2eme hospitalisation que le grand frère d'un pote de l'epoque, qui ne boit pas, ne fume pas et travaille comme ambulancier s'est interessé à moi et m'a donné de l'amour vrai. Je l'ai bêtement quitté au bout d'un an (il y a mois) mais je le revois aujourd'hui et on va probablement se remettre ensemble. Car lui ne s'interesse pas à mon image sociale mais à ce que je suis. D'ailleurs, j'ai eu du mal à vivre une relation normale avec lui au niveau de la tendresse notamment et il en a souffert mais il a accepté car il m'aimais. J'ai bon espoir pour aujourd'hui à ce qu'il m'a dit au téléphone.
Bref tout ça pour dire que cette vie d'errance sexuelle et de discussions avec les mecs sur la façon dont ils voient les femmes a du me marquer et peut être ma première experience sexuelle aussi car finalement c'est elle la cause de tout ça, de ce que j'ai pu faire après pour me protéger.
Je pense que cette vie m'a traumatisé et que ça s'est révélé ensuite dans les crises. C'est pour ça que je me demandais si c'était la réalité simplement ou les crises qui m'ont marqué et qui font mes peurs actuelles.
C'est pour ça aussi que je voulais es temoignages degens n'ayant eu d'experiences traumatisantes que dans les crises pour voir si celles la sont plus marquantes car portant sur des "faits" plus graves.
voila, desolée pour la longueur de mes messages mais j'ai tendance à me répandre ici car vos réponses font beaucoup progresser ma reflexion.
Merci à tous

Agathe

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

agat (53 messages) Envoyer message email à: agat Envoyer message privé à: agat Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
12-11-04, 12:03  (GMT)
11. "RE: Méfiance et peur des autres"
Bonjour à tous,

J'ai parlé de cette question de l'impression des souvenirs du délire comme des vrais souvenirs dans la mémoire à mon psy. Il m'a confirmé que ces évènements irréel se stockent dans la mémoire comme des souvenirs que l'on aurait vraiment véu. Je suis contente d'avoir compris ça, ça explique probablement en grande partie la tendance à la réticence au relations sociale, la peur des autres et de la vioelence que semblent partager beaucoup de schizophrènes.

Voila

bises

Agathe

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour

charly (394 messages) Envoyer message email à: charly Envoyer message privé à: charly Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
12-11-04, 18:16  (GMT)
12. "RE: Méfiance et peur des autres"
bonjour à tous,
je suis comme agat, et avant j'était inconsciente des dangers qui m'entouraient, je fonçait tête baissée dans des histoires qui auraient pus terminer très mal. je pense que la maladie révèle une partie qui sommeillait et qui attendait un déclencheur, je déteste le soir, et peux être cela peut être expliqué par une partie de mon enfance, je ne sais pas, mais cela est pesant, j'ai appris à apprivoiser cela en relativisant mais c'est dur quand on est paniquée de relativiser, mais avec le temps j'ai appris. en fait je vient d'une famille nombreuse qui ne s'est jamais séparée, et jeune adulte j'enchènais les amoureux par peur de la solitude, et quand la maladie c'est déclarée, il a fallut que je m'habitue à pleins de choses dont la solitude, donc j'ai appris à me maitriser tout simplement.

charly!

  Effacer | Alerte Modifier | Répondre | Répondre en citant | Retour


Fermer | Archiver | Effacer

Lobby | Retour au Forum | Précédente | Suivante

Rechercher sur le site Atoute.org: