Bonsoir Laurence, Bonsoir Pandore,Quand ma fille était hospitalisée, j'ai proposé à son frère d'aller la voir, il avait 14 ans, c'était dur pour lui, même s'il sait bien cacher ce qu'il éprouve, donc je lui ai laissé le choix, et il ne le désirait pas, sauf au nouvel an, là j'ai désiré qu'il nous accompagne, pour déjeuner avec Amélie, je me souviens lui avoir dit que j'aimerais les avoir tous les deux ce jour là, et que cela ferait plaisir à sa soeur. En plus, elle ne voulait plus s'alimenter, je l’ai préparé à tout ça.
Là bas, il était un peu gêné, il y avait des cas lourds, du moins vraiment voyants, mais je crois qu'il a tout de même apprécié cet après midi, cela faisait plusieurs semaines qu'il n'avait pas vu sa soeur, son humour a pris le dessus.
J'ai une "petite" soeur de 13ans de moins que moi, qui lui envoyait des cartes originales, sa grand mère paternelle également, qui lui écrivait chaque semaine, et je sais que ça lui faisait plaisir, aussi ses profs de lycée et ses camarades de classe qu'elle ne connaissaient que depuis 3 mois, mais des plus proches, rien, elles étaient venues me voir "en comité" quand Amélie était en clinique, depuis elles se sont revues quelques fois, c'est vrai que ma grande a changé, mais elle est toujours Amélie. Et elle est en attente de contact, comme pour braver cette saleté de maladie. Et si les amies ou copines ( là je ne sais plus trop) l'ignorent, ce sont des gens de passage, présents mais peu fréquentables qu’elle rencontre, auxquelles elle se raccroche, c’est une partie du problème, et là y a de quoi écrire sur le profit qu’ils peuvent rechercher. C’est un sacré problème, comment faire changer les choses, comment peut ELLE faire changer les choses, je sais très bien que mon intervention n’y changerait rien, un « autre » remplacerait le précédent. Le temps, le temps, le temps, pourvu qu’elle n’y laisse pas trop de plumes !
Je me suis rendue compte de cela depuis longtemps, elle de son côté n’en souffre que maintenant, sans vraiment l’exprimer, elle préfère leur trouver des excuses, c’est ainsi, sans trop y croire, je pense. Je n’essaie pas de lui enlever ses illusions, on en parle, j’ai mal aussi.
Amélie ne parle jamais de sa maladie, un peu plus aujourd’hui, car elle ne se sent pas malade la plupart du temps, donc je ne pense pas que ses « amies » ont pu jouer le rôle d’un psy, c’est seulement le fait qu’elle ait changé, qu’elle a été parfois difficilement « gérable » dans les sorties une espèce de responsabilité qu’elles refusent, mais tout évolue, et elles l’ignorent.
Amélie est jeune, elle n’avait que 19 ans, elle voyait moins sa petite bande de supers copines, car elle est restée 3 ans avec un petit copain, ceci explique un peu cela, à ce moment là, ses amies avaient pris une deuxième place. Mais ça n’est pas vraiment une raison. Et je pense que la maladie fait peur, je l’ai vu aussi dans mon entourage, mais j’ai un avantage par rapport à ma fille, c’est que je peux y penser sans interférence, si je le désire.
Voilà pour ce soir, et je félicite à nouveau Mylenium pour son humanité.
Amitiés
dominique