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"interrogations"

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Forum : Schizophrénie (Protected)
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Chile (6 messages) Envoyer message email à: Chile Envoyer message privé à: Chile Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 11:11  (GMT)
"interrogations"
Bonjour !
En lisant les messages sur ce forum, je m'interroge sur les différentes façons d'être malades. J'ai l'impression que les personnes qui participent à ce forum sont capables d'analyser leur état, d'en parler avec d'autres, de se rassurer et de s'encourager mutuellement. Je trouve ça super. Mais il y a des malades qui ne peuvent pas avoir ce regard sur eux mêmes et qui ne peuvent pas échanger. Mon fils est dans ce cas. Il est impossible d'avoir une discussion avec lui sur lui même. Il se renferme immédiatement, ne dit plus rien, semble ailleurs.
Est-ce que tous les malades passent par cet état avant de pouvoir parler ?
Est-ce qu' on arrive à percer les murailles qui entourent un schizophréne ?
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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: interrogations Pandore 13-01-05 1
   RE: interrogations Chile 13-01-05 2
   RE: interrogations Laurence2 13-01-05 4
 RE: interrogations dom45700 13-01-05 3
 RE: interrogations Felipe 13-01-05 5
   RE: interrogations dom45700 13-01-05 7
 Bonjour Chile luco 13-01-05 6

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Texte des réponses

Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 11:47  (GMT)
1. "RE: interrogations"
Bonjour,

Attention, sur un forum internet on n'est pas en train de parler en direct à des personnes en chair et en os ! C'est très différent, on est à l'abri devant notre écran, avec la possibilité de corriger notre message, de lire ou de ne pas lire les messages des autres, à l'heure où cela nous plaît, etc.

Personnellement, je ne suis pas schizophrène, mais je suis 1000 fois plus à l'aise par écrit sur le forum qu'oralement dans la vie de tous les jours. Alors je pense que pour les personnes schizophrènes, la différence entre la vie ordinaire et le forum est aussi très marquée. D'ailleurs Felipe et Laurence ont déjà évoqué cette différence, je crois.

Et puis l'expression "percer les murailles qui entourent un schizophréne", excusez-moi mais je la trouve très crue, trop expressive. N'oubliez pas que si l'on s'entoure de murailles c'est pour se protéger de grands dangers. Et n'oubliez pas non plus que les mots ont un pouvoir évocateur très fort pour une personne schizophrène, cela peut aller je crois jusqu'à ressentir une sensation de "percement" à la lecture de ce genre d'expression...

Cordialement,

Pandore

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Chile (6 messages) Envoyer message email à: Chile Envoyer message privé à: Chile Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 12:05  (GMT)
2. "RE: interrogations"
Effectivement l'expression est violente. Elle est sans doute à la mesure de mo, désarroi et de mon sentiment d'impuissance.
Merci de votre réponse.
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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 19:19  (GMT)
4. "RE: interrogations"
Bonjour Pandore,

j'ajouterai que parler avec des gens sur internet ou même avec des amis dans la réalité est très différent de parler à ses parents. On n'a pas forcément envie de parler de sa maladie à ses parents.

Amitiés,

Laurence

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dom45700 (421 messages) Envoyer message email à: dom45700 Envoyer message privé à: dom45700 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 17:35  (GMT)
3. "RE: interrogations"
Bonjour Chile,

Je suis également une maman, ma fille est soignée depuis deux ans environ, je sais, qu'il ne lui serait pas possible encore aujourd'hui de s'exprimer sur ce forum, qu'elle n'a pas encore ce regard sur elle. Mais j'ai bon espoir qu'elle y arrive un de ces jours, ici ou en réel.

Bon courage

dominique

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Felipe (634 messages) Envoyer message email à: Felipe Envoyer message privé à: Felipe Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 19:34  (GMT)
5. "RE: interrogations"
Bonjour Chile,

Si je suis capable d'introspection, c'est parce que je suis plus ou moins stabilisé. Je vais mieux. Mais cela m'a pris plusieurs années avant d'en arriver là. Je suis malade depuis plus de 7 ans et dans les premières années, il m'était impossible de prendre autant de recul qu'aujourd'hui. Le plus dur, comme on le dit souvent, c'est de reconnaître qu'on est schizophrène, qu'on a une maladie mentale. ça ne se fait pas du jour au lendemain, se dire " ok, je suis schizophrène " ne suffit pas. Je me suis rebellé contre mon psy, mes parents et contre la société au début. C'est encore le cas aujourd'hui d'ailleurs, mais j'arrive plus facilement à me raisonner.

