Bonjour,Je remets ici la définition des buts de la psychothérapie cognitivo-comportementale en ce qui concerne la schizophrénie
(http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/confschizo2/recommlongues.htm) :
"Quelles sont les interventions cognitivo-comportementales qui peuvent être mises en oeuvre dans le traitement des schizophrénies débutantes ?
Les premières années de la maladie constituent une période critique qui détermine l’évolution ultérieure et pourraient être particulièrement propices à des interventions incisives. Le retard aux soins est associé à un risque majeur de troubles du comportement, d’abus de substances, de perturbations sociales et familiales. Divers types d’interventions psychologiques pragmatiques, d’inspiration cognitives ont également été développées. Elles visent en association avec les traitements médicamenteux à atteindre des objectifs cruciaux : améliorer l’observance (en sachant que les trois-quarts des malades rechutent notamment par abandon de traitement ), favoriser l’acceptation par le patient de sa maladie, prendre en compte les addictions associées, lutter contre les troubles cognitifs et les symptômes conduisant à l’isolement social. Une meilleure prise en compte du traumatique psychologique majeur que constitue un premier épisode psychotique est probablement de nature à réduire le risque de dépression et de suicide, particulièrement élevé à ce stade de la maladie. Ces techniques sont très structurées, centrées sur les symptômes ou les troubles du comportement actuel du patient. Elles sont indiquées à partir d'une analyse comportementale ou cognitive conduite d'une manière très méthodique avec la collaboration du malade qui est activement recherchée, ce qui est le premier temps de l'intervention. Elles se réfèrent à des critères diagnostiques opérationnels et utilisent des instruments d'évaluation à toutes les étapes du traitement.
On distingue différents groupes de techniques
1-Interventions familiales :
Elles se sont développées dès les années 70 à la suite des travaux sur l’expression émotionnelle familiale. Elles prennent en compte la détresse des familles et visent à transformer l’entourage en véritable auxiliaire de soins. Ces techniques comprennent des modules d’information sur la maladie, d’entraînement à la communication, à la gestion des situations de crises, à l’identification des facteurs associés aux rechutes...
Selon de nombreuses études contrôlées, ce type d’intervention diminue de moitié le taux de rechutes, en atténue la gravité et améliore la qualité de vie des patients et de la famille.
2-Thérapies individuelles ou de groupes :
- Schématiquement les thérapies cognitives sont conçues pour diminuer l’intensité et l’impact des idées délirantes et/ou des hallucinations, pour améliorer l’adhésion au traitement et la prise de conscience de la maladie. Elles ont été validées par de nombreuses études contrôlées.
- Les thérapies comportementales ou psycho-éducatives permettent au patient de s’approprier son traitement.(éducation au traitement neuroleptique)
-Les techniques d’affirmation de soi permettent au patient de repérer et de développer son intégration dans la société.
- L’entraînement aux habiletés sociales :
Les habiletés sociales sont les modes de réponses spécifiques qui caractérisent la communication verbale et non-verbale et la capacité d’adaptation au contexte. Des tâches de difficulté croissante sont décomposées en micro-comportements qui sont appris ou réappris grâce à des jeux de rôle ou des exercices en milieu naturel. Ces techniques, validées au plan international, ont fait leurs preuves dans le domaine de l’adaptation sociale.
- Rééducation cognitive :
S’appuyant sur le modèle de la rééducation neuropsychologique, elle est supposée favoriser une réorganisation anatomique et/ou fonctionnelle. Elle vise à restaurer des fonctions déficitaires (attention, mémoire ...). "
Cordialement,
Pandore
P.S. - Mon précédent message ne concernait pas particulièrement la psychanalyse. Il évoquait plutôt la psychothérapie que j'appellerais "de base", c'est-à-dire celle que pratique tout psychiatre digne de ce nom tous les jours, et qui comporte à la fois des aspects de soutien, des aspects comportementaux et cognitifs, et des aspects analytiques, suivant le patient, et suivant les moments de l'évolution du patient et ses besoins.