bonjour VertevalléeNe vous inquiétez pas pour moi, je ne me torture pas l'esprit, la médecine et moi cela fait deux. Je laisse aux médecins le médical, je n'ai pas leurs connaissances, ne cherche pas à les avoir.
Simplement, je cherche à mieux comprendre ce qui concerne Léo car lui même en est incapable.
Rien que de lui faire comprendre qu'un psy n'est pas uniquement celui qui donne une ordonnance pour des symptômes visibles, mais quelqu'un qui ne pourra vous aider, vous connaitre et justement vous donner la bonne ordonnance que si vous lui PARLEZ, si vous cherchez une relation de confiance pour SE soigner.
Se soigner, grâce à soi avec l'aide d'un psy, Léo n'y croyait pas.
Voir son psy ce n'est pas pour qu'il VOUS soigne comme en dehors de vous, mais bien pour SE soigner, c'est le malade qui guérit pas le psy, avec l'aide du psy il Se "guérit".
Léo a pratiquement toujours été suivi par des médécins psy hospitaliers, sauf la première fois.
Je raconte très brièvement
Cela faisait plusieurs années que je le voyais s'enfoncer vers quelque chose que je ne comprenais pas, je ne savais pas que cette maladie existait. Léo était livré à lui-même dans ce monde, toute sa famille le voyait normal mais inapte à prendre ses responsabilités dans la vie. Pourtant du pourquoi, ils auraient pu voir et s'apercevoir aussi qu'il n'y avait rien de normal là-dedans, je passe....
Venant d'un milieu extérieur, petit à petit, au fur et à mesure des difficultés rencontrées pour le soutenir (impossible de le laisser seul, de toute fàçon il venait frapper à ma porte et fermer ma porte, je ne peux pas) Mais supporter sa souffrance seule non plus, donc j'ai cherché les moyens de le faire aider, de NOUS faire aider. La solution : la médecine.
Ainsi en pleine crise, j'ai réussi main dans la main à l'amener enfin vers un médecin psy au CMP, il faisait froid ce jour-là, le matin à bout, je lui avais donné une claque c'était le médecin où la porte, j'étais déchirée, en larmes d'en arriver là (je n'aime pas la violence, elle me fait peur). Léo m'a comprise ce jour-là, et tremblant il a accepté de venir. Pour lui je l'amenais chez les "fous", j'ai fait de mon mieux pour lui retirer cette idée de prison, camisole et j'en passe, et c'est ainsi que nous sommes allés au CMP.
Là, décision immédiate d'hospitalisation, nous nous y sommes rendus par nos propres moyens, bus de banlieue, joie des transports dans cet état....
Bref nous y sommes enfin arrivés dans cet hosto, là changement de décor, découverte totale du monde psy à l'hosto, quand on est pas prévenu, on a la barre à l'estomac, surtout qu'en plus les lieux étaient vétustes.
Nouveau médecin, le lendemain lorsque je suis revenue avec des fruits, interdiction de visite, isolement, sans explication, on m'a fermé la porte au nez (la mort dans l'âme, je suis retournée chez moi, en bus 1h 1/2, j'imaginais Léo, comme il devait se sentir trahi, comment allait-il pouvoir faire confiance ?)
Le lendemain soir tard vers 23 heures, Léo revient à la maison, "nous sommes allés à la Tour Eiffel, je me suis échappé".
Je téléphone à l'hosto, juste pour prévenir qu'il est là alors que je pensais qu'il était enfermé chez eux, en sécurité, puisqu'il ne fallait s'inquiéter de rien, ne plus le voir, il prenait tout en charge, il savait tout faire. Même pas la peine de chercher un dialogue, j'avais affaire à des murs, j'ai m^me eu droit à "mais vous lui faîtes du mal à ce garçon !" C'était moi qui l'amenais vers eux pour lui faire du bien justement, j'étais vidée par cette démarche, glups cette réflexion ne passait pas
Cela m'a révoltée et fait pleurer, j'étais écoeurée, je ne me suis pas privée de le dire, au moins avec moi, là où j'avais essayé jusqu'à présent de le faire aider sans connaissance médicale, il n'avait jamais été traité de cette façon "inhumaine", il était toujours resté une personne à part entière considérée avec amour et à qui on faisait confiance, c'était bien pour cela qu'il avait pu tenir aussi longtemps sans traitement, il cachait bien sa maladie aussi, jusqu'à ce que les symptômes le dépassent. Vraiment ce médecin je ne l'ai pas remercié, tout en restant correcte. Elle ne m'a donné aucune réponse.
Donc, l'hosto, le Cmp, on a laissé tomber, j'ai contacté dès le lendemain un psy privé, il fallait absolument poursuivre le traitement.
C'est également ainsi que des amies, mon fait connaître l'Unafam, pour tout le social, je n'aurai jamais pu me débrouiller seule. Demande Cotorep, établissement de post-cure etc....
Au CMP, pour l'insertion, la réponse du grand chef fut "je vais être à la retraite et vous je m'en fous" (véridique) lutter pourquoi s'user ainsi, le plus utile comme énergie à dépenser c'était Léo.
Les médecins du secteur hospitalier, il est revenu vers eux, par la suite trop long à raconter.
Il en a vu des bons, moins bons, des comme presque pas du tout et de très bons. Je ne les ai pas tous rencontrés.
Le secteur hospitalier, dans son cas financièrement, socialement, pour tout nous sommes obligés d'être ensemble, sans eux on n'en serait pas là aujourd'hui, nous leur devons beaucoup et leur devrons encore beaucoup. Je dis nous, car nous sommes vraiment solidaires Léo et moi.
Pour les traitements médicamenteux, je suis très heureuse, le psy actuel de Léo est ouvert à tout ce qui pourrait venir aide en complément de son propre traitement, pour ce qui concerne les antidépresseurs et anxiolitiques (on dit antianxiolitiques où anxiolitiques ? c'est pour dire mes connaissances médicales).
Nous avons convenu lors du dernier rdv de Léo, où je suis allée car il avait cafouillé dans les prises, (maintenant je vais suivre attentivement l'achat et la préparation du semainier, je ne partirai plus de chez lui tant que je ne serai pas sûre de visu, c'est trop risqué, Léo est d'accord), que Léo ira voir mon médecin généraliste homéopathe entre autres, car seul un médecin peut aider Léo, pas moi. Les deux médecins se mettront en rapport si nécessaire, Léo ne prendra rien, ni ne réduira son traitement initial sans l'avis du psy hospitalier. Ensemble, mais en essayant que Léo soit toujours au premier plan, qu'il participe à son mieux être.
Les effets secondaires, j'en suis sûre, avec cette coordination seront plus supportables
Si son traitement devait changer, ce sont les médecins qui le décideront.
N'empêche que des infos générales sur tout çà, c'est bien, connaître aussi comment les personnes concernées le vivent aussi, celà permet d'essayer d'avoir une opinion. Mais je cherche toujours pour ma propre opinion, l'objectivité, le réalisme et surtout ne pas inquiéter Léo, avec mon opinion. Les inquiétudes, il a son compte.
A plus
Très cordialement
Fleur 