Le traitement est indispensable, il faut le prendre régulièrement, mais là encore, on ne l'accepte pas aussi facilement. Au début, tout est sujet au délire, y compris la prise en charge médicale. Alors j'imagine qu'il faut être patient pour les parents. Cependant, ils m'ont beaucoup aidé à aller mieux. J'ai toujours eu la possibilité de me confier à ma mère par exemple. Quand on délire et qu'on est agressif avec ses parents ( je parle de mon cas en fait ), c'est une façon de se confier finalement. Il faut toujours que les parents soient là, à l'écoute, même si on est agressif. C'est dur pour eux, ils doivent nous supporter, ne pas cautionner un comportement trop marginal, mais il faut qu'ils soient présent. La famille est mon seul refuge, c'est en tout cas le premier refuge. Grâce à la compréhension de mes parents, je parviens tout doucement à m'imaginer avoir une vie sociale et professionnelle à peu près normale. J'ai encore du mal, mais je ne me sent plus complètement démuni.

Ma mère me disait souvent : " il n'y a rien d'anormal à voir un psy ", elle en voit un aussi. Elle m'a expliqué que de nombreux schizophrènes pouvaient vivre normalement, que la médecine avait fait de grands progrès. L'image que l'on a de la psychiatrie est souvent celle que l'on découvre à la télévision, dans des films surtout. Là, elle n'est pas très jolie. Alors on refuse de se soigner, et puis on n'arrive pas à croire en l'avenir. Maintenant, il y a eu de bonnes émissions sur la folie, mais les films sont souvent effrayants. Le plus dure est donc de réaliser qu'un médecin veut avant tout que nous nous portions mieux, qu'il veut notre bien-être. Il faut peut-être essayer de valoriser les professions médicales. Ma mère a été infirmière, ça a du m'aider.

Maintenant, il est vrai que je suis longtemps resté hermétique à ce que pouvait me dire mes parents. On a aussi besoin de reprendre confiance en nous, d'être encouragé dans ce que l'on fait. ça prend du temps. Je crois que les parents d'un schizophrène ne doivent pas être trop autoritaires, même si on a des comportements inacceptables. Il faut savoir dire non, il ne faut pas aller dans le sens d'un délire, mais il y a moyen de le faire sans envenimer la situation. Parfois, si notre attitude ne comporte aucun risque majeur, il vaut peut-être mieux se taire, essayer de changer de sujet, parler de choses agréables.

Parfois, c'est en voyant mes parents pleurer ou se disputer que j'ai compris que je devais faire des efforts pour me soigner. Par amour pour eux. Si votre enfant a du mal a créer des liens avec vous, il pourrait très bien en créer avec quelqu'un d'autre. un autre membre de la famille, un ami. Vous pouvez peut-être demander à voir discrètement ses camarades ( ses bons amis ) pour leur demander d'être compréhensifs, de ne pas le rejeter alors qu'il est peut-être plus distant avec eux. Une présence suffit pour que l'on se sente mieux, même s'il n'y a pas beaucoup d'échanges.

Fumer des joints aggrave nos symptômes, c'est bien connu. Pourtant, il n'est peut-être pas très bon de faire trop souvent la morale à son enfant. Contrairement à ce que l'on peut penser, quelqu'un qui délire est réceptif à ce qu'on lui dit. Enfin, d'une certaine façon. Sa mémoire rentre en jeu, sur le coup, il ne comprend pas, mais ce qui est dit peut servir plus tard. Alors c'est bien de dire de temps en temps : ne fume pas ( et expliquer pourquoi surtout ), inscrit-toi à l'ANPE, essayes de reprendre les cours, sors un peu, viens avec nous en randonnée, ou bien pour faire les courses ... c'est bien de le dire régulièrement, mais pas de manière intempestive. Il faut lui laisser un espace de liberté qui s'est réduit considérablement depuis ses premiers symptômes et son premier internement.

Avec le temps, grâce à l'amour que vous avez pour lui, grâce à l'amour qu'il a pour vous, grâce à l'acceptation d'une dure réalité et la prise en charge médicale qui lui est associée, il arrivera progressivement à se poser les bonnes questions.

Il y a différents cas de schizophrénies aussi, certains auront beaucoup plus de mal à s'en sortir que d'autres. C'est souvent une question de temps.

Ce qui m'a aidé aussi, c'est d'obtenir un diplôme équivalent au Bac, et d'avoir trouvé une femme. Ma vie est loin d'être agréable ( j'ai ce qu'on appelle des symptômes négatifs, et encore quelques délires ), mais j'arrive plus facilement à me projeter dans l'avenir. C'est important. Avoir des projets, réussir dans ce que l'on fait. Essayez de valoriser au maximum le moindre effort que votre enfant fournira. Il n'y a pas que les compliments. S'il a changé une ampoule, vous pouvez par exemple lui proposer d'en changer une autre. S'il a rangé sa chambre, vous pouvez lui faire remarquer que ses amis seront content de venir chez lui.

Maintenant, comme les schizophrènes ont souvent du mal à s'entendre avec leurs parents, il ne faut pas non plus trop s'imposer. Vous ne " percerez " pas les " murailles " qui l'entourent. Vous lui montrerez la sortie : les soins, la place qu'il occupe dans la société, les efforts récompensés ...

Cordialement. Courage ! Et comme je dis souvent : patience !

Felipe.

