Rebonsoir donc 
C'est vrai qu'il est difficile de se projeter dans un certain avenir ( pour ne pas dire certain ) sans imaginer le pire. C'est compréhensible : on est fragile et presque sans ressources. Mais il y a l'AAH quand même, c'est déjà bien. Moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est pas tant les problèmes pécuniaires que ma dépendance affective avec mes parents. Heureusement, j'ai un frère et une soeur. C'est bon de le savoir. Et puis il y a aussi les cousins et cousines, mais je ne les connais pas ( pas encore on va dire, pour être optimiste ). Le problème, c'est qu'ils travaillent et n'auront pas beaucoup de temps à me consacrer ( comme c'est le cas en général ).
Il faut essayer de se sortir de notre solitude, de voir d'autres personnes pour, à terme, se faire de vrais amis. Moi, j'ai commencé par aller dans un cattp. J'espère pouvoir suivre une formation bientôt aussi. La peur, on peut la vaincre, j'en suis sûr car j'ai déjà réussi à obtenir un diplôme équivalent au Bac et à avoir deux ou trois relations.
Mais il ne faut pas compter que sur le travail pour réussir à se réintégrer dans la société, d'autant que les relations peuvent être désagréables. Il y a les associations aussi. Pour le moment, je n'en suis qu'au cattp. Je verrais par la suite, quand je me sentirais plus à l'aise avec autrui.
Parfois, je me demande comment font les gens normaux pour supporter la crainte de perdre un proche. Je crois qu'ils n'y pensent pas finalement, ou pas souvent. Il faut s'occuper donc, se changer les idées. Mais je n'en suis pas sûr. J'ai commencé à en parler à mon psy. Il faudra que je lui demande s'il y a possibilité de préparer un deuil, de l'anticiper. Je ne sais pas encore ce qu'il y a de mieux à faire. Avoir des pensées morbides mais travailler dessus ou alors essayer de ne pas du tout penser au pire ?
Si j'y pense souvent, tout comme toi Olivier, c'est pas seulement parce que cela m'effraye. Je veux dire qu'il n'y a pas que la mort d'un proche qui m'effraye. J'ai peur de ce que je vais devenir. Alors peut-être est-il bon de se préparer à cette fatalité, mais avec l'aide de son médecin. Je n'en sais rien encore.
Enfin voilà. On est obnubilé par ces pensées morbides, il faut quand même laisser un peu de place à des moments plus heureux.
A+
Felipe.