Modifié le 22-11-04 à 23:07 (GMT)Bonjour Pandore,
tu sais, cette énergie, cette force qu'on a, c'est justement parce qu'on a des problèmes. C'est notre fragilité qui nous rend fort. Ca paraît paradoxal mais ça ne l'est pas. Je pense toujours à Sabine et Laetitia, qu'on a beaucoup vu pendant le procès Dutroux. Tout le monde les trouve fortes, courageuses, et elles le sont. Mais si elles sont si courageuses, c'est justement parce qu'elles en ont bavé et doivent faire face à l'horreur, elles sont fortes parce qu'elles doivent affronter une fragilité.
J'ai deux collègues qui se plaignent tout le temps pour rien, ça me tape sur les nerfs, et à mes autres collègues aussi. J'en parlais aujourd'hui, et je disais à une de mes collègues que c'était toujours les gens qui n'avaient pas de gros problèmes qui se plaignaient sans arrêt, que je ne connaissais personne qui avait des problèmes graves qui se plaignaient. Elle m'a répondu qu'au contraire, les gens qui avaient des problèmes graves se battaient et gardaient la face.
J'ai lu aussi une phrase dans un roman qui rejoint cela. Le narrateur est gravement handicapé, il dit qu'il est un héros. Qu'il n'a pas eu le choix, il était un héros ou il crevait.
Voilà, c'est pareil pour nous, on est obligé d'être courageux, il n'y a rien d'admirable là-dedans, c'est ça ou crever. Je le pense depuis le début et j'ai été contente de le voir écrit dans un livre.
Sans tout cela, on n'aurait peut-être jamais su qu'on avait autant d'énergie en nous.
Amitiés,
Laurence