Modifié le 03-02-05 à 18:01 (GMT)Bonjour,
Le présentateur de cette émission pose généralement les questions des télespectateurs ( qui envoient des sms ). Il se met volontairement à la place du ceux-ci, et ce qui importe, c'est la qualité des réponses des intervenants, qui bien souvent réagissent de manière proportionnée à la question posée. Ces derniers n'ont cessé de dire que les schizophrènes n'étaient pas plus violent que n'importe qui, ils ont du le dire 6 ou 7 fois ( au minimum !!! ), et c'est ce que souhaitait Yves Calvi ( le présentateur ) en insistant sur certains points. Pour convaincre, il faut bien souvent insister. Le télespectateur qui entend une première fois que les chizophrènes ne sont pas dangereux alors qu'il est convaincu du contraire ne va pas croire cela, il va avoir des doutes, même si cela a été dit par un médecin. Alors il faut insister.Dans cette émission, le présentateur pose les questions du télespectateur, il joue le rôle de télespectateur, et je trouve que celui-ci a obtenu les réponses aux questions qu'il pouvait se poser.
Cette émission passe tous les soirs, elle concerne des sujets d'actualité, et en l'occurence, l'actualité de ces derniers jours, c'était la dangerosité d'un malade mental, et non pas d'un bien portant. Contrairement à d'autres émission, le sujet n'était pas la schizophrénie, même s'il a beaucoup été question de cela. L'objectif n'était pas de parler de schizophrénie, mais de comprendre comment on pouvait éviter que ce qui s'est passé à Pau se reproduise. C'est une des préocupation de l'ensemble des Français, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas aborder ce sujet. Et d'ailleurs, les intervenants ont rappelé maintes fois qu'un schizophrène n'était pas plus dangereux que quiconque. L'essentiel a selon moi été dit.
Maintenant, j'ai moi aussi entendu Yves Calvi nous parler de double personnalité, je croyais que cela allait être rectifié par le reportage qui a suivi ou par les invités, mais non. Je le regrette. Le titre de l'émission est bien souvent racoleur aussi, mais le contenu du débat n'a rien à voir avec d'autres émissions. Le mot " délire " n'a pas été employé une seule fois, le but n'était pas de dévaloriser les schizophrènes, mais de savoir comment éviter que ce qui s'est passé à Pau se reproduise.
Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette émission très enrichissante. Il faut partir du principe que les gens ne connaissent rien à la schizophrénie, et le sujet étant le double meurtre de Pau, on nous a bien fait comprendre que la psychiatrie manquait de moyens et que les schizophrènes n'étaient pas pris en charge comme il le fallait. On nous a dit aussi que les familles étaient démunies, ce qui est vrai. Il a également été question des schizophrènes qui ne prenaient pas leur traitement et de ceux qui étaient à la rue. ça, je n'en ai pas entendu parler dans ça se discute où les invités étaient des privilégiés. La réalité est toute autre : de nombreux schizophrènes ne sont pas pris en charge, il faut le dire pour que les choses évoluent.
Au sujet de la volonté de contraindre un schizophrène dangereux à prendre son traitement, c'est une question que se posent les gens normaux qui ne voudraient pas être agressés par l'un d'eux. Il est normal de se poser cette question. La réponse a été qu'on ne peut pas forcer quelqu'un à prendre son traitement. C'est comme la question de savoir si quelqu'un qui prend des neuroleptiques peut conduire, elle est essentielle, mais jamais débattue. Cette question nous dérange, mais pourtant, doit on laisser quelqu'un qui prend 1200 mg de Solian par jour conduire ? Yves Calvi a raison de se mettre à la place du Français moyen, ils ont eu des réponses pertinentes à leurs questions, ce qui n'aurait pas été possible dans un reportage concocté à l'avance. là, il y a eu débat, les réponses étaient les bonnes, c'est le plus important.
Trois facteurs pour qu'un schizophrènes soit dangereux : la désocialisation, l'absence de traitement, et des troubles de la personnalité je crois. D'ailleurs, à ce propos, on a appris qu'un schizophrène stabilisé présentait des troubles de la personnalité, je ne sais pas si on aurait pu apprendre cela dans une autre émission. De plus, on nous a dit que c'était souvent à la sortie de l'hôpital, quand il va mieux, que le patient pouvait faire une tentative de suicide. ça aussi, je doute qu'on nous l'aurait dit dans une autre émission. Non, franchement, le Français moyen a du apprendre beaucoup de choses. Les médecins qui étaient sur le plateau allaient à l'essentiel. Les questions étaient les bonnes, car pour dédramatiser la schizophrénie, il faut justement poser les questions qui dérangent. Pour que quelqu'un puisse dire que tous les schizophrènes ne sont pas dangereux, il faut forcément lui poser la question, il faut forcément abordé ce sujet, même s'il nous dérange. le fait est que les gens nous croient dangereux, alors pour leur prouver le contraire, il faut bien poser la question à des spécialistes. Ces questions nous dérangent, mais ont le méritent d'éclaircir certains sujets.
Il ne faudrait pas imaginer que toutes ces émissions sont faites POUR nous, pour notre bien. La télé n'a pas pour vocation d'améliorer notre image ! A part peut-être certaines émissions faussement éducative, qui se veulent toutes puissantes. Dans C dans l'air, on informe ( le procédé est le meilleur possible : le débat, et les invités sont de qualité, c'est l'essentiel les invités ), dans ça se discute, on cherche à émouvoir, au détriment de l'information. La différence est énorme. J'ai appris beaucoup plus de choses sur la schizophrénie en 1 heure d'émission que durant les 2 heures de ça se discute. Il faut choisir entre les témoignages toujours subjectifs des malades et l'opinion beaucoup plus objective des médecins. l'idéal seraient que l'on retrouve à la fois des témoignages et des spécialistes sur le même plateau. Mais je rappelle que le thème de cette dernière émission de C dans l'air n'était pas la schizophrénie.
Il était question de la dangerosité des schizophrènes. Nous avons eu des réponses très enrichissantes, et les intervenants ne nous ont pas manqué de respect.
Cordialement.
Felipe.
N.B : je corrige : le dernier facteur qui peut entrainer un comportement violent chez le schizophrène n'est pas la présence de troubles de la personnalité mais la toxicomanie.