Bonjour Yankilla, Comme te l'a dit l'UNAFAM, l'amour des proches est peut-être dur à porter pour Y parce qu'il est schizophrène. Je confirme: l'amour familial a en effet toujours quelque chose à voir avec la responsabilité, et les responsabilités sont dures à porter quand on est fragile.
Mais en même temps il n'a que 24 ans (j'ai calculé) et à cet âge un homme n'est pas forcément mûr pour assumer la paternité. Peut-être a-t-il, comme beaucoup d'hommes de son âge, l'envie de prolonger un peu son adolescence et sa liberté de jeune homme. Peut-être a-t-il envie, fusse inconsciamment, de tirer un trait sur ce qu'il considère comme une erreur de jeunesse. Peut-être a-t-il besoin d'un peu d'air: le laisses-tu respirer suffisamment? Trop de pression peut en effet faire fuir que l'inverse. Pour qu'il veuille venir passer des week ends avec vous, encore faut-il que l'atmosphère ne soit pas trop pesante pour lui.
A vrai dire, il ne faut peut-être pas trop se focaliser sur le fait qu'il soit schizophrène: les difficultés que tu rencontres avec lui sont peut-être dues en effet à la situation (couple séparé, neuf ans d'écart) qui est malheureusement fréquente: le divorce ou la séparation des parents pose toujours ce genre de problèmes et est toujours un traumatisme pour le jeune enfant.
Mon modeste conseil serait donc de parler avec Y et de se mettre d'accord sur un rhytme régulier de visites, qui ne serait ni étouffant pour lui ni trop frustrant pour l'enfant. Le tout est de trouver un terrain d'entente, une discipline à laquelle tout le monde obéirait et qui permettrait à votre enfant d'avoir des repères et d'accepter tant bien que mal la situation. C'est le minimum à faire dans ce genre de cas, ça limite la casse pour l'enfant.
Je comprends le dilemne auquel tu dois faire face: d'un côté l'enfant, très jeune, de l'autre un père schizophrène (jeune aussi): qui faire passer d'abord?
Je pencherais plutôt pour l'enfant, et je pense qu'il faut tout faire pour que Y prenne conscience de son minimum de responsabilités.
Maintenant, plusieurs questions se bousculent dans mon esprit: est-ce qu'Y est mûr pour s'occuper de sa fille seul, sans ton aide, un week-end tous les quinze jours par exemple? Ta fille est-elle trop jeune? Ne serait-ce pas trop déstabilisant pour elle?
Voilà, je te laisse sur ses quelques questions, car je dois aller manger.
A bientôt peut-être,
Nicolas.