bonjour à touseurope 1 ! (petite musique de l'antenne qui me passe dans la tête) enfin le temps d'écrire ce post.
J'ai écouté cette émission (merci Pandore) et ai pris quelques notes sur la deuxième partie après "l'histoire de la folie"
Je vous en fait part car je me suis beaucoup retrouvée dans cette émission, je me dis "si si" j'avais pu avoir l'occasion d'ENTENDRE de telles émissions, avant d'avoir connu Léo ou pendant que je cherchais ailleurs des solutions, quand je connaissais pas la maladie, on aurait avancé plus vite. C'est pas grave, le passé c'est le passé, l'avenir maintenant il y a horizon, c'est le principal.
Quelqu'un qui n'est pas ENTENDU est MALHEUREUX (c'est un peu Lapalice, mais pour certains c'est encore une découverte laborieuse qui dans notre monde est bien cachée...)
Pour une personne schizophrène plusieurs médecins sont indispensables, (ce serait m^me contre-indiqué qu'il en soit autrement).
Je comprends mieux pourquoi Léo en a vu autant psy pour les soins directs ordonnance- psychothérapie -psy pour l'hôpital de jour -psy au CAT, plus psychologues aussi, ergothérapeutes et j'en oublie certainement)
Une petite (grande) définition , c'est peut-être pas le meilleur mot, du fonctionnement de la pensée parfois chez une personne schizophrène : LE MONDE PENSE- CA PENSE
La façon d'agir de Léo était tout à fait comme cela, je l'ai "sentie" tout de suite, je voyais sans comprendre comment c'était handicapant pour lui, cela lui enlevait toute confiance en lui, lui il ne pensait plus. Les voix cela je ne savais pas que cela existait, à part Jeanne d'Arc.
L'infirmière soignante en hopîtal psychiatrique a dit :
Les plus grandes souffrances sont MUETTES, c'est pourquoi elle a insisté sur l'importance de l'ACCUEUIL en milieu hospitalier elle a m^me parler après d'un sentiment 'animal' c'est reprise sur le mot mais c'est tellement vrai cette fragilité, on ne se sent plus rien, on ne peut plus dire, on a peur comme un petit animal, terrible. Cela je l'ai vécu fort avec Léo.
Les problèmes d'effectif dans les hopitaux elle a dit une infirmière pour 15 lit en moyenne, et dit aussi le manque de volontaire pour ce métier.
Dans le secteur de Léo, j'ai demandé à la "surveillante" la dernière fois, eux c'est une pour 20 et elle aussi m'a dit qu'il y avait manque de volontaire pour le milieu hospitalier, les infirmiers préfèrent travailler au CMP, dans la suite des soins, c'est plus facile à vivre, on les comprend. Comment faire ??? (perso, je ne me sentirai pas la force d'être infirmière)
Il y a eu aussi le père de famille (un peu remonté c'est vrai, mais son histoire est douloureuse)
il a dit pour les psys la famille est souvent transparente, elle est éloignée. Avec certain, des plus agés, je l'ai senti, j'en ai souffert, Léo aussi, je comprends bien pourquoi ce père était un peu "remonté", du coup j'ai eu beaucoup de mal après à établir un vrai contact avec les équipes, j'étais un peu sur la réserve, toujours discrète, je me 'dépatouillais' seule, je ne m'appuyais pas assez sur ce qu'il est possible de faire 'ensemble' pour aider Léo.
J'en ai parlé recemment au psy que je vais voir pour moi, de ce malaise que je ressentais dans les relations soignants-familles il m'a dit cela vient plus de vous que d'eux. Du coup, je dis aussi plus ce que je sens, j'ai plus de contact et surtout de répondant. Il ne s'agit surtout pas de changer les roles, je ne suis pas soignantes, ils ne sont pas de la famille, mais ensemble ET AVEC LEO, nous avons le même but, en sortir un max de cette maladie.
Sur l'annonce du "diagnostic", j'ai énormément apprécié la position de Serge Tribolet
Famille rassurée après l'avoir pleuré le diagnostic, c'est vraiment cela pour moi.
Le "scandaleux" pour des patients amenés si tardivement à des soins, c'est vrai mais il y a tellement de vies différentes, on ne peut juger comme cela.
J'ai noté aussi à voir (cela a été déjà dit sur le forum) le film "un homme d'exception". Cela sera l'occasion d'un petit plaisir, je le verrai.
A plus
Fleur