Bonjour Laurence, Bonjour Felipe,(je vous répondrai ce soir
)
Bon, puisque vous me permettez de "déblatérer", je continue mon passage par le yoga.
A la fin de l'ouvrage, l'auteur aborde le problème de l'"unité".
Je cite (en sautant):
le mot "yoga" signifie "mettre sous le joug".
Le joug est une formidable invention: il permet d'assembler un animal et un attelage, ou bien deux animaux entre eux, pour obtenir un mouvement continu dans une direction donnée. Yoga est depuis l'origine la discipline du rassemblement, de la mise au pas des énergies dispersées en vue d'une marche équilibrée et d'une démarche consentie. Or le manque d'unité déchire les quêtes contemporaines"(...), souvent piégées par des carictures de l'Un (perte des contours de soi, refus de la définition et de la distinction). Le yoga, aux prises depuis toujours avec le désir d'unité, a mûri le parcours qui permet d'y atteindre: exigence de la discrimination, précision de l'analyse, épreuve des polarités, reconnaissance de la limite.
"La simplicité est une autre face de l'unité. Depuis Marx, Nietzsche et Freud, les fractures qui nous traversent individuellement et collectivement sont visibles à l'oeil nu, nous condamnant à ne plus ignorer la complexité des jeux de pouvoir et des affects contraires. (...) Entre "ce que je suis", "ce que je pense" et "ce que je fais", l'écart est-il irrémédiable?
Le yoga montre l'accès à la simplicité du "qui suis-je?".
Quitter l'avoir des certitudes toutes faites pour s'exposer au risque de la reconnaissance de cet être profond, que l'Inde appelle le Soi, est une expérience singulière et souvent douloureuse. Mais cette sigularité et cette possible souffrance ont un sens: on vit des "douleurs de croissance".
En ce sens le yoga est bien proche de certains aspects de la psychanalyse."
Je n'ai pas pratiqué le yoga et je n'ai jamais expérimenté cette démarche. Mais je m'interroge à propos de cette quête de soi.
Dans les sociétés traditionnelles, cette quête passe souvent par l'usage de psychotropes, ou par des expériences sur le corps (comme par le yoga), mais selon des rites et des enseignements précis.
Dans notre société, on se défonce à tout va, mais sans discernement et sans savoir ancestral. On expérimente, on joue avec le feu, surtout lorsqu'on est adolescent.
Bon, j'arrête, d'autant que la lecture du livre est terminée. Bonne après-midi.
Alexia

On n'en finit pas d'être un homme.Ne
désespérez jamais. Faites infuser
davantage.
Henri Michaux