Bonjour Laurence,Je suis tout à fait d'accord avec toi. Je suis entrain de lire un cours infirmier sur la forclusion du nom du père et je vous poste le lien et des extraits qui corroborent mon permier post.
http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychologie/psychologie/forclusion.htm
La métaphore du Nom du Père, ça veut dire que pour que l'enfant renonce à être le phallus de la mère, il faut qu'elle parle, qu'elle désigne l'objet de son désir, qui est autre que l'enfant. La parole de la mère est essentielle pour permettre à l'enfant de savoir "qu'il y a de l'Autre". C'est en quelque sorte la manière dont la mère va parler du père, l'usage qu'elle va faire de la parole du père, ce en quoi elle va reconnaître le père dans sa parole vis à vis de l'enfant, qui va être déterminant. Et il ne s'agit pas là tellement de l'absence ou de la présence du père dans la réalité. Les fils de veuves ne sont pas forcément psychotiques, pourtant il n'y a pas de père, mais il est là dans la parole de la mère, surtout si elle est veuve de guerre. C'est à dire que le père mort est présent, par la place qu'il occupe dans la parole de la mère. Et c'est par ce biais là que la métaphore peut fonctionner: c'est la substitution d'un nom à un désir.
Pour la mère, le fait qu'elle accorde une consistance et du poids à la parole du père, qu'elle le reconnaisse donc comme père, n'est pas si évident que ça. On s'est aperçu qu'il y a quelque chose de la forclusion qui fonctionne chez la mère avant la naissance de l'enfant. Ce sont souvent des mères qui donnent l'impression que quelque part dans leur fantasme, elles ont fait l'enfant toutes seules. Il y a eu un géniteur, on pourrait dire un père biologique, mais l'enfant, elles l'ont fait toutes seules. Elles ont souvent du mal à s'inscrire elles mêmes dans une généalogie, dans une filiation, et elles ont quelques difficultés par rapport à la loi. Non pas qu'elles soient hors la loi, elles sont la loi. Comme le père de SCHREBER décrétait ce qui était bon pour l'enfant, très souvent la mère du psychotique est la loi. Elle est identifiée à la loi, elle agit selon son caprice. Quand elle est enceinte de l'enfant qui sera plus tard psychotique, elle a du mal à imaginer cet enfant, à imaginer le corps de l'enfant. Il y a une sorte de défaut au niveau du corps imaginé par la mère, de l'enfant. Certaines disent que l'enfant qu'elles portaient, c'était comme un bout de viande. Ces femmes ont souvent de la difficulté à se sentir manquantes, c'est à dire comme ayant besoin de l'autre en ce qui concerne l'enfant. Le fantasme qu'elles ont fait l'enfant toutes seules en est déjà une indication. Mais après la naissance de l'enfant, elles attendent de l'enfant qu'il leur renvoie l'image de leur perfection, c'est à dire qu'elles sont sans défaut. Ce sont des mères parfaites. Mais ce qui pourrait venir en rupture par rapport à cela, et ce qui ne va pas être accepté par la mère, ou ce qu'elle n'acceptera qu'au prix d'un déni (c'est à dire qu'elle n'accepte alors pas l'enfant tel qu'il est, mais qu'elle continue à fusionner avec l'enfant de ses rêves, l'enfant qu'elle imagine), traduit le fait qu'il y a une difficulté pour elle à s'accepter comme manquante. Et si elle s'accepte difficilement comme manquante, il n'y a pas besoin du père, et le père lui-même aura du mal à s'inscrire entre l'enfant et la mère.
Le père d'un enfant psychotique n'aura pas su ou pas pu faire entendre sa parole. Il n'aura pas eu de place entre la mère et l'enfant, et n'aura donc pas pu venir en tierce personne. Il n'existera pas dans le rapport que l'enfant établit avec l'Autre, la mère, ni dans le rapport qu'elle même établit avec l'enfant, de manière exclusive. Il est exclus au niveau symbolique, et ne vient pas remplir un manque, car il n'y a pas de manque dans cette relation fusionnelle que la mère et l'enfant entretiennent.
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