Bonjour Amélie,> je n'ai pas envie de gacher la vie de quelqu'un d'autre, ce serait égoïste.
Ce qui est égoïste, c'est surtout de refuser l'amour que l'autre a pour toi en dépis de tes problèmes. C'est vrai qu'il est difficile de croire que l'on peut procurer du bonheur quand on va mal, mais c'est le cas pourtant. Il n'y a pas que des gens qui recherche la perfection sur Terre. Avec le temps et nos expériences, on découvre les subtilités de l'amour ( en général ). Les clichés concernant le couple dans lequel il y a un dominé et un dominant sont des réalités, mais les choses sont bien plus subtiles qu'on ne l'imagine. De la même façon, l'image du conjoint protecteur ou docile selon les cas n'est pas fausse. Mais elle présente des facettes aussi nombreuses que les situations auxquelles deux amoureux peuvent être confrontés.
Je crois qu'il faut à un certain moment choisir entre l'amour de sa ou son partenaire et notre vision idéale du couple. Un peu comme on décide de sacrifier une partie de nos rêves pour avoir un enfant. Cet autre individu a ses propres désirs, ses propres plaisirs. Ils ne sont pas forcément les mêmes que les notres. Pour qu'un couple fonctionne, on doit vivre des choses en commun, mais notre attirance envers l'autre ne sera pas toujours réciproque. Untel peut aimer sa partenaire essentiellement parce qu'elle a du caractère, et cette dernière parce qu'au contraire il est fragile psychologiquement.
En bref, tes problèmes n'en sont pas forcément pour ton partenaire ( je ne dis pas non plus qu'il trouve agréable que tu passe tes journées au lit, mais peut-être se plaît-il à te réconforter ).
Le tout est que tu puisses, de ton côté, l'aimer tel qu'il est. ça, c'est une autre histoire qui te regarde.
Notre problème vient de l'ambiguité entre " pitié " et " tendresse ". Quand quelqu'un est gentil avec nous, on peut s'imaginer qu'il a de la pitié pour nous. Or, ça n'est pas forcément le cas. Il peut bien évidemment s'agir d'amour. J'ai ce problème en tout cas. Je ne suis pas maso, je ne voudrais pas d'une femme qui me demande trop souvent de me bouger. Je dois donc apprendre à distinguer ce qui relève de l'amour ou de la pitié dans ses comportements.
Pour le reste, je voudrais te rappeler ( amicalement bien sûr ) qu'il est posssible de vivre avec quelqu'un de malade sans que cela ne perturbe trop la relation amoureuse. Tout dépend de ce degré de tolérance de la souffrance d'autrui. Il est très variable selon les individus.
Je peux te paraître optimiste, mais je ne le suis pas dans le fond. J'essaye de me raisonner car je sais qu'il y a des rêves qui sont à la portée de n'importe qui. La vie à deux est certainement possible quand on est schizophrène.
Autre chose : pourquoi ne t'imaginerais-tu pas dans un autre état que celui d'aujourd'hui ? Je suis un peu comme toi en ce moment, je ne fais plus rien. Mais j'ai déjà été autrement, j'ai été plus actif tout en étant malade. Durant cette période, je ne disais plus que ma partenaire allait me quitter sous prétexte que je ne faisais rien de mes journées. Et oui ! Pourquoi ton état ne s'améliorerait-il pas ?
A bientôt.
Felipe.
P.S : mon état de santé se dégrade car je me nourris très mal et fume énormément ( des cigarettes uniquement ). J'ai déjà eu un ulcère à l'estomac et ce dernier me donne quelques soucis en ce moment. De plus, je m'essouffle facilement. Mais bon, je suis encore jeune, il n'y a pas de fatalité.