Modifié le 12-04-08 à 21:16 (GMT)Bonjour à tous,
Consti62, tes questions sont vastes et nombreuses. Tu trouveras sûrement des réponses en consultant les archives de ce forum.
Ton sujet de mémoire est passionnant: "la conscience de la maladie dans la schizophrénie". C'est une question cruciale car elle est centrée sur la façon dont s'opère la "guérison".
Pour t'aider, je vais te parler de mon cas (qui n'est que mon cas). J'ai été diagnostiqué schizophrène à la suite d'une crise de bouffées délirantes en septembre 2003. Le médecin me l'a tout de suite dit: "vous êtes schizophrène". Il me l'a d'abord dit seul à seul. Puis avec mes parents. Puis à mes parents tout seuls. Puis seulement à ma mère. Puis seulement à mon père. Je ne comprenais rien à toutes ces longues discussions en aparté: je ne me croyais pas malade.
J'ai d'abord cru que les médecins s'étaient trompés: mais je ne leur en voulais pas: je comprenais très bien que mon comportement pouvait être perçu comme celui d'un fou pour qui n'avait pas tous les éléments en main. Je croyais en effet avoir fait des découvertes sur Dieu, sur l'homme, sur le monde qui méritaient d'éclater au grand jour mais qui mettraient du temps à être comprises.
Puis, sous l'effet du médicament, j'ai compris que j'avais peut-être été un peu "fou": dans un premier temps, j'ai cru que la schizophrénie était un dédoublement de la personnalité. Comme j'étais alors encore en proie à de légers délires, je réussissais à trouver en moi des éléments de dédoublement de la personnalité.
Et puis, toujours sous l'effet des médicaments, mes délires sont tombés, comme des feuilles mortes, sans que je mène une réflexion consciente et que je les réexamine un par un. Au bout de six mois, j'ai donc pu percevoir exactement ma maladie, savoir ce qui en moi était de la folie et ce qui n'en était pas. C'est à ce moment que j'ai décidé de prendre mon traitement scrupuleusement (avant je changeais les doses au gré de mes humeurs). C'est aussi à cette période que j'ai compris définitivement que la schizophrénie n'était pas un dédoublement de la personnalité.
Je tiens à dire, pour ton information, que les médecins ne m'ont pas du tout informé sur ce qu'était réellement la schizophrénie, j'ai du me faire une idée de la chose grâce à internet et aux livres.
Aujourd'hui, je me sens mieux, j'arrive mieux à me concentrer. A tel point que je me demande si je suis gravement atteint par cette maladie: je pense que je souffre d'une schizophrénie légère. C'est en voyant tous les messages de détresse sur ce forum que j'ai pris conscience de la chose.
J'ai écrit, sur une centaine de pages, mes délires et leur progression, pour ne jamais les oublier. Je ne peux évidemment en parler sur ce forum mais si cela t'intéresse, contacte moi par mail à l'adresse suivante: ********
Amicalement,
Nicolas.