>Pour ce qui est des neuroleptiques, il est vrai qu'ils ne
>procurent pas, contrairement au tabac et à l'alcool, de sensation
>de plaisir.
>
>Donc, si la définition médicale de la dépendance est d'être "accro"
>à un plaisir, il n'y a effectivement pas de grand
>risque de dépendance aux neuroleptiques.Non Schizan, ce n'est pas la définition de la dépendance, c'est plus large. De nombreux fumeurs ou buveurs n'ont plus de plaisir avec leur drogue, ils ressentent néanmoins un besoin irrepressible de prendre leur produit. Ils nous demandent notre aide pour s'en sevrer parce qu'ils n'y arrivent pas seuls. Nous ne sommes jamais confronté à une demande d'aide pour arrêter un neuroleptique, contrairement à ce qui arrive avec les tranquillisants ou les somnifères. Tout au plus une angoisse à l'idée de se retrouver sans soutien chimique.
>Il n'en reste pas moins que les neuroleptiques inhibent partiellement la
>transmission des molécules de dopamine (et souvent aussi de la
>sérotonine) dans le système nerveux et dans le cerveau. Il
>peut alors survenir que le système nerveux développe des récepteurs
>de dopamine et de sérotonine supplémentaires sur les neurones. Si
>l'on cesse brusquement de prendre le neuroleptique, ces récepteurs supplémentaires
>subsistent (pendant une période plus ou moins longue). Il faut
>alors une période d'adaptation durant laquelle la personne sera très
>sensible, parce qu'elle ressentira les émotions plus intensément qu'auparavent.
En effet, et c'est vrai (quoique pas automatique) avec beaucoup de médicaments, comme les beta-bloquants (pour le coeur). Mais on ne parle pas alors de dépendance, mais de période de sevrage
>Pour cette raison, il y a consensus sur le fait que
>si l'on arrête de prendre un neuroleptique, il vaut mieux
>le faire progressivement.
Oui, comme les antidépresseurs par exemple.
>A-t-on jamais vu quelqu'un avoir subitement envie de se suicider parce
>qu'il avait, d'un coup, cessé de fumer?
Oui, c'est même un gros problème pour certains fumeurs et cela justifie la prescription d'antidépresseurs, parfois à forte dose, dans de nombreux cas.
>Si l'on arrête d'un coup les neuroleptiques, cela peut se produire.
Aussi en effet.
>En conclusion: les neuroleptiques ne sont pas des jouets. On ne
>doit pas agir à la légère avec ces médicaments très
>puissants.
Nous sommes d'accord. Arrêtons là ce débat si vous voulez bien.
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Dr Dominique Dupagne Administrateur du Forum |