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dom45700 (421 messages) Envoyer message email à: dom45700 Envoyer message privé à: dom45700 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 20:50  (GMT)
7. "RE: interrogations"
Modifié le 13-01-05 à 21:15  (GMT)

Bonsoir Felipe

Pourvu que ça porte ses fruits.... ce soir Amélie a raconté à son copain que je n'arrêtais pas de l'engueuler, je l'ai su bizarement, elle m'a demandée s'il me l'avait répété, lui non, je crois que c'était intentionnel de la part de ma fille, avant cela, c'est avec lui qu'elle s'était engueulée, "pov gars" !

Je lui ai demandée si elle lui avait dit le sujet de notre dispute, ben non, il n'a pas à savoir...
En vérité ça n'était pas grand chose, mais répêter 20 fois de retirer ses pompes avant d'aller dans certaines pièces, ça use, surtout qu'elle a la possibilité d'avoir son propre logement, qui sent affreusement le pipi de chat... qu'elle oublie, c'est vrai ça doit être repoussant quelque part. Répéter chaque matin de ranger ses affaires dans la salle de bain commune, alors qu'elle pourrait mettre le souk dans la sienne..., la commune est plus spacieuse.
Je suis peut être un peu dure, parfois, mais la vie en société, si un jour elle peut la reprendre commence par le quotidien.
Je m'interroge, je me dis suis je maniaque ? La menace, le chantage, marcherait, donc quelque part..mais pas mon truc.

Je sais que ça l'"emmerde", comme elle dit, ce à quoi je finis par répondre que nous vivons sous le même toit, rajoutant aujourd'hui, sous mon toit ce à quoi elle a répondu "chez moi ce sera loin de chez toi".

C'était un jour SANS, je crois savoir l'encourager sans être insistante, quand elle fait les choses correctement, je crois savoir l'inciter à certains moments à faire des choses du quotidien, quand le jour s'y prête.

Mais quand je passe des heures à nettoyer, alors que ma grande dort, et qu'elle sort en chaussons à l'extérieur pour fumer sa clôpe, va dans la boue, alors qu'il y a pas mal de grâviers, et que je la suis à la trâce, et quand ça fait la cinquième fois dans la journée, aux premières fois, je dis, puis je finis par gueuler.

Et elle se plaint à l'entourage de moi, donc y a problème, il y aurait également problème à l'extérieur dans ces conditions et beaucoup plus catégorique, je crois, je lui ai dit, elle est en colère.
J'agis comme si la maladie n'était pas pour cause, en fait, je crois que non, du moins ça pourrait s'arranger mieux que ça.

Ce soir, comme elle a remis ça, je lui ai dit qu'elle devait beaucoup plus s'appliquer à ce qu'elle faisait, car elle avait un problème d'attention et elle ne m'entend pas, ça use aussi.

Donc patience, dîtes vous Felipe, je vais me le répéter, patience dans la maladie, pour le déni, on n'en parle plus, elle prend correctement son traitement, la patience a payé, je crois que le pli est pris.

Vous proposez de voir un autre membre que les parents, pas facile, on peut parler de tout sauf de la maladie, je crois, surtout ne pas en prendre l'initiative. On peut aussi vivre ensemble sans beaucoup parler. Son petit copain a pris un peu le relais, mais comme il en bâve! pourquoi me montre t'il sa tête défaite ? Il ne peut pas prendre sur lui

Enfin j'espère n'être pas trop cruelle envers vous tous, il y a des shizophrènes, ou des malades avec chacun leur caractère, leur personnalité, leurs godasses sales et je l'aime, et elle le sait en plus.

Pas grâve dans l'absolu, mais chiant tout de même.

Bonne soirée à tous.

Amicalement

dominique

PS : je viens de faire lire mon message à Amélie, elle se marre...je lui ai demandée ce qu'elle en pensait, elle me répond "c'est pas mal".

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luco (91 messages) Envoyer message email à: luco Envoyer message privé à: luco Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
13-01-05, 20:01  (GMT)
6. "Bonjour Chile"
Bonjour Chile,

J'ai mis beaucoup de mal à me stabiliser. Suivi en psychiatrie depuis 15 ans, cela fait 2 ou 3 ans que je suis "retombé dans mes gonds", c'est pour cela aussi que je tiens dans le travail également, actuellement.

Ayant vécu longtemps chez mes parents, j'étais complètement dans ma bulle, je ne participais aux tâches ménagères que quand on me forçait. Je crois que les parents doivent exercer leur autorité malgré la maladie. Vraiment malgré l'énorme souffrance que je ressentais à faire des activités manuelles à la maison avec ma mère, je lui dis merci maintenant.

Oui la plupart de ceux qui participent à ce forum ont un recul déjà sur la maladie, certain(e)s ont même pas mal de connaissances sur la schizophrénie. Au risque d'être "bateau", mais chaque schizophrénie est différente, évolue différement.

je te souhaite beaucoup de courage et comme Felipe le souligne, aussi beaucoup de patience.

amicalement

luc (40 ans)

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