Bonjour Charly, Je t'envie ta conception de l'hiver. Car pour moi, les choses sont radicalement différentes. Je déprime rien qu'en voyant les températures baisser à la météo. L'hiver réveille en moi la peur d'être SDF et de dormir dehors. Au moins, quand c'est l'été, je me dis que tout peut m'arriver financièrement et je suis tranquille, serein. L'hiver, pour moi, c'est les flaques d'eau, les arbres morts, le froid implacable qui agresse le visage et qui fait trembler. Tu vis les doudounes et les anoraks comme une protection, mais pour moi c'est l'inverse: je me sens entravé, prisonnier, et tellement fragile à l'idée que si les vêtements n'existaient pas, nous serions tout nus et grelotants. J'angoisse aussi un max en pensant à toute cette énergie utilisée: tout ce gaz, tout ce fioul, toute cette électricité. Comment expliquer: l'hiver me fait prendre conscience de la fragilité de l'existence: au moins, en été, on peut cueillir des fruits, cultiver des légumes alors qu'en hiver, nous sommes terriblement dépendants et fragiles.
Je dois dire aussi un mot sur le manque de lumière: quoi de plus déprimant qu'un coucher de soleil à cinq heures de l'après midi dans un ciel gris, froid, et pluvieux! Combien je préfère l'été avec ses barbecues jusqu'à tard le soir et les cris des enfants qui jouent au foot dans le lointain!
Quand j'étais petit je ressentais l'hiver un peu comme toi: je regardais la neige dehors en buvant mon chocolat chaud le matin, mais j'ai changé.
Je ne vois que deux avantages à l'hiver: la beauté de la neige, quand il y en a, et l'absence de moustiques.
Cordialement,
Nicolas.