Bon pour terminer mon exposé (comme disait l'autre, "un 'autodidact repasse perpetuellement l'examen qu'il n'a jamais passé" ) ;)je voulais juste dire quelques trucs :
- Je tiens (à titre personnel, sans me réclammer d'un militantisme ou voiloir convaincre qui que ce soit : mieux vaut 521651 Freud que deux François de Closet !) l'inconscient de l'édifice psychanalytique pour à peu près farfelue, histoire de rester poli.
- Je lui reconnais néanmoins quelques intentions pré-consciente révolutionnaire (Freud a mit une vraie pagaille dans les salons bourgeois), un certain sens poétique, une vrai pensée pluri/multi-culturelle, une stratégie pour subvertir "la psychatrie de papa", beaucoup de très très très bons livres, etc.
- Je reconnais à Freud d'avoir dit que la parole du patient pouvait être digne d'intérêt. Mais l'intérêt que la psychanalise lui porte est à peu prêt dégoûtant.
Et comme dans la théologie, la médecine, la police, l'armée, la technoscience, on trouve des gens d'une qualité parfois rare. L'institution ne fait pas l'humain, et on trouve des parcelles de résistances à tous les échellons.
Je déteste les politiciens, j'en admire d'autres (mort pour la plupart ahahahahah
).
Je déteste les experts, j'aime les érudits.
Je déteste les spécialistes, j'écoute avec beaucoup d'intérêt des scientifiques.
Je hais Jean Piaget, je ferais plein de bisoux à Françoise Dolto.
Tel petit Mengele de cabinet sadisera ses patients à outrance, tel autre modeste praticien écrira un beau livre ou fera un travail admirable (et parfois terrible, on pense à beaucoup d'hôpitaux démunis, aux prisons, aux centres de rétentions, etc.).
Donc voilà je distingue bien la théorie et les batailles intellectuels, de la pratique et de la vie réelle.
Le problème c'est qu'être psychotique pour moi c'est ça :
- Vivre sa pensée (c'est terriblement fatiguant, le pourcentage élevé de suicide chez les gens atteint me parait plus ressortir d'une vraie fatigue que d'un réel malheur, à l'inverse de la névrose, c'est réellement éprouvant de ne pas avoir de peau)
- Se sentir transclucide, pire qu'être transparent ou invisible, c'est croire sa peau comme une surface d'inscription, comme si l'entier de ses gestes étaient un reflet intérieur, très pénible
- Avoir un Moi/Je, une identité perméable. Un coup de vent un peu trop pronconcé et c'est pratiquement Zeus qui s'abat sur vous. Un discours négatif et c'est vous qu'on attaque etc.
- être en amnésie et en mémoire permanente, ne pas cesser de souvenir, ne pas arrêter de se rappeler, passer du Réel au Temps en un rien de temps
- être un peu esclave, naïf, dépendant, idiot, croyant, soumis... et en même temps très conscient de toute cette merde, mais par facilité, paresse, insoumission, s'y soumettre. C'est tellement plus facile d'avouer sa raison à quelqu'un que de vouloir lui changer.
- avoir beaucoup de courage juste pour avoir du courage
- avoir beaucoup de volonté juste pour avoir un peu de volonté
- bref vivre au plein sens du mot est un peu plus difficile que pour quelqu'un de ""normal"""
en même temps, ne privez pas les malades de leurs joies
dans l'éclatante et noire vérité qui git dans le délire
tu es malheureux ? Mais alors, à partir de quel autre état peux-tu juger ton malheur... hein ? si tu te sens malheureux, c'est par rapport à un autre état qui te transperse et t'y plonge : la joie
tu es souffrant ? mais alors, à partir de quel autre état peux-tu juger ta souffrance... hein ? le bien-être
le psychotique est toujours heureux d'être parfois un peu normal
juste parvenir à des petits choses évidentes pour tous, comme l'amour, le travail, l'amitié, ce sont des victoires intenses et immensément riches
tout le travail qu'elles demandent pour y parvenir, tous savent qu'il en vaut la peine
respectons au moins ceux qui abandonnent, et luttons pour eux
bonjour chez vous
à bientôt